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Version complète: Concevoir Puis Fabriquer Son Savon-crème
Les Plaisirs de Kimitsu.org > Plaisir de prendre soin de soi > La savonnerie
diane
Bonjour,

Préliminaires

Mes constatations
Je n'ai eu aucun mal à débuter dans la savonnerie en barre (avec de la soude = hydroxyde de sodium - NaOH) car il y a pléthore de documentation, témoignages, conseils, le tout en français.
Par contre, quand j'ai voulu aborder la fabrication du savon liquide, ce fut nettement plus difficile : il y a peu de témoignages en français (ou plutôt beaucoup de témoignages de ratages biggrin.gif ), mes sources ont été essentiellement américaines : le livre "Making natural liquid soaps" de Catherine Failor et les forums Liquid Soap et Cold Process Liquid Soap.
Pour le savon-crème, ce fut pire, c'était quasiment le vide sidéral. Je n'ai trouvé comme informations sur internet que des recettes toutes prêtes, sans véritable analyse ni explication qui m’aurait permis de les modifier. Jusqu’à ce que je tombe sur le forum Cream Soap. La lecture des 7.700 messages qui le composent, des dossiers et des liens qui y sont donnés, m’ont finalement apporté les bases de connaissances nécessaires à la conception de mon premier savon-crème, dont ci-dessous un aperçu du résultat final :





Le but de ce post
Il fait suite à une demande de conseils de Bonogirl qui a été faite sur le forum québécois de Mary et Nadyne, Soins Naturels et Artisanat .
Comme j'ai collecté beaucoup de documentation pour mes besoins personnels, j’ai donc rédigé un long dossier sur le forum de Mary afin de la mettre à la disposition de tous. Pour que chacun puisse comprendre et ne pas hésiter à se lancer dans la confection du savon-crème.
La rédaction de cette synthèse vient d'être terminée.

Comme les lectrices des deux forums ne sont pas toutes les mêmes (seul un petit nombre fréquente les 2 à la fois), en accord avec Flo, j’ai décidé de dupliquer ce dossier sur le forum des Plaisirs de Kimitsu.


Quelques remarques
1) ce dossier ne va pas vous donner des recettes toutes prêtes à être reproduites. Il vise à donner une base de connaissances pour vous permettre de concevoir votre propre recette de savon-crème et de savoir modifier une recette trouvée au hasard de vos lectures sur le net. ll sera donc long et détaillé et vous demandera une certaine patience dans sa lecture.

2) la confection du savon-crème (comme du savon liquide) est délicate, il est vivement préconisé, avant de l'aborder, d'avoir déjà acquis quelques expériences dans la fabrication du savon solide (en barre).
3) c'est un savon qui exige de la patience, il n'est pas conseillé aux savonnières qui cherchent à tout prix réduire les temps de cure.

4) le dossier est une compilation des expériences faites par des savonniers américains qui ont à leur disposition de nombreux produits introuvables en France. Même s'ils apportent un plus au produit final, ils ne sont pas tous indispensables à la fabrication du savon-crème.

5) je ne suis pas chimiste et le matériel documentaire à ma disposition est en anglais, des erreurs peuvent se glisser. Cela peut-être :
- des erreurs d’interprétation de ma part
- des erreurs de la part des différents auteurs, mais que je n'ai pas détectées en raison de mes connaissances défaillantes en la matière.
Merci de me les signaler pour fin de correction.

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Cliquez sur le titre (en couleur) et vous arriverez directement au paragraphe en question


Plan


Bibliographie et liens

Ce qui est indispensable parmi les ingrédients pour la fabrication du savon-crème

Quelles huiles faut-il choisir pour la réussite du savon-crème ?

Les outils indispensables, selon la méthode utilisée


Comparaison entre les 2 méthodes de fabrication
- au niveau de la méthodologie
- au niveau du produit final


La méthode à chaud


Techniques et astuces pour obtenir un savon-crème non asséchant et doux à l'usage
A) Jouer sur le surgraissage
'B) Jouer sur les propriétés des huiles
C) Jouer sur les additifs
D) Jouer sur les solutions de dilution

Utilisation d’un calculateur
- Quel calculateur utiliser ?
- Le calculateur de Snowdrift Farm

Modèle de conception d'une recette de savon-crème

La fabrication du savon-crème :
I) La préparation de la pâte de savon
A) Mélange hydroxydes-huiles et brassage jusqu'à obtention de la trace épaisse
'B) La cuisson de la pâte

II) La dilution de la pâte de savon

Le pH des savons
I) Comment mesure-t-on le pH ?
II) Le pH des savons est forcément basique
III) Peut-on atteindre le pH neutre de 7 pour le savon ?
IV) Quels sont les moyens pour faire baisser le pH du savon ?
V) Le pH des différents savons faits-maison

Quels conservateurs pour le savon liquide et le savon-crème ?

Un hommage aux différentes personnalités dont les observations, recherches et les expérimentations ont été la source de ma présente "petite" synthèse

L'évolution de texture de mon savon-crème avec le temps

Liens vers d'autres recettes et expériences de savon-crème

Liens vers Savefile.com pour télécharger le calculateur de Sherry Baker
diane
Je vais au fur et à mesure de ce post, faire une synthèse des informations glanées ici et là sur Internet, qui m'ont permis de réussir du premier coup un savon avec une très belle texture de crème fouettée et qui est doux à l'usage, car le plus gros problème des savons à base de KOH (savons liquides et savons-crème) est qu'ils sont assez asséchants.


Bibliographie et liens


1) La bible : le petit livre de 40 pages de Catherine Failor Making Cream Soap (méthode à chaud)



2) Tutorials sur la méthode à chaud inspirée de Catherine Failor :
Skinesscentuals
Paw Made Soap

3) Tutorials et recettes inspirés de la méthode à froid de Snowdrift Farm :
Snowdrift Farm
Recette de savon en crème au chocolat de Nadyne
Savon crème à la rose de Thomaelle

4) et surtout surtout à ne pas manquer, les forums Yahoo :
Cream Soapmaking, dont la fondatrice et l'administratrice est Bekka
Liquid Soap
où vous trouverez (en anglais), de nombreux témoignages, conseils, recettes généreusement prodigués par des savonniers dont la plupart sont des vendeurs professionnels.
diane
Ce qui est indispensable parmi les ingrédients pour la fabrication du savon-crème


I) Deux réactifs alcalins : NaOH et KOH
Le savon-crème est un hybride entre le savon solide fait avec de la soude (hydroxyde de sodium NaOH) et le savon liquide fait avec de la potasse (hydroxyde de potassium KOH)*.
Donc...on aura absolument besoin de ces 2 bases.

Comme la texture du savon-crème est quand même plus liquide que solide, on utilisera plus de KOH que NaOH.
Le ratio entre KOH : NaOH varie selon les recettes entre :
4 : 1 (KOH 80%, NaOH 20%)
5 : 1 (KOH 83,4%, NaOH 16,6%)
6 : 1 (KOH 85,8%, NaOH 14,2%)
Ces ratios jouent beaucoup dans la texture finale du savon et dépendent des ingrédients utilisés (huiles dures ou fluides, quantité de liquide, type de liquide utilisée...). A chacune de nous d'en faire l'expérience.

Plusieurs calculateurs sur le net :
- incluent cette combinaison des deux lessives, nécessaire dans la fabrication du savon-crème
- permettent de varier le ratio KOH : NaOH
et donc d'éviter le calcul manuel fastidieux de la quantité à utiliser de ces 2 réactifs, selon les SAP des différentes huiles utilisées.

1) Calculateur de Snowdrift Farm

2) Calculateur de Sherry Baker, conçu sur Excel



que vous pouvez télécharger dans la section Files du forum précité Yahoo Cream Soapmaking de Bekka.
C'est ce dernier que j'utilise car il permet de rajouter d'autres calculs : rajouter des huiles avec leur SAP, la quantité d'acide stéarique ou d'acide borique pour le supercreaming, d'additifs divers.. Mais il faut connaître la manipulation de Excel.
En plus, il évite de devoir accéder à Internet pour effectuer les calculs.

Comme beaucoup d'entre vous rencontrent des problèmes d'inscription et d'accès au forum Yahoo Cream Soap, j'ai mis en téléchargement ce calculateur sur le site d'hébergement Savefile.com, dont les liens sont donnés ici


3) Joseph Henry offre sur son site Skin Esscentuals 2 calculateurs :
Calculateur sous tableur à télécharger
Calculateur en ligne



II) L'acide stéarique
C'est la réaction chimique entre l'acide stéarique et l'alkali (soude et potasse pour le savon-crème) qui donne la texture d'une crème fouettée du savon-crème.
Un exemple : la fameuse crème nuage coco de Janice Cox est obtenue par réaction entre l'acide stéarique et le bicarbonate de soude (réactif basique).
Ceci explique également pourquoi la recette à froid de Snowdrift Farm ne permet d'obtenir qu'une texture type beurre et non une crème chantilly comme celle de Catherine Failor : la quantité d'acide stéarique y est nettement moins importante que celle préconisée par Failor.






* Le KOH (Hydroxyde de Potassium) est difficile à trouver en France. Son transport est réglementé , l'envoi par la Poste est interdit.
Il paraît que certaines pharmacies accepteraient de vous fournir, mais en grande quantité et à prix d'or. Personnellement, je n'en ai pas trouvé.

Je m'en suis procurée à l'étranger, chez Soap Kitchen, à un prix défiant toute concurrence :
Potassium Hydroxyde (caustic potash flakes), Ref: 637 (tarif pour 500 g : 2£59)
Il sera livré par transporteur. Il vaut mieux donc acheter pour au moins 2 kg de marchandises afin d'amortir les frais de port.

J'ai également trouvé une autre adresse en France, que je n'ai pas testée :
Dousselin Geoffray & Jacquet réunis
Tel : 04 72 42 96 00
2 rue Gabriel Péri
BP 23
69270 Couzon au Mt d’Or
http://www.dousselin.fr/
contact@dousselin.fr

Réponse de leur part au mon mail du 23/10/07
Pour faire suite à votre demande, veuillez trouver ci-dessous notre meilleure offre concernant la fourniture éventuelle de :
Potasse Caustique écailles :
- en boite de 700 g au prix de 8.70 euros H.T la boite.
- en sac de 25 Kg au prix de 60.30 euros le sac.
Frais de port par DHL (attention : ce n'est pas la poste. Il faut une adresse de livraison avec toujours une personne pour réceptionner la marchandise) :
Pour 1 à 5 boites : 17.10 euros H.T.
Pour 1 sac de 25 Kg : 24.30 euros H.T.
Délai : marchandise disponible.
diane
Quelles huiles faut-il choisir pour la réussite du savon-crème ?


Suite à mes explications ci-dessus sur le rôle de l'acide stéarique, on peut aisément comprendre que les huiles à privilégier sont les huiles à fort pourcentage d'acide stéarique.

Les taux d'acide stéarique des huiles sont donnés par plusieurs sites dont :
Table des caractéristiques de huiles et graisses de Derma Nova
Oils properties de Skin Esscentuals

On peut ainsi voir que ce sont les beurres et huiles dures suivantes qui comportent le plus d'acide stéarique * :
Acide stéarique lui-même (extrait des graisses animales et végétales)
Beurre de cacao
Beurre de karité
Beurre de kokum
Beurre de mangue
Beurre d'illipe
Suif, lard

C'est normal que ce sont les graisses ou huiles "dures" qui en contiennent le plus car l'acide stéarique permet à ces acides gras de rester solides à la température ambiante.



Il est souvent préconisé d'atteindre 45% à 55% d'acide stéarique sur le total des huiles utilisées (dans la méthode à chaud).
On pourrait faire un calcul précis de ce pourcentage (le tableau Excel sera alors d'un grand secours) :

Total (quantité huile X pourcentage d'acide stéarique)
Quantité totale d'huiles


Mais ce serait bien fastidieux.
J'ai vu que les savonnières émérites :
- choisissent un mélange entre huiles à fort taux d'acide stéarique et huiles à faible taux, choisies pour leurs propriétés intrinsèques
- puis y rajoutent un fort taux d'acide stéarique pur

Si vous voulez baisser la quantité d'acide stéarique pur, il faut penser à augmenter les huiles à fort taux d'acide stéarique.



* il est à noter que la graisse humaine en contient une grande proportion laugh.gif
diane
CITATION
On va t'ériger une statue .... en savon!

icon_redface.gif biggrin.gif


Les outils indispensables, selon la méthode utilisée


La saponification
Qu'est-ce que la saponification ?
En simplifiant avec des termes compréhensibles : la saponification est la réaction chimique entre des acides gras (les huiles) et une base (alkali) très forte (= la soude ou la potasse) qui donne comme résultat, le savon et la glycérine *
La trace signifie que la saponification est amorcée.


Pour accélérer la saponification, on utilise 2 procédés :
1) maintenir une température élevée, ce qui explique que :
- pour accélérer l'arrivée de la trace, on conseille d'élever la température des huiles
- la méthode à chaud permet d'obtenir rapidement un savon fini ; dans la méthode à froid, il faut un temps de cure plus long.

2) agiter le mélange huile-soude (ou potasse) pour permettre un contact plus étroit entre les molécules d'huile et les molécules de soude (ou potasse) et ainsi favoriser la transformation chimique.
C'est pourquoi il faut touiller, touiller ...
D'où l'utilité d'un mixer électrique : il permet un brassage plus efficace et accélère l'arrivée de la trace ou rend la trace plus épaisse rapidement.
Et quand l'ajout de certains additifs (fragrances...) accélère la trace, il faut arrêter l'utilisation du mixer électrique et passer à un brassage manuel.


La saponification est un processus irréversible
Une fois amorcée, la saponification ne s'arrête que quand il n'y a plus l'un des 2 produits :
- l'huile : exemple d'un savon trop fortement dosé en hydroxyde
- l'hydroxyde : cas d'un savon surgraissé



Une constatation faite par Bekka, l'administratrice du forum Cream Soapmaking
L'acide stéarique et le KOH ont la fâcheuse tendance à ne pas bien se mélanger et même à se séparer !
A noter que ce phénomène s'observe en général avec le KOH dans la fabrication du savon liquide, même pendant la période de cure !
D'où les nombreuses et désagréables expériences de séparation du savon-crème et savon liquide...

D'où le rôle de la soude (NaOH) : l'ajout d'un savon au sodium (savon solide), moins soluble à l'eau, permet de stabiliser ce mélange KOH-acides gras.



Des constatations précédentes, on comprendra l'utilisation de 2 outils indispensables (selon les méthodes de fabrication) :

1) le mixer électrique pour les 2 méthodes à froid et à chaud : le brassage doit donc être constant, à chaque étape de la fabrication. Vous pouvez certes le faire manuellement, mais il faut vraiment avoir de bons biscotaux !
Donc, vous pouvez deviner que le brassage va être un processus long qui risque de mettre votre mixer à rude épreuve.
Mais on peut régulièrement arrêter le mixer et reprendre le brassage plus tard. Afin d'éviter sa surchauffe et le préserver ! comme j'ai expliqué ci-dessus, la saponification est un mécanisme irréversible. Donc, la saponification continue quand même pendant l'arrêt du brassage, lentement mais sûrement.

2) des appareils de cuisson pour la méthode à chaud :
Au choix : un crockpot ou deux marmites pour le bain-marie, l'une dans l'autre.
(Pour moi : un contenant en pyrex supportant la chaleur et dont les parois transparent permettent de suivre les différentes étapes de transformation de la pâte à savon).
Plusieurs méthodes de cuisson possibles : au bain-marie, au four (et pour moi : au micro-onde)



* pour des explications plus techniques, voir Wikipedia
diane
Merci Eau de Rose et Ticha.


Comparaison entre les 2 méthodes de fabrication, au niveau de la méthodologie

Il y a 2 méthodes de fabrication : à chaud et à froid que je ne développe pas. Elles sont décrites dans les liens suivants (déjà cités au début du post) :

Tutorials sur la méthode à chaud inspirée de Catherine Failor :
Skinesscentuals
Paw Made Soap

Tutorials et recettes inspirés de la méthode à froid de Snowdrift Farm :
Snowdrift Farm
Recette de savon en crème au chocolat de Nadyne
Savon crème à la rose de Thomaelle

Je me contente de relever ci-dessous les différences entre les 2 méthodes.



I) Méthode à chaud inspirée de Catherine Failor
Dosage des ingrédients
- utilisation d'un fort taux d'acide stéarique, jusqu'à 60% du poids total des huiles (supercreaming compris)
- pas de surgraissage à la base (avec les hydroxydes)
- par contre, surgraissage après que la saponification soit finie par cuisson, appelé "supercreaming" par 2 méthodes : avec l'acide stéarique + glycérine ou avec l'acide borique

Méthode de fabrication
- brassage au bain-marie, du mélange huiles-hydroxides jusqu'à la trace épaisse
- cuisson au bain-marie (ou au four) jusqu'à l'obtention de la consistance de vaseline translucide : la saponification est complètement finie.
- supercreaming (= surgraissage)
- ajout d'additifs (couleurs, fragrance...)
- cure de quelques jours à une semaine (nommée "rotting") pour que le produit devienne plus doux à l'usage, le pH baisse avec le temps.



II) Méthode à froid de Snowdrift Farm
Dosage des ingrédients
- le dosage de l'acide stéarique est beaucoup moins important. J'ai calculé que la recette Cream Soap n° 17 ne totalise que 14% d'acide stéarique par rapport au poids total des huiles (contre 50% en général dans la méthode à chaud)
- utilisation d'un taux de surgraissage à la base (avec la soude). Pour le cream soap n° 17 : 6%
- pas de supercreaming à la trace

Méthode de fabrication
- brassage à froid du mélange huiles-hydroxydes jusqu'à la trace épaisse
- ajout d'additifs (couleurs, fragrances...)
- temps de cure 7 à 10 jours, pendant lequel la saponification continue



Pourquoi dans la méthode de Snowdrift Farm, la quantité d'acide stéarique est-elle plus faible ?
Tout simplement parce que la méthode à froid ne bénéficie pas d'une température élevée qui permet l'accélération de la saponification. Or le KOH et les huiles (et KOH avec l'acide stéarique plus particulièrement) ont tendance à se séparer, une trop grande quantité d'acide stéarique risque de déstabiliser le processus de saponification dans la méthode à froid.

Donc : avec une quantité d'acide stéarique plus faible, il est quasi impossible d'obtenir une texture de crème chantilly avec la méthode à froid de Snowdrift Farm.
diane
Comparaison entre les 2 méthodes de fabrication, au niveau du produit final

Je cite ici les témoignages relevés sur le forum Yahoo Cream Soapmaking et donnés par ceux qui ont essayé les 2 méthodes. En particulier abondamment par Bekka, la généreuse administratrice du forum.


Différence au niveau de la consistance
Méthode à chaud : on peut obtenir une texture de crème chantilly.
Méthode à froid : texture de crème plus compacte, moins mousseuse, plus proche du beurre. Bekka utilise le terme "salvy" (= texture de baume) pour la désigner.
Nous en avons vu l'explication : quantité d'acide stéarique utilisée moins importante dans la méthode à froid.


Différence au niveau de la douceur à l'usage
Tout le monde s'accorde à reconnaître que le savon-crème de Snowdrift Farm est plus doux, que celui de Catherine Failor est plus asséchant.
Il est à noter que :
- dans les recettes de Failor, le taux de surgraissage à la base est de 0%, compensé en partie par un supercreaming
- Snowdrift Farm pratique le surgraissage à la base, avec les hydroxydes (6% pour le cream soap n° 17)


Différence au niveau de la mousse produite
La méthode à froid produit une mousse plus abondante que la méthode à chaud.

Méthode à chaud :
Bekka a remarqué qu'avant la cuisson, la méthode à chaud produit une bonne mousse qui semble être détruite après la cuisson. Elle pense que le processus de supercreaming en est le responsable.
Bekka et les autres participants du forum disent qu'en augmentant la quantité d'huile de coco, de palme (et de ricin ?), on parvient à obtenir une belle mousse.
Mais en même temps, Bekka relève le problème suivant : plus on augmente ces huiles dures pour obtenir la mousse, plus le savon devient asséchant. Déjà que le savon-crème de Catherine Failor est naturellement moins doux...

Bekka avance les hypothèses suivants pour expliquer le phénomène :
- quand on effectue un supercreaming par ajout d'acide stéarique et glycérine (méthode à chaud) : différence de qualité de la glycérine contenue dans les deux savons,
Dans la méthode à froid, il n'y a pas d'ajout de glycérine après que la saponification soit amorcée. La glycérine naturellement produite par le processus de saponification à froid mousserait mieux.
Dans la méthode à chaud, on effectue un supercreaming pour contrebalancer le surgraissage à 0%. On ajoute alors de la glycérine du commerce, qui mousserait moins.
- il y aurait une interaction négative entre la quantité d'acide stéarique pur et la mousse. Or, dans la méthode de Failor, la quantité d'acide stéarique pur, non saponifié est plus grande.

J'avoue que je n'ai aucune opinion concernant ces hypothèses.


Risque de séparation plus grande par la méthode à froid
D'après les témoignages relevés sur le forum Cream Soapmaking, le risque de séparation est plus grand et plus fréquent avec la méthode à froid.
Il est à noter que j'ai lu le même phénomène pour le savon liquide, sur les forums Liquid soap (pro-méthode à chaud) et CP (Cold Process) liquid soap !

J'explique ce phénomène de séparation par l'absence de température élevée dans cette méthode, qui ne permet pas une saponification rapide et stable. Or on sait que le KOH donne une émulsion très instable avec les huiles (d'où rajout du NaOH pour forcer la cohésion entre les molécules KOH et acides gras).
diane
Après toutes ces présentations préliminaires, je vais entrer plus dans le détail de la méthode que j'ai choisie et que j'ai expérimentée, à la fois avec le savon liquide et le savon-crème : la méthode à chaud

La méthode à chaud


Pourquoi la méthode à chaud, alors que pour le savon en barre, j'ai toujours préféré la méthode à froid (cold process) ?
- non parce que le temps de cure serait rendu plus court par la cuisson, comme pour le savon solide. Cela semble contradictoire mais le temps total du processus de fabrication recommandé pour le savon liquide et savons-crème s'avère être le même dans les 2 méthodes...Nous verrons que le temps de cure est absolument nécessaire pour un savon au pH plutôt élevé.
Eh oui, la patience est le maître-mot dans la fabrication des ces savons.

- eh bien, tout simplement, parce que je veux mettre toutes les chances de mon côté biggrin.gif
D'après les témoignages donnés, la méthode à chaud donne un savon plus stable dans le temps. Il y a moins de risque de séparation, très fréquent dès qu'on utilise le KOH.

- et parce que j'ai toujours obtenu plus de renseignements et de témoignages sur la méthode à chaud, aussi bien pour le savon liquide et que pour le savon-crème (à travers les forums Yahoo). Donc, si une méthode particulière a fait ses preuves, autant l'adopter. Je ne vais pas être plus royaliste que le roi wink.gif




Dans cette méhode, il y a une étape supplémentaire : le supercreaming

Le supercreaming équivaut à un surgraissage à la trace pour le savon solide. Pour le savon-crème, on l'opère quand la pâte de savon est bien cuite et a atteint le stade de vaseline translucide qui signifie que la saponification est complètement finie.

Catherine Failor l'a instituée car elle ne fait pas de surgraissage à la base (avec de la soude).
En fait, on le verra plus tard, que les savonnières vont faire les deux : surgraissage à la base et supercreaming, ce qui permet d'avoir un savoh-crème non asséchant. Méthode que j'ai suivie.


Il y a 2 méthodes de supercreaming :

1) ajout d'acide stéarique et de glycérine, immédiatement dès que le stade de vaseline est atteint, quand la pâte de savon est encore chaude (sinon, l'acide stéarique ne fond pas et donc ne se mélange pas).
La quantité d'Acide stéarique d'après Catherine Failor = (A) = 3 à 5% de la quantité totale d'huiles *
Glycérine : 1,5 de la quantité (A) d'acide stéarique calculé ci-dessus = A X 1,5 **
Bien mélanger et refaire chauffer la pâte de savon.

Plus il y a d'acide stéarique, plus le savon est ferme.


2) ajout d'acide borique (H3BO3 : à ne pas confondre avec le borax dont la formule brute est Na2B4O7•10H2O) diluée dans de l'eau distillée chaude. L'ajout se fait à froid après que la pâte de savon ait reposé pendant 24h (ou plus) après sa cuisson.
Bekka et Jackie du forum Cream Soapmaking préconisent une quantité moitié moins que la quantité conseillée par Failor : environ 2,7% du total des huiles.
Comme toujours dès qu'on ajoute de l'eau, cette solution doit être ajoutée avec brassage, petit à petit. Il faut arrêter dès que la consistance voulue est atteinte.

L'acide borique aurait pour action de soustraire un peu de l'acide stéarique de la pâte de savon et donc libérer des acides gras.
Il a en plus pour action de réduire le pH, donc de neutraliser un peu le pH très alcalin du savon.
Il permet également d'épaissir la texture du savon-crème.



Remarques :
- On peut utiliser les 2 méthodes de supercreaming simultanément. La 1ère méthode obligatoirement avant la 2ème car elle doit être opérée quand la pâte de savon est encore bien chaude.

- Avis des savonnières :
Bekka écrit qu'elle préfère la 1ère méthode (acide stéarique + glycérine,) à la 2ème qui laisse un film sur la peau.
Une autre participante du forum, Suzanne, préfère au contraire la 2ème méthode qui donne une texture plus fine, moins granuleuse...Personnellement, j'ai utilisé la 1ère méthode (avec acide stéarique) et mon savon-crème est très lisse.






Propriété asséchante de l'acide stéarique ?
* Joseph Henry de Skin Esscentuals préconise plutôt un taux 1,5% pour éviter qu'il n'y ait pas trop d'acide stéarique non saponifié, asséchant pour la peau
** Pour Sherry Baker, la glycérine à propriété humidifiante permet de contrebalancer l'effet asséchant de l'acide stéarique.

Je ne sais pas quoi penser de cette soi-disante "propriété asséchante de l'acide stéarique" car peu l'évoque et je n'ai lu aucune explication scientifique sur ce sujet.
Autant je suis d'accord que l'huile de noix de coco est asséchant car elle contient à 50% d'acide laurique à chaîne carbone courte C12:0, prouvée pour jouer un rôle asséchant pour la peau,
autant j'émets des réserves pour l'acide stéarique. En effet, l'acide stéarique est, lui, un acide gras à chaîne longue C18:0, le beurre de karité et le beurre de cacao qui en contiennent en très grande proportion sont réputés pour leur pouvoir hydratant...

Mais je ne suis pas chimiste...Il semblerait que la pratique des savonnières prouve ce fait :
- Bekka dit qu'après diverses expériementations, elle a tendance à diminuer un peu la quantité totale d'acide stéarique dans ses recettes (huiles de base + supercreaming) et son savon-crème est effectivement plus doux. Mais il ne faut pas trop diminuer non plus car le savon-crème deviendrait plus liquide et carrément visqueux ; à 0% d'acide stéarique, elle obtient de la super-glue !
Mais en même temps, ses savons ont tous un fort taux de surgraissage, et elle y ajoute un nombre incroyable d'additifs hydratants (je vous en parlerai), ce qui les rend également moins asséchants...
diane
Techniques et astuces pour obtenir un savon-crème non asséchant et doux à l'usage (1/4)

Avec tous les conseils qui fleurissent sur le net, tout débutant(e) arrive à obtenir immédiatement un savon en barre (fait avec le NaOH) satisfaisant, surgraissé et doux à l'usage.

Or il apparaît que les expériences en savon liquide ou en savon-crème fait avec le KOH sont plus hasardeuses :
- soit il y a eu séparation des huiles et du liquide
- soit le produit final s’avère asséchant

Les savonnières du forum Yahoo Cream Soapmaking ont trouvé plusieurs techniques pour rendre leur savon-crème plus doux à l'usage :
A) jouer sur le surgraissage
'B) jouer sur les propriétés des huiles
C) jouer sur les additifs
D) jouer sur les solutions de dilution



A) Jouer sur le surgraissage
Avec la méthode à froid, Snowdrift Farm a d'emblée adopté un taux de surgraissage dans ses recettes, par exemple de 6% pour le cream soap n°17. (a) A noter que ce taux est recalculé par mes soins avec le calculateur du site.

Par contre, dans sa méthode à chaud, Catherine Failor ne fait jamais de surgraissage à la base (avec les hydroxydes) :
- pour le savon liquide, elle opère même un sous-graissage (surdosage de potasse) pour faire disparaître tout acide gras éventuel qui rendrait le savon opaque. Elle corrige ultérieurement l’excès de potasse par une neutralisation du pH avec du borax, de l’acide borique ou de l’acide citrique.
- Pour le savon-crème, elle choisit un surgraissage = 0 pour opérer après saponification, un supercreaming.

Malgré des éloges dithyrambiques, les savons issus des recettes de Failor se révèlent plutôt asséchants pour certains (en tout cas pour moi).
A quelques rares exceptions, le forum Yahoo Liquid Soapers ne remet pas en cause cette technique car la plupart des participants préfèrent un savon liquide transparent.

Par contre, les participants du forum Cream Soap se sont bien affranchis de sa technique et n’hésitent pas à adopter pour le savon-crème à la fois :
- un surgraissage à la base
- et un supercreaming

J’ai décortiqué les recettes données dans la section Files du forum Cream Soap et j’ai remarqué que le taux de surgraissage pratiqué est souvent assez élevé :
entre 10% à 16%, taux annoncé par les calculateurs dont les liens sont indiqués plus haut ('b)


Attention :
Seul le calculateur de Snowdrift farm permet d'entrer un taux de surgraissage (Enter lye discount) : http://www.snowdriftfarm.com/soapcalculator.htm

Les autres calculateurs (de Sherry Baker et de Skin Esscentuals) font un calcul à taux de surgraissage = 0 . Il suffit alors de multiplier la quantité de NaOH et de KOH indiquée par le calculateur (= quantité à 100%) par le pourcentage : 100% - taux de surgraissage, comme expliqué ci-dessous :
92% = surgraissage à 8% (100% - 8%)
90% = surgraissage à 10% (100%-10%)
87% = surgraissage à 13% (100% - 13%)


Ex : soit 20 g : la quantité de KOH donné par le calculateur avec taux de surgraissage= 0
Si on veut un surgraissage à 8%, on fait le calcul suivant :
20g * 92% = 18,4 g




* Remarques :
(a) Je trouve que les auteurs ont la fâcheuse habitude de donner des recettes en quantités brutes sans indiquer les hypothèses de départ : le taux de surgraissage, le ratio NaOH:KOH utilisés ! Ce qui ne permet pas toujours d'adapter leurs recettes.

('b) Je ne sais pas comment les auteurs des recettes du forum Cream Soap font leur calcul d’hydroxydes. J’ai un problème de cohérence entre les hypothèses de calcul données dans les recettes (quand elles sont données, ce qui n'est pas toujours le cas...) et le résultat indiqué par le(s) calculateur(s).

Ex : la recette "Bekka’s Pumpkin Silk Cream Soap" indique un surgraissage de 4% seulement, ratio 1:5 (NaOH :KOH)
Or les quantités de NaOH et de KOH données dans la recette correspondent à un taux de surgraissage plus élevé :
- avec le calculateur Snowdrift : superfat de 13%, ratio 1:3,5 (22,2% NaOH, 77,8% KOH)
- avec calculateur Sherry Baker : superfat de 12%, ratio 1:4 (20% NaOH, 80% KOH)

Pour la suite de mon exposé, je retiendrai les résultats des calculateurs, nécessaires pour concevoir sa propre recette.
diane
Techniques et astuces pour obtenir un savon-crème non asséchant et doux à l'usage (2/4)


'B) Jouer sur les propriétés des huiles

Une règle à respecter : mettre obligatoirement une partie d'huiles à fort taux d’acide stéarique (dont l'acide stéarique pur lui-même). Sa proportion sera élevée (au moins 45% du total) si on veut obtenir une texture de crème fouettée. Moins élevée si l'on veut un savon plus liquide.
Pour le reste des huiles, on a la liberté de choix.

En reprenant le conseil de Susanne du forum Cream Soap :
« Le choix des huiles doit porter sur :
- pour une bonne proportion (minimum 45% du total) : des huiles à fort pourcentage d’acide stéarique. En ordre décroissant de teneur en acide stéarique : l'acide stéarique lui-même, le beurre de cacao, le beurre de mangue, le karité, l'huile de palme, le lard, le crisco, l'huile de coton.
- une petite proportion d’huile de ricin, ou/et de coco, ou/et de palme kernel pour avoir une belle mousse
- pour le reste : des huiles choisies pour leurs propriétés intrinsèques »


Quelques exemples de formules utilisées :
Par Janene du forum Cream Soap
Pour obtenir une mousse abondante :
540 Stearic Acid
240 Coconut
150 Other Oil – I used Castor (ricin)

Savon crème à l’huile de ricin (pour sa propriété émolliente) :
600 Stearic Acid
135 Castor (ricin)
120 Coconut
120 Other Oil

Palm Olive :
480 Stearic Acid
240 Palm
120 Coconut
120 Olive


Par Joseph Henry de Skin Esscentuals, pour un résultat plus liquide:
http://home.earthlink.net/~skinesscentuals/Cream2.html
soft oils (10% - 15% of the total oils)
olive oil
shea butter (beurre de karité)
jojoba oil
castor oil -- to make a softer pliable soap

hard oils
coconut oil -- for lather (10% - 30% of total oils)
stearic acid -- necessary for this type of soap
palm oil -- to produce a denser soap
all combined to make the 38% - 40% (of the total product weight) fatty acids. I'm aiming for a firm, but semi liquid result as opposed to a fluffy, stiff soap.



Voici comme exemple 3 recettes de Skin Esscentuals montrant qu'on peut varier les proportions, à partir de pratiquement les mêmes huiles :
http://home.earthlink.net/~skinesscentuals/SoapRecipes.htm#CREAM

recipe #1
castor oil 8g (huile de ricin)
olive oil 6g
shea oil 6g (oléine de karité)
coconut oil 18g
palm oil 6g
stearic acid 63g

sodium hydroxide NaOH 5,3g
potassium hydroxide KOH 26,2g
water 188,9g
glycerin 60g


recipe #2
castor oil 7,5g (huile de ricin)
jojoba oil 2g
olive oil 10g
shea butter 5g (beurre de karité)
coconut oil 30g
palm oil 20g
stearic acid 90g
poids total des huiles : 164,5g

sodium hydroxide NaOH 5,1g
potassium hydroxide KOH 25,4g
water 91,6g
glycerin 51,2g


recipe #3
castor oil 8g (huile de ricin)
emu oil 6g (huile d'émeu)
jojoba oil 6g
shea butter 6g (beurre de karité)
coconut oil 20g
palm oil 60g
stearic acid 80g

sodium hydroxide NaOH 5,6g
potassium hydroxide KOH 27,8g
water 100g
glycerin 46,9g

recipe #1 : this is the recipe I followed for my initial batch. I was very satisfied with the results so I've stuck with it. This recipe was used with the procedure outlined in "cream soap - 1" and uses the stove-top double-boiler method and is supercreamed with boric acid.

recipe #2 : this recipe was used with the procedure outlined in "cream soap - 2" and uses the oven method and is supercreamed with stearic acid. This recipe also incorporates aloe vera, allantoin, kaolin clay, hydrolized silk, and goat's milk.

recipe #3 : this is similar to recipe #2 in that it follows the cream soap - 2 method and had the same additives. The difference is that this recipe uses a lower percentage of stearic acid (drag, irritation) and coconut oil (drying). Also in this formula, I've substituted emu oil (emolience) for the olive oil.



Maintenant passons aux travaux pratiques : calcul du pourcentage d'acide stéarique dans la recette n°2 :

Ce pourcentage s'établit de façon suivante (cf un des paragraphes plus haut) :
Total (quantité huile X pourcentage d'acide stéarique)
Quantité totale d'huiles



1) On relève le pourcentage d'acide stéarique contenu dans chaque huile, donné par la table des caractériques des huiles de Derma Nova. On va prendre la valeur médiane de la fourchette donnée :

castor oil : 0%
jojoba oil : 0%
olive oil : (3 + 5)/2 = 4%
shea butter : (35 + 45)/2 = 40%
coconut oil : (1 + 4)/2 = 2,5%
palm oil : (43 + 45)/2 = 29%
stearic acid : 100%


2) On multiplie la teneur en acide stéarique par la quantité de chaque huile et on fait le total :

castor oil : 7,5g * 0% = 0g
jojoba oil : 2g* 0% = 0g
olive oil : 10g * 4% = 0,4g
shea butter : 5g * 40% = 2g
coconut oil : 30g * 2,5% = 0,75g
palm oil : 20g * 29% = 5,8g
stearic acid 90g

Total d'acide stéarique dans la recette n°2 : 0,4 = 2 +0,75 +5,8 + 90 = 98,95g
Pourcentage d'acide stéarique par rapport au poids total des huiles : 98,95 / 164,5 = 60%
Avec un tel pourcentage en acide stéarique, la recette n°2 donnera une texture de crème chantilly.



Astuces :
Pour rendre ces calculs moins fastidieux, vous pouvez élaborer un tableau Excel.
En fait, en raison de la valeur non significative en acide stéarique des huiles autres que l'AS lui-même, le karité et l'huile de palme, vous pouvez limiter ces calculs :
- à ces 3 huiles
- ou au seul acide stéarique ! 90 g/ 164,5 (poids total des huiles) = 55% !

Par cette démonstration, je veux vous faire comprendre que c'est la quantité d'acide stéarique pur qui est primordiale. Donc il suffit de jouer sur ce facteur dans l'élaboration de votre propre recette.
Après vous êtes libre de choisir n'importe quelle autre huile, uniquement pour sa propriété intrinsèque **
C'est ainsi qu'en plus de l'AS pur, j'ai pris le parti de mettre une forte proportion de beurre de karité d'abord pour sa propriété émolliente et secondairement parce qu'il est doté d'un fort taux d'acide stéarique.

Pour une texture chantilly, il est préconisé un % d'AS de 45% à 60% du total des huiles. Si vous désirez obtenir une texture de savon plus liquide, il faut diminuer la quantité d'acide stéarique (Snowdrif Farm utilise un taux de 14% pour une texture plus proche du beurre ("salvy").



** Ce n'est donc pas la peine de vous lancer dans tous ces calculs fastidieux...indiqués sur le forum Cream Soap. A mon humble avis, le résultat simplifié (sur l'AS pur) suffit amplement à la conception de vos recettes.
diane
Techniques et astuces pour obtenir un savon-crème non asséchant et doux à l'usage (3/4)


C) Jouer sur les additifs

Les recettes sur le forum Cream Soap sont friandes en additifs dont l’objectif principal est de rendre le savon-crème hydratant et doux à l’usage.
Certains additifs sont facilement accessibles comme la glycérine, le jus ou gel d'aloé, les ingrédients culinaires (yaourt, fruits, légumes…). Mais sont également utilisés des produits coûteux ou introuvables en France. En la matière, les tambouilleuses canadiennes sont nettement plus privilégiées.

Les forumeuses de Cream Soap sont particulièrement inventives dans l’emploi de ces additifs. Je vais vous en dresser une liste non exhaustive. Je vous conseille de vous inscrire à ce forum et télécharger les recettes mises à la disposition de ses membres (section Files dans le menu à gauche de la page).


1) Additifs ajoutés à la solution d’hydroxydes

- le lactate de sodium (NaL) ajouté au liquide servant à la dilution des hydroxydes.
En plus de son pouvoir hydratant, il permet de stabiliser la consistance crème chantilly du savon dans le temps et quelque soit les fluctuations de température.
Dans ses recettes, Bekka l’utilise à hauteur de 0.4 à 1% du total des huiles.


2) Additifs ajoutés aux huiles de base
- la glycérine, hydratant largement utilisé dans la fabrication du savon-crème.
Elle est ajoutée à 2 étapes :
* aux huiles dès le début (ou à la trace légère) :
Dosage préconisé :
Sherry Baker : 30% du total des huiles. En fait, les recettes du forum Cream Soap en mettent souvent à un pourcentage plus important.
Skin Esscentuals : 55% du poids du total de l’acide stéarique (comprenant celui contenu dans les huiles).

* lors du supercreaming :
Dosage préonisé :
Catherine Failor : 3 à 5% de la quantité totale des huiles
Skin Esscentuals : 1,5 % du total des huiles
Bekka : quantité d'acide stéarique utilisé pour le supercreaming * 1,5

Attention à ne pas trop abuser de la glycérine car à trop forte concentration, elle donne un toucher collant au savon.

- le glyceryl stereate (GMS)
- le Conditioning Emulsying wax : cire "conditionnante"
- le Natramulse
Les 2 derniers ingrédients seraient également agents de texture.


3) Additifs ajoutés à la trace (ou à l’étape finale, lors du fouettage du savon)
Ces additifs sont très nombreux et les forumeuses de Cream Soapmaking en font un très large usage : par recette, j’en ai dénombré au moins quatre et facilement 5 ou 6 . Ils sont ajoutés en petites quantités.

Je relève à partir des recettes du forum Soap Creamaking :
- Panthenol (vitamine B5)
- différentes soies : poudre de soie, protéine de soie liquide, acides aminés de soie (protéine de soie sous forme solide)
- Allantoïne
- hydrovance
- miel, poudre de miel, honeyquat
- gel d’aloé vera
- squalane


et un nombre incroyable d’ingrédients culinaires :
- lait caillé
- petit lait
- purée de toute sorte de fruit et légume. J’ai relevé des recettes à la purée de banane, de citrouille, de concombre. J'ai mis de la purée de carottes dans mon premier savon-crème.
- crème fraîche
- jus de fruit, de légume
- lait de coco
- le lait (de chèvre, d'ânesse, de vache…) en poudre, en liquide.
Le lait ajouté à ce stade va brunir à la cuisson ultérieure et donne une teinte marron au savon-crème. Aussi certaines tambouilleuses préfèrent la méthode à froid pour le savon-crème au lait.

etc


Et les huiles à la trace, me demandez-vous ?
Comme pour le savon solide, on peut ajouter des huiles précieuses à la trace pour un surgraissage supplémentaire.
Mais Sherry Baker préconise plutôt le surgraissage à la base (d’ajouter toutes les huiles à la solution d’hydroxydes) car les huiles ajoutées à la trace vont diminuer la production de mousse. Déjà qu'avec la méthode à chaud, elle n'est pas abondante...


Quand doit-on ajouter ces additifs ?Deux théories s’opposent :
a) ajout à la trace, avant le supercreaming. Donc quand la pâte de savon est encore chaude et les hydroxydes encore actifs, méthode habituellement utilisée pour le savon solide.
C’est celle qu’adoptent les forumeuses de Cream Soapmaking
cool.gif comme certains additifs délicats risquent d’être dénaturés par les lessives (hydroxydes) et une température élevée, Joseph Henry de Skin Esscentials préfère les ajouter à la fin, après cuisson quand la saponification est déjà complète, au moment où l’on fouette le savon pour le rendre crémeux.


4) Additifs ajoutés au produit final, lors du fouettage du savon
- les additifs fragiles cités ci-dessus
- squalane (Bekka)
- jus d’aloé vera qui a le mérite de faire baisser le pH du savon






Autres additifs
En dehors des additifs hydratants cités ci-dessus, on peut utiliser d'autres produits qui visent à :
- rendre plus agréable l'usage du savon-crème
- couvrir des traitements spécifiques de la peau (acné...)


1) Les chélateurs pour augmenter entre autres, la production de mousse et le pouvoir détergent du savon
chélateur ou chélatant (chelator) = substance qui se lie à une autre substance présente dans une solution, et qui la rend insoluble. En l'occurence dans le savon, elle permet de précipiter les métaux et piéger le calcaire, ce qui :
- renforce la formation de la mousse
- augmente le pouvoir détergent du savon
- rend le savon moins asséchant
- diminue les dépôts de savons et calcaire (soap scum) inesthétiques dans les baignoires et les douches.

Les chélateurs cités sur le forum Cream Soap sont :
- le sorbitol, à ajouter dans la solution d'hydroxydes
- EDTA (acide éthylène-diamine-tétraacétique), un agent chélateur très commun dans les shampoings et gels douche : le Tetrasodium EDTA et éventuellement le Disodium EDTA qui, à l'instar de l'acide citrique, est plus délicat à utiliser dans le savon (risque de désaponification et donc de séparation)
- Sherry Baker utilise elle, une solution d'acide citrique à 20% dans le stade final de fabrication.
L'acide citrique est beaucoup plus naturel et moins cher que les produits précédents. Il permet en plus de baisser le pH du savon.
Par contre, c'est un produit difficile à manier car il risque de provoquer la séparation et est donc réservé aux savonnières confirmées. Sherry Baker préconise alors d'utiliser une solution à une concentration plus faible (10%) et de la rajouter vraiment précautionnement au savon, petit à petit.


2) les agents exfoliants, qui ont en plus la propriété d'augmenter la production de mousse

J'ai relevé les exfoliants suivants dans les discussions du forum Cream Soap :
- poudre de noyaux d'abricot (apricot kernal seeds), finement moulue, à ajouter dans le stade final
- poudre de peau d'orange, finement moulue, à incorporer dans le stade final
- les billes de jojoba, à ajouter à la pâte de savon juste à la sortie du four, quand elle est encore chaude, assez pour ne pas les faire fondre et seulement les ramollir
- un peu de beurre d'amande (almond butter) ajouté aux huiles pour donner un effet doucement exfoliant
- poudre de haricot Adzuki

D'autres exfoliants végétaux (non cités) devraient certainement pouvoir être utilisés.


3) les agents traitants

° les différents types d'argile :
- rhassoul
- argile blanche, verte, rose, rouge
- glacial clay
- boue noire de la Mer morte
Les argiles (après avoir été humidifiées avec un peu de liquide) sont incorporées à la trace par les forumeuses de Soap Cream.
Traitement particulier pour le rhassoul : Bekka l'ajoute directement dans la solution d'hydroxydes (elle n'a pas donné la raison de ce traitement différent).

° les pétales de calendula (souci) en conjontion avec l'argile blanche (kaolin) à ajouter juste avant la cuisson. L'argile sera imprégnée de calendula qui libère ainsi ses propriétés bénéfiques et colore le savon d'un beau jaune pâle.

° toujours au début de la cuisson, un peu de savon noir d'Afrique râpé, pour ses effets bénéfiques

° les cires florales préalablement fondues au bain-marie. A manipuler avec précaution car ce sont des produits inflammables. Incorporez-les juste à la fin de la cuisson, quand la pâte vient de sortir du four.
diane
Techniques et astuces pour obtenir un savon-crème non asséchant et doux à l'usage (4/4)


D) Jouer sur les liquides de dilution


Il y a deux phases qui nécessitent l'ajout de fluide de dilution :
- au début, dilution des hydroxydes
- à la fin, dilution de la pâte pour obtenir le savon-crème
Le liquide le plus couramment utilisé est l'eau distillée. Mais on peut la remplacer ou le mélanger à d'autres produits, que je vais dénombrer. Cette liste n’est évidemment non exhaustive.


1) Liquide pour la dilution des hydroxydes
- lait de coco
- le lait (de chèvre, d'ânesse, de vache…) en liquide
- petit lait
Le lait ajouté à ce stade va brunir à la cuisson ultérieure et donne une teinte marron au savon-crème. Aussi certaines tambouilleuses préfèrent la méthode à froid pour le savon-crème au lait.

- la bière et le vin sans alcool *
- et probablement toute sorte de jus de fruits et légumes...

Ces liquides doivent être froides ou congelées avant l'ajout des lessives.


2) Liquide pour la dilution finale de la pâte
A ce stade, il n’y a plus de cuisson, les ingrédients conserveront leurs propriétés.
Beaucoup de produits peuvent donc être utilisés comme fluide de dilution dont :

- le jus d’aloé qui a en plus l’effet très appréciable de faire diminuer le pH du savon
- les hydrolats
- les extraits divers

Ce stade final est délicat pour l’obtention de la texture souhaitée du savon-crème : l’ajout de fluide doit être fait de façon prudente, par petite quantité à la fois. Puis on fouette.
Opération répétée jusqu’à la consistance désirée.







* A l’intention des canadiennes, je cite une note de Lynne qui indique l’endroit où se procurer de la bière ou du vin sans alcool

I've said this many a time, you do not need to go through all of this danger to make beer soap of any kind. I go to the grocery store, buy the same brand of beer that I drink and use it for soap making. It is identical to the beer store stuff only it has had the alcohol removed. Alcohol serves no purpose other than to give you a good buzz. I buy this locally made stuff called Lakeport Honey Beer and it works beautifully. I just put the 6 pack of cans in the fridge and when I want to make soap out a can comes. There is no lye fizzing, the solution still smells like beer and it has all the same goodness that regular beer has. Trust me, this is the way to go.

Same for wine soap. Buy the stuff in the grocery store, just make sure it isn't carbonated. Grocery store wine and beer are a whole lot cheaper too. Well at least over here they are. Oh yeah, we can't buy real alcoholic beverages in any place other than a beer store or liquor store so I never grab the wrong thing in the grocery store.
diane
Utilisation d’un calculateur (1/2)

Nous allons passer aux choses plus pratiques : le calcul des quantités d’ingrédients pour une recette donnée.
Certes, nous pouvons tout calculer manuellement car les calculs sont très simples et n'utilisent que les 4 opérations de base : addition, soustraction, multiplication et division. Mais ils sont...très fastidieux, surtout quand la liste des huiles s’allongent. Autant utiliser un calculateur qu’Internet met à notre disposition.

Vous trouverez des explications sur le mode de fonctionnement des calculateurs dans mon dossier sur le savon liquide qui donne également des précisions sur l'indice de saponification (SAP).



Quel calculateur utiliser ?
Vous pouvez utiliser le calculateur Sage-MMS très populaire chez les savonnières. Mais Sage ne donne pas directement la combinaison entre KOH et NaOH, vous serez obligée de faire des calculs supplémentaires.
Actuellement, j’en ai dénombré 4 qui effectuent cette combinaison des 2 hydroxydes.

1) Le calculateur de Snowdrift Farm
Calculateur de Snowdrift Farm
Le plus simple à utiliser.

Les plus :
Il permet de :
- choisir un taux de surgraissage
- faire varier le ratio entre KOH et NaOH

Les moins :
- les calculs s’arrêtent au niveau de la quantité de liquide de solution des hydroxydes
- il ne permet pas de rajouter de nouvelles huiles


2) Les 2 calculateurs de Skin Esscentuals :
Calculateur en ligne
Calculateur sous tableur téléchargeable

Les plus :
Ils permettent :
- de faire varier le taux de surgraissage (taux fixé à 0)
- le calculateur sous tableur est pratique car il permet de faire ses calculs sans être en ligne
- le calculateur sous tableur donne de jolis graphiques et des informations sur la qualité du savon (pouvoir nettoyant, conditionnant…).

Les moins :
- impossible de faire varier le ratio KOH-NaOH
- les calculs s’arrêtent également au niveau de la quantité de liquide de solution des hydroxydes.
- son auteur, Joseph Henry, a protégé la feuille de calcul et il est impossible de modifier les formules de calcul.


3) Le calculateur sous Excel de Sherry Baker
téléchargeable de la section Files du forum Cream Soap

Les moins :
- pas de taux de surgraissage (taux de surgraissage = 0)
- le ratio NaOH-KOH est fixé à 1:5
Mais comme la feuille de calcul n’est pas protégée, les savonnières qui savent manipuler Excel peuvent très aisément ajouter des formules de calcul pour faire varier ces 2 taux.

C’est le calculateur que j’utilise car :
- il permet de faire les calculs sans besoin d’être connecté à Internet. En plus il est très souple car la feuille de calcul n’est pas protégée.
- on peut faire varier les taux de surgraissage et le ratio NaOH-KOH (à condition de savoir manipuler Excel)
- il permet d’ajouter de nouvelles huiles
- les calculs ne s’arrêtent pas à la quantité de liquide de solution des hydroxydes. Ils permettent de couvrir tout le processus de fabrication, jusqu’à la dilution finale de la pâte. On peut ainsi aller calculer les quantités de tout additif qu’on veut incorporer (à condition de savoir manipuler Excel).



Conclusion :
- si vous ne savez pas modifier Excel, utilisez le calculateur de Snowdrift Farm
- si vous êtes à l'aise avec Excel, utilisez le calculateur de Sherry Baker
diane
Utilisation d’un calculateur (2/2)

Nous allons voir comment utiliser le calculateur de Snowdrift Farm

Préliminaires : dans tous les calculateurs, les formules de calcul sont exactement les mêmes, quelque soit l'unité de mesure utilisée (grams, kg ou oz, lb)
C'est-à-dire que vous cochiez oz ou grams, le résultat final restera le même. Donc, si vous avez oublié de cocher grams au lieu de oz, mais que vous avez inscrit des quantités en grammes, il suffit de lire le résultat en grams, même s'il est mentionné en oz


1) Enter % Sodium hydroxide (NaOH)
Une fois le pourcentage de NaOH entré, le pourcentage de KOH se calcule automatiquement : 100% - % NaOH
Ces pourcentages reflètent le ratio NaOH : KOH.

Ce ratio souvent utilisé est 1:5, y compris par Catherine Failor *.
Bekka préfère, elle, moins de NaOH et adopte plutôt le ratio 1:6 : elle trouve que ce ratio assure une quantité juste ce qu'il faut de NaOH pour assurer une cristallisation suffisante qui force la cohésion KOH-acide stéarique.

Comment traduit-on le ratio par un pourcentage de NaOH ou de KOH, utilisable dans le calculateur Snowdrift Farm ?
Le ratio de 1:5 signifie que dans un total de 6 parts, 1 part est composée de NaOH et les 5 autres de KOH.
--> pourcentage de NaOH sur le total des hydroxydes = 1/6 = 16,66 % *
--> pourcentage de KOH sur le total des hydroxydes = 5/6 = 83,34%

C'est ainsi que :
le ratio 1:4 = 20% (=1/5) NaOH, 80% (= 4/5) KOH
le ratio 1:6 = 14,29% (=1/7) NaOH, 85,71% (= 6/7) KOH


2) Enter lye discount
Entrez le taux de surgraissage.


3) Enter units
Aucune importane : cf les explications en préliminaires.
Si vos quantités sont des grams, la quantité de liquide devra être lue en ml.
Si vos quantités sont des oz, la quantité de liquide devra être lue en fluid oz.


4) Is this a cream soap ?
Répondez Yes.



5) Résultat (donné) pour la quantité de liquide à utiliser
Il faut additionner les 2 quantités : batch water + Cream soap water

Comment ces 2 quantités ont été calculées ?
- batch water = total des huiles (en poids) * 0,36, résultat en ml ou fluid oz
- cream soap water = quantité de batch water * 2,2, résultat en ml ou fluid oz
Ce qui donne une quantité totale de liquide = total des huiles * 1,152, résultat en ml ou fluid oz



Ce mode de calcul appelle 2 remarques :
a) comme le calculateur Sage, Snowdrift Farm passe allègrement d'une unité de poids (grs ou oz) à une unité de volume (ml ou fluid oz).
Ceci est vrai quand il s'agit de l'eau avec une densité de 1 --> 1ml d'eau pèse 1g.
Mais si on remplace l'eau par d'autres fluides dont la densité est plus forte, l'équation est erronée, mathématiquement parlant.

'b) le calculateur de Snowdrift donne une quantité de liquide plus importante que les autres calculateurs :
Sherry Baker et Skin Esscentuals font leur calcul à partir du poids des hydroxydes et non des huiles comme Snowdrift :
- Sherry Baker : poids des lessives * 4 à 8
- Skin Esscentuals : poids des lessives * 6. Et en plus on divise cette quantité par 2, la moitié pour diluer les hydroxydes, l'autre moitié pour diluer la pâte finale.




Alors quelle quantité de liquide doit-on utiliser ?
Je dirais qu'au début, vous pouvez prendre n'importe quelle quantité de liquide donnée par un calculateur. Vous l'affinerez par la suite, avec vos expériences. En effet selon le mode de cuisson, l'évaporation d'eau sera plus ou moins grande, la quantité de liquide à utiliser pour la dissolution des hydroxydes sera plus ou moins importante.
De toute façon, vous pouvez toujours rectifier au stade final : si la pâte est molle et souple avec assez d'eau restant après la cuisson, vous aurez peu de liquide à ajouter. Dans le cas contraire, vous incorporez (petit à petit) du liquide jusqu'à l'obtention de la texture désirée.

Par exemple, Bekky n'hésite pas à couper sa quantité de fluide par 2 ou 3 car elle utilise un double boiler bien hermétique. J'ai constaté que ma pâte cuite au micro-ondes (sans aucune couverture du plat) a subi une forte évaporation d'eau et est devenue très sèche, j'ai dû ajouter beaucoup de jus d'aloé pour la diluer en stade finale.



6) Résultat (donné) en quantité de glycérine, à ajouter aux huiles (ou à la trace légère)
Snowdrift donne une quantité de glycérine à ajouter aux huiles = 6,25% du total des huiles.
Il est à noter que dans la méthode à froid, Snowdrift ne fait pas de supercreaming.

Sherry Baker préconise :
- une quantité de glycérine à incorporer dans les huiles = total des huiles * 30%
(si la recette comporte moins de 55% d'acide stéarique, la quantité de glycérine sera diminuée = total des huiles * 18%)
- une quantité de glycérine à utiliser lors du supercreaming = 1/2 de la quantité d'acide stéarique utilisée pour cette phase.




Une précision concernant l'utilisation des calculateurs (quelqu'ils soient) :
Question : quand on a une recette dont on est sûr de la quantité d'hydroxyde (vérifiée avec un calculateur),
si on veut réduire uniformément la quantité des huiles par 2, par 3 (ou au contraire l'augmenter par 2, par 3, etc.), faut-il repasser par le calculateur pour avoir les nouvelles quantités de lessive (conseil que je lis souvent sur les forums) ?

Réponse : non.
Il suffit de diviser (ou de multiplier) par 2, par 3, etc. la quantité d'hydroxydes de la recette initiale.



Voici l'explication (que vous pouvez zapper) :
propriété distributive de la multiplication qui permet la factorisation du coefficient de réduction ou d'augmentation des huiles.

Ex: dans la recette initiale
A = quantité de soude = Q1(huile1) * SAP1 + Q2(huile2) * SAP2

Je veux diviser les quantités Q1 et Q2 des huiles par 2 :
Soit B = la quantité de soude de la nouvelle recette = Q1(huile1)/2 * SAP1 + Q2(huile2)/2 * SAP2
La mise en facteur du coefficient 1/2 nous donne :
B = 1/2 [Q1(huile1) * SAP1 + Q2(huile2) * SAP2]
B = 1/2 A






* Le calcul de Catherine Failor, basé sur un ratio de 1:5 est ...mathématiquement erroné. A noter qu'elle n'a jamais expliqué comment le ratio de 1:5 a pu ainsi être traduite...Voici, par curiosité, son mode de calcul :
- elle calcule d'abord la quantité de NaOH à 100% (comme pour un savon solide)
- puis elle multiplie cette quantité par 0,217, elle obtient la quantité de NaOH à utiliser pour le savon-crème = A
- elle multiplie après cette quantité A par *5 pour obtenir la quantité de KOH.
A surtout ne pas utiliser comme mode de calcul ! Cela amène à un surdosage d'hydroxydes. N'oublions pas qu'en plus, Catherine Failor effectue un taux de surgraissage = 0.
Ceci expliquerait l'impression desséchante des savons liquides et savons-crème issus des recettes de Failor...
diane
Modèle de conception d'une recette de savon-crème

Je m'inspire de la méthodologie utilisée par Bekka. Elle permet de bien distinguer les différentes phases de fabrication du savon-crème.
Pour cette recette, nous utilisons la méthode à chaud avec surgraissage et supercreaming, et de nombreux additifs ajoutés à la trace.

Nous allons distinguer 5 phases d'ingrédients qui vont correspondre à 5 étapes de fabrication.


A) On fixe d'abord les données de base

1) Choix des ingrédients et leurs quantités :
- les huiles et/ou beurres à utiliser (dont l'acide stéarique)
- le liquide de dilution des hydroxydes
- le liquide de dilution de la pâte finale
- les différents additifs

2) Choix des bases de calcul
- ratio NaOH : KOH
- taux de surgraissage
- taux de glycérine à ajouter dans les huiles de base
- taux utilisés pour le supercreaming : en acide stéarique et en glycérine


'B) Puis on établit sa recette en quantités, à partir des éléments précités
en bonne partie avec le calculateur, puis manuellement.
(ou tout automatiquement avec un tableau Excel, du genre du calculateur modifié de Sherry Baker)


Phase 1 : Pesage des corps gras de base
- les huiles, beurres et acide stéarique
+ la glycérine (ajoutée aux huiles ou à la trace légère)


Phase 2 : Préparation de la solution d'hydroxydes
- NaOH
- KOH
- Liquide de dissolution des hydroxydes
dont les quantités sont obtenues avec le calculateur


Pour les phases 1 et 2, on procédera comme pour la fabrication du savon en barre :
° préparation de la solution d'hydroxydes
° mélange de cette solution avec les huiles
° puis brassage, brassage (attention, c'est looong, plus long que pour le savon solide).


Phase 3 : Ajout à la trace
- Les additifs

Brassage jusqu'à la trace très épaisse.
Puis cuisson jusqu'à saponification complète (stade de vaseline translucide)


Phase 4 : le supercreaming
- Acide stéarique
- Glycérine


Phase 5 : Dilution finale (à effectuer le lendemain de la cuisson)
- Liquide additionnelle pour la dilution de la pâte
- Additifs
- Conservateurs

Après la cure :
- Fragrance, colorants




C) Pour illustrer : une recette de Bekka
Je me permets de recopier une recette de Bekka (téléchargeable du forum Yahoo cream Soap, section Files)

Bekka's Pumpkin Cream Soap Recipe 2 (More Common Ingredients)

Phase 1
9 oz Coconut Oil
1 oz Cocoa Butter
1 oz Olive Oil
0.5 Jojoba Oil
1 oz Castor Oil
10 oz Stearic Acid (= 43% total oil)
0.5 oz Palm Oil
Total oil : 23 oz

5.8 oz glycerin

Phase 2
Superfat at 4% *
NaOH at 1:5 ratio *

0.7 oz Sodium Hydroxide*
3.5 oz Potassium Hydroxide*

(Weight the Potassium Hydroxide carefully)
10 oz Distilled Water
0.1 oz NaL (lactate sodium), optional


Phase 3
Additives: (optional ingredients)
0.5 oz Pumpkin puree (or Carrot Puree)
0.5 oz Hydrolyzed Silk
0.2 oz White Kaolin Clay
0.3 oz Allantoin
0.2 oz Panthenol


Phase 4
Supercream:
0.3 oz Stearic Acid
0.4 oz Glycerin


Phase 5
Additional fluids, added 0.5 oz at a time (hydrosols, distilledwater, and/or aloe juice)
Added the next day 0.2 oz Optiphen Preservative




* Je n'ai pas pu retrouver les chiffres énoncés par Bekka : ni le taux de surgraissage (4%), ni le ratio 1:5.
Ses quantités d'hydroxydes correspondraient plutôt aux hypothèses suivantes :
- Avec le calculateur Snowdrift : superfat de 13%, ration 1:3,5 (22,2% NaOH, 77,8% KOH)
- Avec le calculateur Sherry Baker : superfat de 12%, ratio 1:4 (20% NaOH, 80% KOH)
diane
La fabrication du savon-crème (1/3)
comme celle du savon liquide, exige beaucoup de patience.
En effet, travailler avec le KOH est plus long et plus fastidieux qu'avec le NaOH. Avec comme épée de Damoclès, le risque de séparation.

Je pars du principe que vous avez toutes déjà une bonne expérience en fabrication de savon solide avant d'aborder le savon-crème ; aussi je vais être succinte à propos de certaines opérations similaires à cette fabrication.

Un conseil pratique : obtenir des photos qui vous permettront de vous situer dans les différentes étapes de transformation du savon-crème.
Pour ce, vous pouvez :
- imprimer la recette de Paw Made Soap
- télécharger une des recettes de Bekka(forum Cream Soap, section Files), abondamment illustrées de photos et d'instructions minutieuses.



La fabrication du savon-crème se décompose en 2 étapes principales :
I) la préparation de la pâte de savon
II) la dilution de la pâte de savon



I) La préparation de la pâte de savon
Elle comprend 2 opérations :
A) mélange hydroxydes-huiles et brassage, opération commune aux 2 méthodes (à froid et à chaud)
'B) cuisson, opération spécifique à la méthode à chaud


A) Mélange hydroxydes-huiles et brassage jusqu'à obtention de la trace épaisse
Dans cette étape, seront consommés les ingrédients des phases 1, 2 et 3.

Cette opération s'effectue de la même façon que la fabrication des savons en barre :
- on prépare la solution d'hydroxydes (ingrédients phase 2)
- on mélange aux huiles et beurres + glycérine (de la phase 1), préalablement fondus
- on agite ce mélange avec un mixer électrique.

Le KOH et l'acide stéarique ont tendance à ne pas se mélanger au début, il faut persévérer.
Cette opération peut durer longtemps, aussi il faut se ménager des temps de pause pour ses bras et pour son mixer.

Pour suivre l'évolution des différentes transformation du mélange :
- se reporter aux photos dans les documents indiqués ci-dessus.
ou
- regarder le diaporama de April McCart, une habituée du forum Cream Soap (et également du forum Liquid soapers) :
http://www.flickr.com/photos/sweetlotuscre...157602919307663

Utilisation du mixer jusqu'à la trace très épaisse (aspect de purée de pomme de terre)




Remarque : les différentes stades d'évolution montrées par les images ci-dessus ne sont pas toujours observées par les savonnières, elles dépendent des huiles utilisées. Ce qui est important, c'est le stade gel final (aspect translucide à la fin de la cuisson).


Quand la trace est arrivée, on ajoute les additifs (ingrédients de la phase 3).
Puis on continue à brasser jusqu'à atteindre la trace très épaisse, tellement épaisse que l'utilisation du mixer devient difficile.

Une fois cet état de la pâte obtenu, on va procéder à la cuisson.
Bien sûr, on peut commencer la cuisson plus tôt si l'on veut. Le fait d'attendre au préalable une trace très épaisse vise à raccourcir le temps de cuisson ultérieur.



Astuce lors de cette opération :
- pour accélérer la trace, on peut augmenter la température du mélange en le chaufant doucement au bain-marie.

Personnellement, j'ai trop la flemme de sortir beaucoup de vaisselle. J'ai toujours brassé mes mélanges à froid, et la trace finit toujours par arriver.
diane
La fabrication du savon-crème (2/3)

Une fois la trace épaisse atteinte, nous allons aborder l'opération suivante, spécifique à la méthode à chaud : la cuisson de la pâte.

L'objectif de cette cuisson est d'obtenir la saponification complète de la pâte, qui se traduit par l'apparence de vaseline translucide *, équivalente au stade gel du savon en barre.
D'après Catherine Failor (et Bekka), cette gélification signifie que le savon est en train de se "neutraliser". Attention, neutraliser ici ne signifie pas d'atteindre un pH de 7, ce qui est impossible pour un savon. Cela ne signifie tout simplement qu'il n'y a plus d'excès d'alcali (hydroxydes) et que le pH ne doit plus dépasser la barre de 10.

D'après moi, c'est cette saponification complète qui expliquerait que le savon issu de la méthode à chaud demeure plus stable que celui de la méthode à froid. En effet, ce dernier semble encourir un risque plus grand de séparation, d'après les témoignages lus aussi bien sur le forum Cream Soap que sur les forums Liquid Soap et Cold process Liquid Soap.



I) La préparation de la pâte de savon

'B) La cuisson de la pâte

1) Quelle température pour la cuisson ?
Sachant que :
- la température aide à accélérer le processus de saponification
- ne se pose plus le problème de sensibilité des ingrédients car de toute façon, les hydroxydes en détruisent une bonne partie
- dans la fabrication du traditionnel savon de Marseille, la pâte à savon est cuite jusqu'à 130°C (266°F) pendant plusieurs jours
- les préconisations des différents auteurs de savon-crème fait maison varient de 70°C (160°F) à 132°C (270°F)

je me suis longtemps posé cette question...jusqu'à ce que je fasse l'expérience d'une température élevée...à mes dépens
Effectivement, dépassés les 80°-90°C (176°-193°F), on a intérêt à surveiller sa pâte car, à l'instar du lait qui chauffe, elle gonfle et déborde ! Merci pour le gâchis et le nettoyage du matériel.

Personnellement, par paresse, j'ai adopté une température de 80°C (176°F) pour pouvoir "oublier" ma pâte au four sans causer de dégât.


2) Les méthodes de cuisson
J'en ai dénombré :
- au bain-marie (Catherine Failor, avec un double boiler)
- avec une mijoteuse (crockpot)
- au four : méthode qui apparaît comme celle la plus communément adoptée par les forumeurs de Cream Soap
- au micro-ondes : méthode non conventionnelle que personnellement j'ai découverte avec le savon liquide et que depuis j'ai adoptée avec bonheur car elle raccourcit le temps de cuisson


3) Le matériel à utiliser
selon les méthodes :
- double boiler à couvercle hermétique, qui peut aller au four
- un crockpot (mijoteuse peu utilisée en France)
- 2 casseroles l'une dans l'autre, en bain-marie
- un grand plat pouvant aller au four et au micro-ondes

De l'inox de préférence, jamais d'aluminium.
Même l'émail peut être sensible à l'action corrosive des hydroxydes. C'est ainsi qu'une participante du forum Liquid Soap a dû renoncer à utiliser pour la cuisine, son crockpot dont l'émail s'est définitivement imprégné des couleurs de ses savons en cuisson.
Pour le plat au four et micro-ondes, pas de plastique même bien dur et épais (j'ai ainsi fait fondre une bassine). Il est conseillé d'utiliser un plat transparent (pyrex) pour permettre la surveillance de la pâte et en prévenir tout débordement.


4) La procédure de cuisson
De nouveau, je vous conseille de vous reporter aux différents liens donnés au début du post où sont abondamment détaillées les différentes étapes de cuisson avec photos à l'appui.

Personnellement, je trouve la méthode au bain-marie de Catherine Failor...peu souple et casse-pied : trop de précautions à adopter, beaucoup de vaisselle à nettoyer, une surveillance constante du risque de débordement.
C'est pourquoi la méthode au four est le plus souvent adoptée.
C'est également celle que j'ai utilisé tout en limitant la température à 80°C (176°F) pour ne pas avoir à surveiller la pâte. La contrepartie d'une telle température basse est que c'est...loooong ! Pour mes premiers savons liquides, l'opération pouvait durer plus de 6 heures. Pas très économique quand même...

Depuis, j'ai trouvé le moyen de réduire ce temps de cuisson : l'utilisation du micro-ondes. J'y mets le plat en pyrex qui contient ma pâte (depuis le début de la fabrication), je tourne le bouton Marche sur 1 ou 2 minute(s), en fonction Mijoteuse, je laisse la pâte se refroidir un peu, puis je réactionne le micro-ondes. Ainsi de suite, de nombreuses fois. Jusqu'à obtention d'une consistance de vaseline translucide *.
Si je n'oublie pas ma pâte dans le micro-ondes, elle aurait atteint cet état au bout d'une 1/2 heure, au lieu des 3 heures régulièrement indiquées par Bekka et compagnie (qui optent pour le four à température élevée, entre 100° à 130°C (212° à 266°F).

J'ai lu que seule une cuisson traditionnelle est recommandée et que le micro-ondes crée un savon instable. Que nenni ! mes derniers savons élaborés avec ce matériel moderne et bien pratique n'ont pas bougé d'un iota.


Cuisson au micro-ondes


Evolution "morphologique" de la pâte pendant la cuisson :
1) Elle commence à "se détendre" pour prendre un aspect de miel lisse

2) puis recommence à s'épaissir

3) Petit à petit, la pâte va devenir translucide

On observe cette translucidité d'abord sur les bords. Puis peu à peu, elle gagne toute la pâte entière


Remarque : les différentes stades d'évolution montrées par les images ci-dessus ne sont pas toujours observées par les savonnières, elles dépendent des huiles utilisées. Ce qui est important, c'est le stade gel final (aspect translucide à la fin de la cuisson).

Je recommande d'atteindre ce stade de gel avant d'effectuer la dilution. Cet aspect de vaseline signifie que la saponification est complète et cela diminue fortement le risque de séparation ultérieure lors de la dilution.



Précautions à prendre lors de la cuisson

1) Il faut penser à mélanger la pâte de temps à autre. Selon les forumeuses de Cream Soap, tous les 1/4 ou 1/2 heure.
Pour elles, l'objectif est d'éviter la séparation des éléments, crainte permanente avec la manipulation du KOH.


J'avoue que je ne suis pas ces instructions à la lettre. Je suis tellement paresseuse que j'ai souvent oublié ma pâte au micro-ondes...Alors penser à la mixer régulièrement me demande un pas supplémentaire que j'ai tendance à...ne pas franchir...Mais ne suivez pas mon exemple.
En tout cas, ces "oublis" de ma part m'ont permis de vérifier qu'il n'y a pas eu de séparation. C'est là que réside l'intérêt d'obtenir une trace très épaisse : la saponification est très avancée, ce qui réduit considérablement le risque de désaponification.


Je pense que ces conseils de mélanger de façon régulière la pâte viseraient plutôt à prévenir le risque de débordement du savon, surtout que les forumeuses utilisent une température élevée.

En fait, pourquoi la pâte chauffée gonfle et déborde-t-elle ? Je cite l'explication donnée pour le lait mais qui s'applique en partie à notre cas :

La pâte est un mélange instable d'eau et de graisses. Alors vous pensez, une fois la casserole posée sur le feu, c'est la panique. La graisse vient s'accumuler au-dessus et forme ainsi une couche épaisse et hermétique. Reste l'eau qui est en contact avec le fond brûlant de la casserole. A ce niveau et lorsque la température sera suffisante, des bulles d'air vont se former et tenter une remontée vers la surface. Mais le chemin est bloqué. Alors elles vont devoir attendre d'être en nombre suffisant pour pousser tout ce petit monde vers la sortie. Et là, c'est la catastrophe !
Donc, pour arrêter un débordement en cours, il suffit de faire baisser la température (en sortant le plat du four ou du feu) et de touiller, donc de crever la couche épaisse qui fait barrage aux bulles d'air.

En la matière, la cuisson au micro-onde présente un avantage importante par rapport à la cuisson traditionnelle :
- la pâte est chauffée de façon plus uniforme (pas de fond plus brûlant)
- le temps de cuisson ne dure que 1 minute ou 2, donc suffisamment court pour qu'on puisse, sans trop s'ennuyer, rester devant le micro-ondes afin de surveiller la pâte et mettre immédiatement le bouton Marche sur la position Arrêt dès qu'on voit que la pâte gonfle...

En plus, par rapport aux autres méthodes de cuisson, une économie appréciable de vaisselle à laver : le même plat en pyrex est utilisé dès le début du processus (mélange d'huiles et d'hydroxydes) jusqu'à la fin de la cure.



2) Catherine Failor et Bekka conseillent de tester régulièrement le pH de la pâte à savon, notamment avec le Phénolphtaléine, un indicateur de pH qui vire au rose pourpre quand le pH est au-dessus de 10.
Procédure de test : prélever un peu de pâte, la mettre sur une serviette en papier, y mettre une goutte de Phénolphtaléine.
Si la couleur de la pâte est rose, le savon n'est pas encore "neutralisé", donc il faut continuer la cuisson.
Si la couleur reste incolore, signe que la pâte est "neutralisée", on peut passer au supercreaming.


Personnellement, j'avoue ne pas effectuer ces tests pourtant faciles et fiables car :
- je n'ai pas envie d'acheter cette fameuse phénolphtéine (il paraît qu'on peut s'en procurer dans les boutiques d'aquariophile) et j'ai la flemme... de sortir mon pH-mètre...
- en contrepartie, je pousse la cuisson au maximum, jusqu'à gélification * de la pâte, qui signifie que la saponification est complète.
Par contre, je teste toujours mes savons au stade final (avant et en fin de cure) avec un pH-mètre soigneusement calibré. Jusqu'à maintenant, ils ont tous un pH en-dessous de 10.




5) Le supercreaming
Cette opération consomme les ingrédients de la phase 4.
Il faut que la pâte soit chaude pour faire fondre l'acide stéarique, on la sort du four.
On y verse l'acide stéarique + glycérine, préalablement pesés.
On les mélange bien à la pâte et de nouveau au four pour un temps plus court (15 minutes), afin que l'acide soit bien fondu et incorporé.


Maintenant, on laisse le tout dans le four éteint mais encore chaud, jusqu'au lendemain au minimum (toujours le souci d'assurer la saponification au maximum avec la chaleur, afin d'éviter tout excès d'alcali),
avant de passer à l'étape de dilution afin d'obtenir le produit final : le savon-crème.




Remarque
Toute cette cuisson prolongée de la pâte, en plus de l'action de la soude, s'avère quand même...bien violente pour les additifs que les forumeuses de Cream Soap ont l'habitude de mettre à la trace. Je me demande ce qu'il en reste vraiment des ingrédients délicats comme le Panthénol...
Ne faudrait-il pas les incorporer plutôt au stade final de dilution comme le suggère Joseph Henry de Skin Esscentuals ?






* Parfois, certains ingrédients empêchent la pâte d'avoir cette apparence translucide. C'est par exemple le cas avec l'émulsifiant NatraMulse dans la recette "Coconut cream soap" de Bekka.

La preuve : voici l'évolution de ma pâte de savon 100% lard, qui a gardé sa couleur blanc laiteux jusqu'à la fin :

diane
La fabrication du savon-crème (3/3)


II) La dilution de la pâte de savon

On arrive à l'étape finale, la plus gratifiante.

La pâte le lendemain peut revêtir plusieurs apparences :
- toute sèche
- ou très épaisse
- comme du lait caillé flottant sur un peu de liquide épais.
Il ne faut pas se leurrer sur cette apparence. Avec le temps, la pâte va "s'assouplir" (relax and yield); Il faut surtout éviter d'ajouter trop de liquide,dans sa hâte de la rendre moins sèche et épaisse



1) Peut-on diluer tout de suite à la fin de la cuisson ?
L'avis général est...d'attendre, au moins 24h.
Certains préconisent même de laisser la pâte se reposer pendant plusieurs jours, le plat bien couvert d'un film plastique. Ce temps de cure permet à la pâte de devenir plus souple pour mélanger (et éviter l'incorporation de trop de liquide).


2) Quels matériels utiliser ?

De préférence...l'huile de coude : cuillère à manche longue, fouet manuel.
Peut être utilisé le mixer à pied (stick blend) alterné éventuellement avec le "whisk attachment" (fouet électrique ?).
Bekka déconseille "le mixer, de type Kitchen Aid Brand" (robot de cuisine ?). Car, je cite ses termes, il a l'inconvénient d'incorporer trop d'air, le savon-crème tombera quelques heures après et prendra la texture d'un marshmallow.

La règle est donc d'éviter d'incorporer trop d'air.


3) Quel fluide ?
Se reporter au paragraphe : les additifs lors de la dilution de la pâte.
Personnellement, j'ai adopté le jus d'aloé qui en plus de sa propriété hydratante, permet de faire baisser le pH.

La règle d'or à suivre à cette étape : incorporer très précautionnement les fluides, toujours en petites quantités à la fois. Le savon-crème change de consistance avec la cure, il vaut mieux attendre avant de mettre trop de liquide.


4) Procédures à suivre
Mélanger (avec un peu de liquide s'il le faut), jusqu'à ce que la pâte devienne souple pour l'utilisation du mixer à pied.
Utiliser le mixer à pied (stick blender), avec des mouvements verticaux (de haut en bas puis de bas en haut) afin d'éviter de trop y dissoudre de l'air.
Puis réincorporer du liquide (peu à chaque fois), remélanger. Ainsi plusieurs fois de suite. On peut utiliser alternativement le mixer à pied et le fouet manuel (ou whisk attachment).
Jusqu'à l'obtention de la consistance désirée.

Plus il y de liquide, plus le savon-crème se rapproche de l'apparence de beurre, puis de lotion.
Attention également au fait, que plus on incorpore de fluide, plus grand est le risque de séparation.

Evolution de la texture :