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A propos de l'utilisation des HE

L'équipe de modération et moi-même vous rappelons que les huiles essentielles (HE) ne sont pas des produits anodins. En effet, ce n'est pas parce qu'elles sont naturelles qu'elles sont sans danger, nous vous conseillons d'agir avec prudence lorsque vous en utilisez. En cas d'utilisation chez les femmes enceintes et les jeunes enfants, préférez prendre l'avis d'un professionnel.

Par ailleurs, les produits caustiques utilisés pour la fabrication de savon qu'il soit liquide ou solide sont dangereux et peuvent causer de graves brûlures, alors protégez-vous !
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Concevoir et fabriquer son savon liquide shampoing, gel douche...à base de KOH (potassium)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 09 décembre 2007 - 06:39

Vos observations et questions relative à ce dossier peuvent être laissées dans le post suivant :
Le savon liquide : Réactions et questions suite au dossier de Diane


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Préliminaires


Après m’être lancée avec succès dans la confection du savon solide avec de la soude (hydroxyde de sodium NaOH), j’avais envie de fabriquer du savon liquide et plus particulièrement du shampoing. En effet, déjà ne me tentait guère l’idée de me laver les cheveux avec du shampoing en barre, peu pratique à utiliser, il faut bien l’avouer. De là à persuader les autres membres de ma famille à s’en servir s’annonce une tâche impossible et donc inutile !

En quête d’informations, j’ai trouvé de très nombreux récits sur les difficultés de la fabrication du savon avec KOH ainsi que sur les résultats décevants obtenus : séparation fréquente, savon trouble, savon asséchant, savon trop liquide…Par rapport au savon en barre, il y a relativement peu de documentation et de recettes. Sur les divers forums, sont posées beaucoup de questions à propos des problèmes rencontrés mais les réponses, les astuces données (quand il y en a) ne permettent pas toujours de les résoudre. Les recettes sont plutôt rares et ne donnent pas toujours des produits finaux satisfaisants.

J’ai finalement fait l’acquisition du livre de Catherine Failor Making Natural Liquid Soaps et parcouru de nombreux sites sur le net, dont les 9.700 messages du forum Liquid Soap. J’ai ainsi acquis une base de connaissances qui m’a permis de me lancer dans la confection de savon liquide.
Où en suis-je dans l’expérimentation d’un shampoing idéal ? Points positifs : j’ai surmonté le problème de séparation, j’arrive à obtenir un savon épais et non asséchant. Mais je suis toujours à la recherche d’une recette de shampoing non asséchant mais qui ne soit pas trop lourd pour les cheveux…

Afin de donner un début de réponses aux nombreuses questions posées sur les différents forums, je vais mettre à la disposition des savonnières une compilation des informations que j’ai amassées lors de mes nombreuses lectures.
A l’instar du post sur le savon-crème, celui-ci va être long et rédigé au fur et à mesure de mon temps disponible. D'autant plus que la période chargée des fêtes arrive à grands pas.



Quelques remarques

1) ce dossier ne va pas vous donner des recettes toutes prêtes à être reproduites. Il vise à donner une base de connaissances pour vous permettre de concevoir votre propre recette de savon liquide et de savoir modifier une recette trouvée au hasard de vos lectures sur le net. ll sera donc long et détaillé et vous demandera une certaine patience dans sa lecture.

2) la confection du savon liquide (comme du savon crème) est délicate, il est vivement préconisé, avant de l'aborder, d'avoir déjà acquis quelques expériences dans la fabrication du savon solide (en barre).
3) c'est un savon qui exige de la patience, il n'est pas conseillé aux savonnières qui cherchent à tout prix réduire les temps de cure (et on verra que les savonniers préconisent 2 temps de cure…)

4) le dossier est une compilation des expériences faites par des savonniers américains qui ont à leur disposition de nombreux produits introuvables en France. Même s'ils apportent un plus au produit final, ils ne sont pas tous indispensables à la fabrication du savon liquide.

5) je ne suis pas chimiste et le matériel documentaire à ma disposition est en anglais, des erreurs peuvent se glisser. Cela peut-être :
- des erreurs d’interprétation de ma part
- des erreurs de la part des différents auteurs, mais que je n'ai pas détectées en raison de mes connaissances défaillantes en la matière.
Merci de me les signaler pour fin de correction.





PS : ce dossier sera dupliquée en même temps sur les deux forums : ici et le forum Faits maison de Mary

#2 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 09 décembre 2007 - 06:40

Plan
Cliquez sur le titre (en bleu) et vous arriverez directement au paragraphe concerné.


Bibliographie et liens

L’hydroxyde de potassium (KOH) : le réactif alcalin indispensable à la fabrication du savon liquide

La quadrature du cercle : le savon liquide idéal impossible à obtenir

Quelles huiles à utiliser pour le savon liquide ?
I) Du débat sur l'effet destructeur de la soude
II) Quelles huiles à utiliser pour le savon liquide ?

Le matériel indispensable, selon la méthode utilisée

La formulation du savon liquide : un choix constant entre l'esthétique et la douceur à l'usage
A) Le surgraissage
B') Le choix des huiles
C) Le choix des additifs en cours de rédaction...


L’utilisation d’un calculateur
I) Recensement des calculateurs sur Internet
II) Des explications sur le mode de fonctionnement des calculateurs
III) Mode d'emploi pratique de 3 calculateurs


Les différentes méthodes de fabrication du savon liquide

La méthode à froid


La méthode à chaud
I) La préparation de la pâte de savon
A) Mélange hydroxydes-huiles et brassage jusqu'à obtention de la trace épaisse
B') La cuisson de la pâte
II) La dilution de la pâte de savon
III) La fabrication de gels, méthode Catherine Failor (à l'alcool)

Les trucs et astuces pour améliorer le savon liquide final

Le pH des savons
I) Comment mesure-t-on le pH ?
II) Le pH des savons est forcément basique
III) Peut-on atteindre le pH neutre de 7 pour le savon ?
IV) Quels sont les moyens pour faire baisser le pH du savon ?
V) Le pH des différents savons fait-maison

Quels conservateurs pour le savon liquide (et le savon-crème) ?

Un hommage aux différentes personnalités dont les observations, recherches et les expérimentations sont à la source de ma présente "petite" synthèse

Quelques recettes éprouvées de shampoing et de gel douche

Quelques autres expériences de fabrication de savon liquide

#3 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 09 décembre 2007 - 07:13

Bibliographie et liens


La bible à avoir
Making Natural Liquid Soaps de Catherine Failor : méthode à chaud

Image IPB



Tutorials sur la méthode à froid
Technique : savon liquide de Nadyne

Tutorials illustrés par des photos (méthode à froid)
Pas-à-pas savon liquide facile de Thomaelle
CPLS tutorial sur le forum CP (Cold Process) Liquid Soap, rédigé par son administrateur Stuart.





Tutorials sur la méthode à chaud

Making Liquid Soap de Ellen Peacock, propriétaire de Ellen’s Essentials
Instruction pour faire du savon liquide de Derma-Nova
How to Make All-Natural, No-Alcohol Liquid Soaps de Snowdrift Farm
Tips and Techniques for making Liquid Soap de Marilyn Everingham, propriétaire de Paw-Made Soap Company
Liquid Soap from... scratch de Joseph Henry du site Skin Esscentuals

Tutorials illustrés par des photos (méthode à chaud)
Ma première expérience de savon liquide de Tometlou
Making liquid soap de Susanne’s Crafty Corner
Liquid Soapmaking de Pat Prenty, propriétaire de Essence Supply
Liquid soap Making tutorial– Crockpot style de Melanie Hayes, propriétaire de Herbal Soaps and Toiletries by RJ (edit 17/01/09 : site disparu, voir note en fin de page)
Make Liquid Soap par David Fisher du site Candle and Soap Making





Forums
Ma plus grande source d’information sur le savon liquide, le forum américain Yahoo Liquid Soap, pro-méthode à chaud, animé par de nombreux savonniers professionnels.
Sa section Files regorge des trésors précieux à télécharger : des recettes, des documentations, des astuces, des photos…

Le forum Faits maison où Mary donne des conseils dans la section Savonnerie et partage ses Trucs et Astuces.

CP (Cold process) Liquid Soap dont le créateur et administrateur est Stuart, propriétaire de Sungold Soap
Liquid Soap Tips and Troubles, dont le webmaster est David Fisher du site Candle and Soap Making





Quelques recettes trouvées sur le net
En plus des recettes qui sont données dans les tutorials précités, voici quelques recettes de savon liquide glanées sur Internet :
Recettes de Bergamotte, méthode à froid
Recettes de Liquid soap de Sugar Plum Sundries
Plusieurs recettes de Snowdrift Farm

De nombreuses recettes à télécharger de la section Files du forum Liquid Soap

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Edit du 17/1/09
Le site Herbal Soaps and Toiletries by RJ de Melanie Hayes ayant disparu, je me permets de reproduire ci-dessous sa recette afin que son travail ne disparaisse pas et demeure à la disposition des savonniers.

Liquid SoapMaking Tutorial - Crockpot Style , By Melanie Hayes (1/3/03)

Here is what I did, what I noticed, and how everything turned out. I also took photos of what I did, and they are posted for each step. It worked easily!

Recipe Used :
4 oz coconut oil
4 oz lard
8 oz sunflower oil
3.5 oz lye
6.4 oz water
32-48 oz dilution water

You will need:• Stick blender (I don't advise going at this one with a whisk or a wooden spoon, unless you want it to take FOREVER)
• Scale and bowls for measuring ingredients. (NO ALUMINUM!)
• Heat-safe bowl for mixing lye solution
• crockpot
• Protective gear - rubber gloves, goggles, long sleeves, pants, shoes, etc.

The Process:
1. Turn your crockpot on High, and start measuring your oils.

2. Put the oils in the crockpot to melt down, then measure your water and lye in separate containers.
3. While stirring the water, add the Potassium Hydroxide (instead of Sodium Hydroxide that is used in regular soap making). Stir the solution until it is dissolved.
NOTE: I noticed the lye solution for liquid soapmaking is not nearly as hot as sodium hydroxide solution is, and I had no problems with lye particles getting stuck to the bottom of the pyrex bowl I used - that's great in my book!

4. Slowly stir the lye solution into the crockpot of melted oils (make sure they are all the way melted first).
NOTE: People have said they hear a crackling sound - I'm not that observant, really - but I think it sounded a bit like rice crispies do in milk - it was pretty quiet really. Had I not been asked about it, I wouldn't have commented otherwise.
5. Stir like you would normal crockpot or hot process soap. I would stir for a little and do something else nearby for a while. The soap traced, but I kept stirring on occasion.
(This is not trace, but gives you an idea of how it will look at first when mixed.) Image IPB
6. The soap in a thick applesauce-like trace (see the spoon traces left in it?) - I think I could have added the water here, but I kept letting it sit until it got thicker. Image IPB
7. I started boiling some water for the dilution phase - which I heard was supposed to be 2 - 3 times the total oils in your recipe. I added this calculation to RJ's lye calculator for my own convenience.
8. The soap was pretty thick and I finally decided to add some water. (about 2 hours after I started) I did a tongue test to make sure I really had soap - and there was no tingle, so we're good there! Image IPB
9. I started pouring some of the water into the crockpot (32 ounces total), and the soap seemed to harden up some more - to my surprise. I was not pleased with this at first, however I was thrilled to see the bubbles show up when the two mixed! Image IPB
10. I decided to try and speed up dilution, using the stick blender in short spurts over the soap chunks while blending. A few minutes after doing this, ALL the soap was diluted, and I had a very frothy, bubbly crockpot of creamy soap!!!
Image IPB
11. I put the lid back on, and let it sit to get rid of some of the bubbles. After about 15 minutes, I have a nice creamy liquid soap that is turning out to be a nice thick gel!!!!

My observation:
This is not hard to make, and should be able to be made rather quickly. I took my precious time, but it turned out great. Seems to me this is JUST like making hot process soap - just cook it past the gel stage a bit (so you know you have soap and it won't separate for sure). Then add boiling water and use a stick blender to speed up dilution. This could easily be done in 1 1/2 - 2 hours I think, especially if you use oils that are known to speed up trace!


#4 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 10 décembre 2007 - 04:53

L’hydroxyde de potassium (KOH) : le réactif alcalin indispensable à la fabrication du savon liquide


A) L'hydroxyde de potassium (KOH)

Pour fabriquer le savon en barre, on utilise la soude : l’hydroxyde de sodium NaOH.
Mais pour le savon liquide, on utilise la potasse : l’hydroxyde de potassium KOH.
L’hydroxyde de potassium peut se présenter sous forme solide (paillettes, billes, poudre...) mais également liquide (solution moins concentrée).

Hydroxyde de potassium en pastilles

Image IPB

Hydroxyde de potassium en paillettes

Image IPB



Le KOH (Hydroxyde de Potassium) est difficile à trouver. Son transport est réglementé, l'envoi par la Poste est interdit.
Où peut-on en acheter ?

En France :
Inutile de le chercher en droguerie ou en magasin de bricolage, comme pour la soude.
Il paraît que certaines pharmacies accepteraient de vous fournir, mais en grande quantité et à prix d'or. Personnellement, je n'en ai pas trouvé.

Je m'en suis procurée à l'étranger, chez Soap Kitchen, à un prix défiant toute concurrence :
Potassium Hydroxyde (caustic potash flakes), Ref: 637 (tarif pour 500 g : 2£59)
Il sera livré par transporteur. Il vaut mieux donc acheter pour au moins 2 kg de marchandises afin d'amortir les frais de port.

J'ai également trouvé une autre adresse en France, que je n'ai pas testée :
Dousselin Geoffray & Jacquet réunis
Tel : 04 72 42 96 00
2 rue Gabriel Péri
BP 23
69270 Couzon au Mt d’Or
http://www.dousselin.fr/
contact@dousselin.fr

Réponse de leur part à mon mail du 23/10/07
Pour faire suite à votre demande, veuillez trouver ci-dessous notre meilleure offre concernant la fourniture éventuelle de :
Potasse Caustique écailles :
- en boite de 700 g au prix de 8.70 euros H.T la boite.
- en sac de 25 Kg au prix de 60.30 euros le sac.
Frais de port par DHL (attention : ce n'est pas la poste. Il faut une adresse de livraison avec toujours une personne pour réceptionner la marchandise) :
Pour 1 à 5 boites : 17.10 euros H.T.
Pour 1 sac de 25 Kg : 24.30 euros H.T.
Délai : marchandise disponible.

Au Canada :
On peut en trouver en ligne chez :
- Derma Nova à 4,95 $ le kg
- Noblessence à 6,99CAD le kg
Marie Rose indique sur le forum de Mary que Les savons Roby en vendent à Brompton.


En Belgique :
Hind indique sur le forum Les Plaisirs qu’en Belgique les drogueries en vendent, notamment la Droguerie Le Lion, rue Laachen à Bruxelles.




B') Et qu'en est-il d'une fabrication artisanale d'hydroxyde de potassium (KOH) ?
En raison de la difficulté de fourniture du KOH, certains se demandent s'ils ne peuvent en fabriquer eux-mêmes à partir des cendres de bois. J'avoue que cette idée...me fait frémir, je vais y répondre clairement : NON. Parce que même si elle est possible, on ne s'amuse pas à jouer l'apprenti sorcier !
Je me contente de recopier une réponse que j'ai donnée à ce sujet sur ce forum.

Je cite une discussion très instructive sur le forum chimie amusante :

Question :
Je voulais fabriquer de l'hydroxyde de potassium pour faire une saponification en utilisant la technique de la potasse (cendre de bois) filtrée à l'eau chaude car j'ai souvent lu que cela permettait à l'époque de fabriquer de l'hydroxyde de potassium car les cendres contiennent une certaine quantité de potasse.

Réponse :
Il faut se méfier des anciennes dénominations : le terme "potasse" désigne, dans le langage des droguistes ou dans les vieux livres pas très rigoureux, le carbonate de potassium K2CO2 et non pas l'hydroxyde KOH, tel que ce terme le désigne maintenant. Il en va de même pour la soude : les "cristaux de soude" ne sont pas de l'hydroxyde mais du carbonate de sodium...
Les cendres de bois contiennent bien du carbonate de potassium, mais mélangé à d'autres sels minéraux : il est donc nécessaire de recristalliser la solution après le lavage des cendres, pour obtenir des cristaux incolores d'une pureté appréciable.
Si tu laves les cendres avec de l'eau, tu vas dissoudre le carbonate de potassium contenu dans celles-ci. Mais celui-ci ne se transformera pas en hydroxyde comme ça... il faut le traiter par une base, comme l'hydroxyde de sodium pour que le radical OH- se lie à l'ion K+, pendant qu'un autre sel se formera avec les autres ions...
Ensuite, quand je disais qu'il fallait recristalliser la solution des cendres, c'est parce que celle-ci n'est pas pure (tu disais qu'elle était brune). Il faut donc la laisser s'évaporer jusqu'à ce que les cristaux, normalement blancs, se forment. (ils seront sans doute encore colorés, il faudra recommencer plusieurs fois...)


Question :
Cela veut dire qu'il y bcp de mensonges sur le net alors car bcp de sujet qui parle de fabriquer son propre hydroxyde de potassium. On parle de juste faire passer de l'eau chaude dans de la cendre de bois.

Réponse :
Il ne s'agit pas vraiment de mensonges quand des sites disent qu'on peut retirer de la potasse par lavage des cendres... il s'agit plutôt d'une imprécision due au flou du terme potasse, qui désigne aussi bien le carbonate que l'hydroxyde. Il suffit que quelqu'un qui ne s'y connaissait pas beaucoup en chimie ait lu qu'on pouvait retirer de la "potasse" des cendres pour qu'il ait cru qu'il s'agissait de la potasse "hydroxyde", ce qu'il a pu écrire sur son site et ainsi de suite... c'est comme ça qu'apparaissent des informations erronées...


Question :
Je voudrais savoir qui dit vrai et qui dit faux.
Perso je continue à croire qu'on fabrique bien de l'hydroxyde de potassium avec le principe d'eau chauffée sur de la cendre de bois car on m'a aussi dit que le carbonate de potassium ne produit pas de savon et la technique de la cendre permet bien de faire une saponification.

Réponse :
Chacun détient une part de vérité.
La cendre de bois contient un peu de KOH (hydroxyde de potassium) et beaucoup de K2CO3 (carbonate de potassium).Cette proportion peut varier beaucoup, mais la teneur en KOH ne dépasse jamais 10%. L'extrait de cendres, traité par l'eau, donne ce qu'on appelle une lessive de potasse (ou potasse tout court) et contient donc surtout K2CO3 et un peu de KOH.
Or, seul le KOH transforme l'huile végétale en savon.
Donc avec de la potasse (K2CO3 avec quelques pourcent de KOH) on peut faire un peu de savon. Mais pas beaucoup, car seule la partie de la potasse qui est KOH peut en faire. Le reste de la potasse (K2CO3) est une charge qui est inutile dans cette opération.
Mais on peut améliorer ce pourcentage. Si on traite la potasse par de la chaux, on transforme K2CO3 en KOH :
K2CO3 + Ca(OH)2 ---> CaCO3 + 2 KOH *
CaCO3 est insoluble dans l'eau. Donc en filtrant une lessive de potasse qui a été traitée par de la chaux, on obtient une lessive enrichie en KOH. Et avec cela on peut faire beaucoup de savon.


Question :
J'imagine que cette lessive plus concentré à l'air libre finira par retourner à l'êtat de K2CO3 ?

Réponse :
Tu imagines très bien la situation. KOH (hydroxyde de potassium) abandonné à l'air se transforme inéluctablement en K2CO3 (carbonate de potassium). On ne peut pas l'éviter.




* Scombax a donné le mode d'emploi pour fabriquer son KOH.
Reste le problème délicat du titrage exact en KOH d'une telle fabrication maison, avec un risque non négligeable de brûlure, le potassium KOH (comme la soude NaOH) est un produit caustique.



C) La combinaison des 2 alcalis : NaOH et KOH

On verra plus tard que Snowdrift Farm recommande l’ajout de NaOH en petite quantité afin d’obtenir un savon moins liquide.
Il préconise le ratio de NaOH de 1% (= 1% NaOH, 99% KOH) à 10% (= 10% NaOH, 90% KOH) à cet effet.

a) Son calculateur permet :
- d'effectuer cette combinaison de NaOH et KOH
- de faire varier le ratio NaOH : KOH

Il existe également d’autres calculateurs sur le net qui incluent cette combinaison des 2 alcalis :
b') Calculateur de Sherry Baker, conçu sur Excel

Image IPB

que vous pouvez télécharger dans la section Files du forum précité Yahoo Cream Soapmaking dont l’administratrice est Bekka.
C'est ce dernier que j'utilise car il permet de rajouter d'autres calculs : rajouter des huiles avec leur SAP, d'additifs divers.. Mais il faut connaître la manipulation de Excel.
En plus, il évite de devoir accéder à Internet pour effectuer les calculs.

c) Joseph Henry offre sur son site Skin Esscentuals 2 calculateurs :
Calculateur sous tableur à télécharger
Calculateur en ligne



Remarques

1) Il faut plus de KOH que de NaOH pour saponifier la même quantité d’huile. Tous les calculateurs prévoient l’utilisation de l’un des deux alcalis (= bases) : NaOH ou KOH.
Mais certaine huile peut ne pas figurer dans votre calculateur favori. Si vous arrivez à trouver sur le net son SAP pour l’un des 2 alcalis (le plus souvent pour le NaOH), il vous suffira d’effectuer l’opération suivante pour trouver le SAP avec l’autre alcali.
SAP (KOH) = SAP (NaOH) * 1,403
SAP (NaOH) = SAP (KOH) * 0,712

2) Le potassium (KOH), comme la soude (NaOH), est hygroscopique, c’est-à-dire qu’il a tendance à absorber l’humidité de l’air.
Aussi, il faut l’acheter dans un conditionnement étanche et l’entreposer en atmosphère le plus sèche possible.
D’après Steve Mushynsky de Summer Bee Meadow, cette propriété explique pourquoi Catherine Failor surdose la potasse afin de compenser les 10% d’eau contenue dans le KOH. Nous aborderons ce point plus longuement plus tard.

3) Le KOH est plus difficile à travailler que le NaOH. Il est plus soluble, ce qui en fait la base obligatoire pour obtenir un savon liquide mais cette grande solubilité entraîne les inconvénients suivants :
- un risque de séparation plus grand qu’avec le savon solide
- le savon potassique a tendance à être…trop liquide, d’où les astuces données par certains savonniers d’y ajouter du savon solide râpé ou du NaOH pour l’épaissir.

Ces caractéristiques expliquent pourquoi les risques d’échec sont plus importants dans la fabrication des savons liquides, par rapport au savon solide. D’où le très grand nombre de récits de ratages en la matière…

#5 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 14 décembre 2007 - 12:32

La quadrature du cercle : le savon liquide idéal impossible à obtenir

Qui ne rêve pas d’un savon liquide « naturel » qui est, à l'instar des savons du commerce, les syndets (SYNtetics DETergents) :
- transparent
- d’une belle texture épaisse
- non asséchant et doux à l’usage
- produisant une belle mousse ?


Catherine Failor clame qu’elle parvient à obtenir cette perle rare. Son livre Making Natural Liquid Soap montre des photos de flacons de shampoings et gels douche plus belles les unes que les autres, à vous damner votre âme !

Image IPB

Image IPB


Certes, ils sont esthétiquement beaux. Certes, ils paraissent épais à souhait.



Qu’en est-il en réalité ?
- La description par Ellen Peacok et par Marilyn Everingham de leurs déboires vous donne bien un aperçu des difficultés rencontrées dans la fabrication du savon liquide, selon la méthode Failor, sur 2 points : leur savon est souvent opaque et trop liquide.
- Rainette sur le forum de Mary témoigne :
« J'ai fait 5 recettes de savon liquide du livre de Catherine Failor et je les ai toutes bien réussies. Le seul problème c'est la mousse pour le bain, elle ne mousse pas vraiment dans le bain mais ça fait un bon savon ».


Mais surtout, malheureusement de l’avis de beaucoup d’utilisateurs, dont
- Orchidée
« A entendre Catherine Failor (ou plutôt à la lire), les cheveux sont merveilleusement nourris, souples et doux comme jamais avec un shampooing maison aux huiles adaptées. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, mais impossible d'avoir le résultat que je recherche, et vu le temps que prend la fabrication de shampooing liquide, c'est un peu décourageant. »
ou encore « Mes premiers shampooings liquides se sont avérés un peu asséchants pour mes cheveux »

le savon à la potasse est souvent…asséchant.



Pourquoi est-il asséchant ?

La clé de réussite de la transparence du savon de Catherine Failor, c’est l’absence totale d’acides gras qui viendraient troubler cette apparence cristalline. Pour y parvenir, elle ne fait aucun surgraissage. Et comme le KOH est hygroscopique et contient une partie d’eau qui le rend moins actif, elle le compense par un surdosage de potassium !

Ceci amène les résultats suivants :
- Qui dit surdosage de potassium, dit pH très basique. Aussi Catherine Failor doit toujours le neutraliser avec du borax ou de l’acide borique, l’acide citrique.
- Qui dit absence de surgraissage, dit savon moins doux à l’usage.
Le problème est que dès qu’on commence à opérer un surgraissage, il y a forcément des acides gras libres, la transparence du savon est alors compromise.




Conclusion
Les syndets (SYNtetics DETergents) du commerce, bourrés d’ingrédients chimiques, nous ont habitués à un cumul de caractéristiques des plus attractifs : un pH neutre, un bel aspect transparent mordoré, une belle mousse et un grand pouvoir détergent.

Malheureusement, on ne peut demander à la plus belle fille du monde que ce qu’elle a.
On ne peut pas obtenir d’un savon liquide maison ces mêmes caractéristiques. Il faut accepter un pH basique, une production moindre de mousse. Et si on tient à un savon liquide transparent, il faut accepter qu’il soit forcément plus asséchant.

Ces points seront souvent rappelés dans la suite de ma synthèse.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 27 décembre 2007 - 06:44

Quelles huiles à utiliser pour la fabrication du savon liquide ? (1/2)


Le savon n’est pas un produit naturel, c’est-à-dire qu’il n’existe pas en tant que tel dans la nature. Il provient d’une réaction chimique provoquée : la saponification des corps gras au contact d’une base forte, la soude ou hydroxyde de sodium NaOH pour les savons solides et le potassium ou hydroxyde de potassium KOH pour les savons liquides *.
Base + corps gras (huiles ou graisses) = savon + glycérine

Les matières grasses constituent le principal ingrédient des savons : elles représentent en volume plus ou moins 2/3 des matières premières. Aussi leur choix revêt une grande importance.

Pour que le choix de certaines huiles soit effectif, se pose alors la question de savoir ce qui reste des caractéristiques, donc des bienfaits des huiles dans ce processus destructeur qu’est la saponification.



I) Du débat sur l’effet destructeur de la soude
Effectivement, nous voyons souvent fleurir sur les forums le débat suivant : certains affirment que la soude détruit tout, d’autres espèrent qu’il en reste quand même quelque chose de ces bienfaits.

Pour y répondre, nous allons tout simplement regarder de près la composition biochimique des matières grasses.


A) Composition des corps gras
Les lipides sont constitués :

1) essentiellement d’acides gras :
Ils sont composés à 98% de triglycérides qui sont des combinaisons de trois acides gras fixés sur une molécule de glycérol (glycérine). La glycérine fait en quelque sorte le pont entre ces 3 acides gras.
Au cours de la saponification, les triglycérides sont attaqués par la soude et se décomposent pour donner des sels d'acides gras (savon) et de la glycérine.

Dans les huiles végétales et les graisses animales, les principaux acides gras sont :
l'acide laurique (acide gras saturé)
• l'acide myristique (acide gras saturé)
l'acide palmitique (acide gras saturé)
l'acide stéarique (acide gras saturé)
l'acide oléique (acide gras monoinsaturé)
• l'acide linoléique et alpha linolénique (acide gras polyinsaturé)
• l'acide arachidique (acide gras polyinsaturé)

Du point de vue du savonnier, les acides gras les plus importants sont l'acide stéarique, palmitique, oléique et laurique. Combinés à la glycérine, ils donnent respectivement la stéarine, la palmitine, l'oléine et la laurine.


2) et en quantité infime d’éléments mineurs :
Les 2% restants ** sont des éléments non glycéridiques et donc non saponifiables. Ce sont des phospholipides (lécithines, etc.), des stérols (cholestérol, ergostérol, etc.), des vitamines liposolubles (A,D,E,K), des cires, des hydrocarbures naturels (carotène, squalène,…). Cette fraction insaponifiable des huiles végétales a trouvé des applications en cosmétique pour ses propriétés biologiques intéressantes. Sa tolérance est bonne et elle peut être préconisée pour lutter contre le vieillissement cutané dans les pommades et les crèmes.

Mais dans un savon, leur action pour la peau est plutôt faible car :
- à part certaines matières grasses comme le karité, le jojoba…, ils y sont en proportion si peu importante, encore moins parce que l'action d'une base forte peut provoquer certaines autres transformations que la formation de savon.
- leur contact avec l’épiderme est très bref, le savon étant un produit qui se rince.

Les phospholipides sont composés d’acides gras libres.
Les vitamines sont insaponifiables, à part la vitamine A sensible à la chaleur et détruite pendant le processus de saponification.
Mais les vitamines D et K sont bénéfiques en usage interne, seule la vitamine E apporte de l’intérêt contre l'oxydation et le rancissement des huiles.




Nous allons étudier ce que les acides gras, composant principal à 98% des huiles, apportent au savon.
Je vais reprendre les explications développées par Lisette Caubergs dans son étude sur les aspects techniques, économiques et sociaux de la fabrication du savon en Afrique.


B') Les propriétés du savon sont conditionnées par les caractéristiques des acides gras qui composent les corps gras utilisés dans sa fabrication
Image IPB
La colonne intitulée « Poids moléculaire » donne en fait la masse molaire exprimée en g/mol
Données manquantes à ajouter au tableau, colonne "Poids moléculaire" :
Masse molaire de l’acide oléique = 282g/mol
Masse molaire de l’acide linoléique = 280g/mol



1) De l’influence des masses molaires des acides gras
Ce tableau donne un aperçu de la composition de quelques matières grasses.

Chaque corps gras a ses propres caractéristiques ou propriétés physiques qui sont déterminées par les masses molaires de leurs acides gras. Ces caractéristiques déterminent à leur tour en grande partie, les caractéristiques du savon, notamment le pouvoir moussant, le pouvoir détergent, l’effet sur la peau, la consistance, la solubilité dans l’eau, la stabilité de la mousse.

Avec l’accroissement de la masse molaire on peut noter :
- un accroissement de la solubilité du savon
- une amélioration du pouvoir moussant jusqu’à l’acide laurique (cf liste des acides gras). Après cet acide gras (c’est-à-dire pour les acides myristique, palmitique, stéarique, oléique, linolique, arachidique) on constate une diminution du pouvoir moussant.
- une amélioration de la stabilité de la mousse
- une diminution du pouvoir détergent
- une action plus douce sur la peau
- une diminution de la capacité de fixer des charges comme le silicate de sodium (un catalyseur ajouté à la fin de la saponification qui permet la stabilité de la forme du savon et augmente le taux de mousse par adoucissement de l’eau)

Pour comprendre les affirmations précédentes, à partir du tableau ci-dessus, prenons un exemple : analysons les propriétés de l’huile de coco et de l’huile palmiste. Elles contiennent une proportion importante d'acide laurique à la masse molaire relativement faible ; ces huiles ont donc comme caractéristique spécifique qu'elles produisent facilement de la mousse et qu’elles ont un pouvoir détersif important. Mais corollairement, elles rendent la peau rude. Aussi elles sont le plus souvent mélangées à d'autres huiles mais à des quantités limitées (de 10 à 20 %), d'une part pour s'assurer de la mousse et d'autre part pour ne pas nuire la peau.


2) Les acides gras insaturés donnent des savons plus émollients et conditionnnants
On remarque que les acides gras insaturés (monosinsaturés ou polyinsaturés) à masse molaire élevé (> 280g/mol) donnent des savons les plus hydratants. Ces huiles restent liquides à la température ambiante.
C’est le cas des huiles comportant en très grande proportion les acides oléiques et linoléiques : huile d’olive, amande douce, karité, pépins de raisin…

Image IPB
Ce tableau suivant donne un aperçu de certaines caractéristiques de quelques huiles individuelles.
L’art du maître savonnier consiste à mélanger différents corps gras afin d’obtenir un savon aux propriétés désirées. Pour un savon de lessive, il faut prévoir des huiles qui ont un bon pouvoir détergent et une mousse qui est assez stable. Pour un savon de toilette, il faut que l’effet sur la peau soit doux.


Le site Derma Nova donne des tables assez exhaustives sur les caractéristiques des huiles et des graisses et sur les propriétés des huiles dans le savon.


C) Conclusion : une réponse nuancée

Pour l’huile totalement saponifiée
Oui : les hydroxydes détruisent l’huile en tant que telle.
La saponification commence par la décomposition de l’huile en acides gras et en glycérine. L’huile en tant que telle n’existe donc plus. Les vertus propres à une combinaison particulière des composés de l’huile (dont essentiellement les acides gras) sont donc détruites.
Non : par contre, les hydroxydes ne détruisent pas les caractéristiques des acides gras.
Tout l’art de la savonnière sera de faire le bon mélange de corps gras selon les propriétés qu’elle recherche pour son savon, en étudiant les caractéristiques des acides gras qui les composent.

En cas de surgraissage
L’huile libre, non saponifiée garde ses propriétés en grande partie .


Remarques :
1) Pour la fabrication des savons, telle huile précieuse (souvent plus chère car plus rare) serait-elle plus recommandée, pour telle vertu propre à elle ? En fait, l’huile n’est qu’une composition d’acides gras qui comportent toutes les mêmes propriétés physiques, que l’huile en question soit précieuse ou d’utilisation courante !
Quant à l’argument d’éléments rares que certaines huiles précieuses comportent par rapport aux huiles plus communes, il faut une analyse plus fine :
- si ces éléments se trouvent en quantité très faible, leur action sur la peau sera tout simplement négligeable, dans un produit destiné à être rincé comme le savon.
- il faut étudier s’ils sont saponifiables ou non, donc s’ils risquent d’être décomposés ou non par le processus de saponification. Dans tel cas, ils perdent toutes leurs propriétés.
- il faut étudier leur fragilité vis-à-vis de la chaleur, comme le cas des vitamines A,B et C qui sont détruites lors de la réaction exothermique (qui produit elle-même de la chaleur) de saponification.


2) Mais de là à dire que le savon a des vertus curatives comme j’en ai vu vanter sur les forums et sur certains sites commerciaux des savons pour l’eczéma ou le psoriasis, il y a un pas que je…ne franchirai pas !

Je lis par exemple une publicité pour le savon d’Alep :
C’est donc un savon 100% végétal, sur gras, réputé pour sa douceur, sa longévité et son arôme puissant provenant de l'huile de baies de laurier. Il est particulièrement recommandé pour les peaux sensibles.
-L’huile d’olive utilisée pour sa fabrication, lave et nourrit la peau sans l’agresser ni la dessécher.
-L’huile de laurier apporte son action antiseptique, tonique, stimulante, désinfectant. a une action hyperémiante et antiparasitaire ; à appliquer sur furoncles, abcès , inflammations cutanées diverses et à utiliser contre les douleurs rhumatismales et névralgiques.
On l'utilise pour les infections et inflammations de la bouche, les infections cutanées, certaines maladies génito-urinaires et les mycoses.
Elle permet et accélère le processus de guérison et la cicatrisation aux niveau bouche, gorge et peau (ulcères).
C'est d’ailleurs la quantité et la pureté de cette l'huile essentielle (entre 8% et 48 %) qui confère à ces savons leur valeur et leur efficacité.

Étant 100% naturel, Le savon d'Alep est conseillé pour le nettoyage des peaux fragiles en cas :
. D’acné. D’eczéma. De psoriasis. De croûtes de lait. De peau sèche. De peau grasse. De pellicules. De mycoses. D' aphtes. De gingivites


Que l’huile de laurier ait une action hyperémiante (échauffante) et antiparasitaire dans une pommade appliquée à la peau, soit.
Mais qu’elle garde ces effets dans un savon où elle est complètement décomposée en acides gras et en glycérine et où elle reste peu en contact avec la peau, j’ai quelques doutes…
Il serait intéressant de connaître la composition biochimique exacte de l’huile de laurier pour analyser son efficacité réelle.

Par contre, on sait que l’élément principal du savon d’Alep est l’huile d’olive composée à 75% d’acide oléique à la masse molaire élevée (282g/mol), donc douce pour la peau. Or les peaux eczémateuses ont besoin d’un savon doux, hydratant.
A se demander si un savon de Castille à 100% d’huile d’olive et surgraissé, ne serait pas aussi efficace que le savon d’Alep pour l'eczéma ?




* Pour une explication plus technique : Saponification (Wikipédia)
** Se reporter aux pourcentages d'insaponifiables variables selon les huiles, dans le tableau de Mary Anne

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Posté 27 décembre 2007 - 03:18

Quelles huiles à utiliser pour la fabrication du savon liquide ? (2/2)

Revenons à nos moutons : quelles huiles à utiliser pour le savon liquide ?


II) Quelles huiles à utiliser pour le savon liquide ?

A) Propriétés recherchées dans tout savon, solide comme liquide
Tout d’abord, comme pour le savon solide, on recherche les mêmes propriétés pour le savon liquide :
- un bon pouvoir détergent
- une belle mousse abondante
- un effet doux et hydratant pour la peau

De nombreux sites donnent la description des caractéristiques des huiles et des graisses et leurs propriétés dans le savon. Bluetansy en a fourni une liste sur le forum de Mary.

En français :
Table des propriétés de huiles de Derma Nova
Acides gras présents dans les savons et propriétés données au savon , sur le blog de ZenBiloba
Huiles et savons de Julie, sur son blog « Ma nouvelle Nature »
Tableau 5 : Caractéristiques de savon fabriqué à partir de quelques huiles (page 28) de Lisette Caubergs

En Anglais :
Properties of soapmaking oils de Summer Bee Meadows
Soap making oils and their Characteristics de Cole Brothers
Soap characteristics (Oils properties chart) de Soap nuts
Oils properties for Soapmaking
Soapmaking : oils used de Canddle and Soap
Oils properties de Miller Soap
Liste des huiles préférées de Mary Anne accompagnée d’explications




B') Des considérations supplémentaires pour le savon liquide
En plus, pour le savon liquide, trois nouvelles considérations entrent en ligne de compte dans le choix des huiles :
- S’agit-il d’un gel douche ou d’un shampoing ?
- On veut obtenir une texture épaisse, tout au moins pas trop liquide
- Tient-on absolument avoir un savon clair et transparent ?

1) S’agit-il d’un gel douche ou d’un shampoing ?

Pour le corps, les huiles habituellement utilisées pour la fabrication du savon au sodium (savon solide) peuvent rentrer sans problème dans la composition du gel douche.
Mais le savon s’avère plus asséchant pour les cheveux que pour la peau, la formulation d’un shampoing s’annonce plus délicate que pour un gel douche.

En effet, lors de la toilette, le savon dissout la graisse constituant le film hydrolipidique qui recouvre la peau. La graisse est entraînée dans l'eau avec les saletés qu'elle contient. L'inconvénient est que le film hydrolipidique sert à protéger la peau et à retenir son eau. Le savonnage fragilise donc la peau, jusqu'à ce que le film hydrolipidique se reconstitue.
Après savonnage, les glandes sébacées reprennent une activité normale en quelques minutes et le pH initial de la peau puis le film hydrolipidique sont rétablis. Ce qui n’est pas le cas des éléments morts que sont les cheveux.

Pour les shampoings, on recherchera des huiles à propriété conditionnante et hydratante, notamment les oléagineux qui contiennent beaucoup d’insaponifiables. L’huile de coco et l'huile de palmiste, trop détergentes, sont déconseillées à fort dosage.


2) On veut obtenir une texture épaisse, tout au moins pas trop liquide
Les participants du forum Liquid Soap préconisent une utilisation modérée de l’huile de coco qui, bien que donnant une belle mousse, a tendance à produire un savon trop facilement liquide.


3) Tient-on absolument avoir un savon clair et transparent ?
Pour avoir un savon de couleur claire et translucide, les huiles comportant beaucoup d’insaponifiables seront limitées à une proportion de 2% par rapport au total des huiles.



C) Les matières grasses recommandées pour la fabrication des shampoings
Selon les expériences données sur le forum Liquid Soap, j’ai relevé l’utilisation des huiles suivantes pour la fabrication des savons liquides.

1) Pour le savon liquide en général
Zanypole a rédigé une petite note dans la section Files du forum Liquid Soap intitulée « What to expect from various oils ? »

Pour un savon clair et transparent : (liste non exhaustive, établie d’après les expériences personnelles de Zanypole)
- huile d’amande douce
- huile de noyaux d’abricot
- huile de ricin
- huile de ricin sulfatée+
- huile de noix de coco
- huile de lin
- huile olive
- huile palmiste (couleur blanche, extraite des amandes et non de la pulpe des noix de palme)
- rosine (colophane)
- huile de soja
- huile de tournesol+++

Huile de coco :
Peut-être utilisée dans une proportion plus grande que pour le savon en barre, de 30 à 80% du total des huiles. Le savon à l’huile de coco est un grand classique pour sa clarté, son pouvoir détergent et sa belle mousse. Il n’est pas asséchant à condition que l'huile de coco soit mélangée à d’autres huiles liquides qui doivent intervenir pour au moins 20%. Le meilleur est un dosage 50/50 (huile de coco/ autre huile).
A noter que le borax ne peut pas épaissir un savon qui comporte plus de 20% d’huile de coco.

Pour un savon transparent et doux : utiliser à fort pourcentage, des huiles liquides.
Utiliser le moins possible des huiles hydrogénées ++.

Huile de ricin : conditionnante, mousse abondante et stable.

Huile de ricin sulfatée + : hydratante. La seule huile qui permet d'avoir un savon liquide transparent, en surgraissage à la trace.

Huile d’avocat : contient des insaponifiables, mais donne un savon clair avec une mousse dense, une fois le savon est au repos.

Les beurres et les cires comportent beaucoup d’insaponifiables, permettent donc un savon hydratant mais en même temps le savon sera opaque. Si vous tenez à un savon transparent, ces corps gras ne doivent pas dépasser 2% du total des huiles.
On utilisera plutôt l'oléine de karité (fraction liquide du karité) que le beurre de karité.

Les insaponifiables regroupent des composés appelés stérols. Ils ont un effet émollient, hydratent la couche supérieure de l’épiderme et réduisent les cicatrices. Les stérols contenus dans l’huile d’avocat sont connus pour estomper les tâches brunes.
Les oléagineux qui contiennent le plus d'insaponifiables sont le beurre de karité, l’huile d’avocat, l’huile de jojoba.
Image IPB
Les cires comme le jojoba, ne doivent pas dépasser la proportion de 2% pour ne pas troubler la transparence du savon. Les alcools gras ne se dissolvent pas dans l’eau et forment une couche supérieure crémeuse et grasse au-dessus du savon.

La lanoline doit être utilisée en petite quantité, en raison du risque d'allergie.

Le suif, le saindoux, l’huile de palme ont un pouvoir détersif important et produisent une mousse stable. Mais l’acide stéarique et l’acide palmitique qui les composent rendront le savon opaque. Le saindoux donne un aspect laiteux au savon.
Astuce : fabriquer un savon composé à 100% de suif puis l'ajouter en petite quantité à un gel douche, il aidera ce dernier à ne pas se liquéfier pendant les mois d’été.

La rosine (colophane) entre 5% à 15% donne un savon de couleur ambre brune avec une très belle mousse. Elle a un effet émollient, rend le savon transparent et a un rôle de conservateur. Avec 5% d’huile de coco et 80% d’autres huiles liquides, elle produira un savon avec une mousse très abondante.
Peut-être allergisant.


2) Pour les shampoings en particulier :
Les matières suivantes sont souvent citées :

Les huiles liquides
- huile de ricin : douce, émolliente, conditionnante, mousse abondante et stable.
A le pH parmi le plus bas. Elle donne un savon liquide clair.
- huile de ricin sulfatée + : hydratante. La seule huile qui permet d'avoir un savon liquide transparent, en surgraissage à la trace.
- un peu d’huile de coco : pour son pouvoir nettoyant et obtenir une mousse
Son savon a un pH parmi les plus bas.
Inconvénient : elle donne un savon plutôt liquide, assez difficile à épaissir et souvent trouble.
- huile d’olive : émolliente, très conditionnante
- huile de tournesol+++ : donne un savon plus facile à épaissir avec une belle mousse
- huile de colza+++ : donne un savon plus facile à épaissir
- huile de chanvre est recommandée pour les cheveux fins. Inconvénient : elle rancit vite et comporte beaucoup d’insaponifiables et donne donc un savon opaque.
- Pépins de raisin pour gainer les cheveux fins
- huile de camélia (Nin-8')
- huile de son de riz (Nin-8')
- l'huile de kukui pour les cheveux secs (Nin-8')
- l'huile de graines de cumin noir (nigelle) (Nin-8')


Les beurres et les cires comportent beaucoup d’insaponifiables, permettent donc un savon hydratant mais en même temps le savon sera opaque. Si vous tenez à un savon transparent, ces corps gras ne doivent pas dépasser 2% du total des huiles
- beurre de karité : très hydratant, mais regraisse vite le cheveu
- beurre de cacao
- beurre de mangue est idéal pour les cheveux fins
- cire de jojoba

La lanoline apporte également beaucoup d’insaponifiables et est donc conditionnante. Mais elle donne une texture épaisse et opaque au savon.
Peut-être allergisant.

De mon expérience personnelle, à forte dose, les beurres et la lanoline donnent un savon parfait pour les cheveux secs mais qui s’avère un peu lourd pour les cheveux fins.

________________________________________________________________________________________________________________
+ Une mention particulière doit être faite à propos de l'huile de ricin sulfatée (Turkey Red Oil°°° ou Sulfonated Castor Oil).
Je reprends les explications données par le blog de Zinette et le site Summer Bee Meadow :
C'est une huile de ricin qui a été modifiée et de ce fait, devient totalement insaponifiable, elle ne subit aucune transformation pendant la saponification. D'où un fort pouvoir émollient et hydratant bien appréciable.
Elle a en plus l'unique propriété d'être complètement miscible à l'eau : une fois mélangée à l'eau, elle perd sa couleur et devient transparente ! Elle est donc la seule huile qu'on peut utiliser en surgraissage et qui permet de conserver le savon liquide transparent.
Dans la fabrication de savon, elle s'utilise dans l'ordre de 1% max. et rectifier l'hydroxyde de sodium.




++ Huiles hydrogénées = huiles qui subissent une hydrogénation, processus permettant d'augmenter la stabilité du produit en le rendant solide, comme dans le cas de la margarine contenant de l'huile hydrogénée.
°°° Anecdotiquement, le nom Turkey Red Oil vient de son utilisation dans la préparation de la teinture rouge pour les tissus.



+++ Certaines huiles (les huiles polyinsaturés notamment) ont tendance à rancir vite et comme la chaleur utilisée par la méthode à chaud accélère encore plus le phénomène, elles peuvent vous réserver des surprises désagréables : les fameuses DOS (dreaded orange spots), les tâches de rouille qui s'observent dans les savons en barre.
Dans le savon liquide, le DOS est...unique : toute la pâte elle-même revêt une belle couleur orange et dégage une odeur désagréable d'huile rance !

Image IPB Image IPB

Ce malheureux résultat a été obtenu avec une recette composée de :
huile de colza =23%
huile de tournesol=33%

huile de son de riz=11%
huile de coco=33%
La méthode utilisée est la méthode à chaud.

Le soupçon se porte sur :
- l'huile de colza dont l'étiquette mentionne "Ne pas chauffer"
- l'huile de tournesol dont Michèle insiste sur le risque de rancissement dans sa recette du savon du débutant
La littérature savonnière pointe souvent le doigt sur ces 2 huiles comme étant responsables des DOS :
Mary du forum Soins naturels et artisanat
http://www.soapnaturally.org/DOS.html
http://www.helium.co...d-orange-common
David Fisher de Canddle and Soap évoque aussi l'huile de son de riz.


Conseils : il est préférable d'utiliser l'huile de colza et de tournesol
- dans une proportion moindre
- y ajouter un anti-oxydant comme la vitamine E ou l'extrait de romarin (S. M. Cavitch utilise de l'extrait de pépins de pamplemousse)
- la méthode à froid si on y tient à en mettre une grande proportion pour leur qualité émolliente

Il est à noter qu'un savon liquide qui a ranci reste utilisable... pour le nettoyage du sol par exemple (en raison de l'odeur très forte d'oxydation).

#8 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 02 janvier 2008 - 04:09

Le matériel indispensable, selon la méthode utilisée

Je reprends en grande partie le texte écrit pour le savon crème

La saponification
Qu'est-ce que la saponification ?
En simplifiant avec des termes compréhensibles : la saponification est la réaction chimique entre des acides gras (composants principaux des huiles) et une base (alkali) très forte (= la soude ou la potasse) qui donne comme résultat, le savon et la glycérine *
La trace signifie que la saponification est amorcée.


Pour accélérer la saponification, on utilise 2 procédés :
1) maintenir une température élevée, ce qui explique que :
- pour accélérer l'arrivée de la trace, on conseille d'élever la température des huiles
- la méthode à chaud permet d'obtenir rapidement un savon fini ; dans la méthode à froid, il faut un temps de cure plus long.

2) agiter le mélange huile-soude (ou huile-potasse) pour permettre un contact plus étroit entre les molécules d'huile et les molécules de soude (ou potasse) et ainsi favoriser la transformation chimique.
C'est pourquoi il faut touiller, touiller ...
D'où l'utilité d'un mixer électrique : il permet un brassage plus efficace et accélère l'arrivée de la trace ou rend la trace plus épaisse rapidement.
Et quand l'ajout de certains additifs (fragrances...) accélère la trace, il faut arrêter l'utilisation du mixer électrique et passer à un brassage manuel.


La saponification est un processus irréversible
Une fois amorcée, la saponification ne s'arrête que quand il n'y a plus l'un des 2 produits :
- l'huile : exemple d'un savon trop fortement dosé en hydroxyde
- l'hydroxyde : cas d'un savon surgraissé



Malheureusement les savonniers constatent les phénomènes suivants :
1) La saponification avec KOH est instable, ce qui a tendance à provoquer la séparation des huiles et de l'eau !
2) Le KOH est soluble dans l'eau, mais trop, ce qui donne un savon final souvent trop liquide.


D'où l'astuce préconisée par plusieurs : en plus du KOH, l'utilisation d'une petite quantié de soude (NaOH), qui fait un peu de savon au sodium (savon solide), moins soluble dans l'eau. Ce qui permet d'épaissir le savon liquide



Des constatations précédentes, on comprendra l'utilisation de 2 outils indispensables (selon les méthodes de fabrication) :

1) le mixer électrique pour les 2 méthodes à froid et à chaud : le brassage doit donc être constant, à chaque étape de la fabrication. Vous pouvez certes le faire manuellement, mais il faut vraiment avoir de bons biscotaux !
Donc, vous pouvez deviner que le brassage va être un processus long qui risque de mettre votre mixer à rude épreuve.
Mais on peut régulièrement arrêter le mixer et reprendre le brassage plus tard. Afin d'éviter sa surchauffe et le préserver ! comme j'ai expliqué ci-dessus, la saponification est un mécanisme irréversible. Donc, la saponification continue quand même pendant l'arrêt du brassage, lentement mais sûrement.

2) des appareils de cuisson pour la méthode à chaud :
Au choix : un crockpot ou deux marmites pour le bain-marie, l'une dans l'autre.
Crockpot (populaire au Canada mais peu utilisé en France) Image IPB

(Pour moi : un contenant en pyrex supportant la chaleur et dont les parois transparent permettent de suivre les différentes étapes de transformation de la pâte à savon).
Plusieurs méthodes de cuisson possibles : au bain-marie, au four (et pour moi : au micro-onde)



* pour des explications plus techniques, voir Wikipedia

#9 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 26 février 2008 - 09:18

La formulation du savon liquide : un choix constant entre l'esthétique et la douceur à l'usage (1/2)

La formulation d'un savon comprend des décisions à plusieurs niveaux :
- au niveau des hydroxydes : pratiquer un surgraissage ou non ? combine-t-on les alcalis : KOH et NaOH ?
- au niveau des huiles : quelles huiles choisir ? quelles proportions pour chacune d'elles ?
- au niveau des additifs : incorpore-t-on des additifs ? lesquels ?

A maintes reprises, j'ai souligné que selon la formulation, le savon liquide peut s'avérer asséchant, surtout pour les cheveux.
Le problème ne se pose pas pour la fabrication du savon en barre grâce au surgraissage, parfois à des taux très importants (j'en ai vu à 20% !).
Mais pour le savon liquide, nous verrons que s'opposent constamment 2 aspects :
- l'esthétique d'un savon translucide mais asséchant
ou
- la douceur d'un savon plus émollient mais opaque.



A) Le surgraissage
Surgraissage ou pas ? La réponse dépend de l'importance que vous accordez à l'esthétique du savon liquide.

1) Pour un savon transparent : pas de surgraissage
Pour des raisons esthétiques (obtenir un savon transparent), le surgraissage n'est pas adopté car il laisse subsister des acides gras libres qui viennent opacifier le savon. Catherine Failor pousse même plus loin le raisonnement : elle surdose le KOH, ce qui est équivalent à un sous-graissage ou un "surgraissage" négatif.

La raison de ce surdosage en KOH est donnée par David Fisher sur le site Canddle and Soap Making. L'hydroxyde de potassium vendu dans le commerce n'est pas pur :
- il contient environ 10 à 11% d'eau du fait de sa nature hygroscopique (= il a tendance à absorber l'humidité de l'air)
- il comporte également d'environ 1% de carbonate de potassium K2CO3. Ce pourcentage augmente avec le temps car le KOH en contact avec l'air se transforme inéluctablement en Carbonate de potassium.
J'ai déjà développé ces 2 caractéristiques plus haut dans ce fil.
C'est pour contrebalancer ces pourcentages d'eau et "d'impuretés" que Catherine Failor ajoute 10 à 12% de KOH en plus dans sa formulation, afin qu'il y ait suffisamment de réactif basique pour neutraliser tous les acides gras.

Il est à noter que ces "impuretés" se retrouvent également dans la soude NaOH utilisée pour la fabrication des savons en barre. Mais elles ne sont pas gênantes car le savon solide est de par sa nature opaque.
Sauf pour le savon transparent, pour lequel ce précepte est également appliqué. Catherine Failor a d'ailleurs édité en premier son livre "Making Transparent Soap" dont les expérimentations lui ont permis de consolider ses connaissances en matière de fabrication du savon liquide et d'écrire son fameux "Making Natural Liquid Soaps".
Susan Miller Cavitch dans "THE SOAPMAKER'S COMPANION" surdose elle aussi le NaOH dans la formulation de ses savons en barre transparents. Une de ses recettes est utilisée par Bichon sur son blog La pépite d'or, où la soude (NaOH) est surdosée à ...12% !

Steve Mushynsky de Summer Bee Meadow, chimiste de formation, a été le premier à expliquer la raison du surdosage de Catherine Failor. Il en a donc tenu compte dans l'élaboration de son calculateur. Il y a mis la mise en garde suivante : "Lye calculations are adjusted to assume typical purity of available NaOH and KOH supplies". Aussi, il faut tenir compte de ce caractéristique si vous voulez l'utiliser : la quantité d'hydroxyde y est toujours plus importante que celle des autres calculateurs.


Conséquences implicites de ce surdosage en KOH :
- le savon méthode Failor a un pH très basique. Aussi, Catherine Failor préconise toujours :
* une cuisson très longue afin d'assurer une saponification la plus complète possible (qui en plus permet d'assurer la transparence du savon)
* une mesure de pH en fin de cuisson afin de vérifier s'il faut prolonger la cuisson ou non
* une "neutralisation du pH" avec du borax ou de l'acide borique, pour le rendre moins basique.
- son savon s'avère plutôt asséchant, encore plus pour les cheveux dont le film hydrolipidique décapé par le lavage, met plus de temps à se reconstituer par rapport à l'épiderme.
Ceci est également vrai pour le savon en barre transparent qui certes, est très beau mais ne peut pas avoir la douceur d'un savon en barre surgraissé.

Catherine Failor admet le surgraissage par l'huile de ricin sulfatée (sujet développé ici, à la fin du message), aux propriétés hydratante et miscible à l'eau, qui devient transparent, une fois mélangée à l'eau. Ce surgraissage permet de garder l'aspect cristallin du savon liquide. Mais il est limitée à 1% et ne peut donc pas être équivalent au surgraissage beaucoup plus important des savons en barre.

Donc, vous devez constamment faire le choix entre :
- l'esthétique, donc surdosage de KOH,
et
- la douceur du savon liquide, donc surgraissage.


2) Pour un savon doux : surgraissage...mais avec un risque possible de séparation !
Si l'aspect cristallin du savon liquide n'est pas votre priorité, vous pouvez procéder à un surgraissage, à l'instar du savon en barre.

Seulement, dans le monde du KOH, rien n'est simple : il apparaît que le surgraissage peut provoquer la séparation des huiles et de l'eau ! Même à 0% de surgraissage, ce risque peut survenir : Caroline Guenette, une savonnière professionnelle et régulière participante du forum Soins Naturels et artisanat de Mary, en a fait l'expérience selon le compte-rendu détaillé sur son blog Les savons et petites douceurs de Caroline.

Les savonnières du forum Liquid Soap restent souvent dans une fourchette prudente de 2% à 5% * de surgraissage. Personnellement, j'ai expérimenté un surgraissage de 6% sans problème.


* Certaines savonnières du forum Liquid Soap rapportent qu'elles ont obtenu un savon absolument transparent avec un surgraissage de 1% (Alicia Redden) et de 2% (Carrie). Elles en sont étonnées elles-mêmes, mais il semblerait que ce résultat n'est pas constant et que ce n'est pas toujours la règle. Cela dépend probablement du choix des huiles utilisées également.



B') Le choix des huiles
De nouveau, se pose le choix entre l'esthétique ou la douceur du savon liquide.
Dans le paragraphe "Quelles huiles à utiliser pour la fabrication du savon liquide", il a été indiqué que les matières grasses riches en insaponifiables qui rendent le savon hydratant ne doivent pas être incorporés à plus de 2%, sous peine de rendre le savon opaque : l'huile d'avocat, le beurre de karité, la lanoline, la cire de jojoba, le beurre de cacao, le beurre de mangue. Seules les huiles suivantes en sont l'exception : l'huile de ricin sulfatée et l'huile de colophane (rosine) - la dernière donnant un savon couleur ambre brun et est source connue d'allergène.

Par contre, les acides gras insaturés permettent de concilier les deux aspects. Ce sont, entre autres : les huiles d'olive, de ricin (particulièrement recommandé pour les cheveux et qui donne un savon translucide), de soja, de tournesol, de colza, de chanvre ...
Mais ces huiles poly-insaturés présentent un grand risque de rancissement. Se reporter à la fin du paragraphe Quelles huiles à utiliser 2/2, sur les problèmes des DOS (Dreaded orange spots) ou "tâches de rouille".

#10 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 05 mars 2008 - 04:37

La formulation du savon liquide : un choix constant entre l'esthétique et la douceur à l'usage (2/2) en cours de rédaction

La formulation d'un savon comprend également la décision d'incorporer des additifs, et lesquels.


C) Le choix des additifs
Curieusement, la littérature et les témoignages récoltés sont peu diserts à ce sujet. Contrairement au savon-crème, où les additifs sont extrêmement nombreux et variés.

J'explique ce fait par deux hypothèses :
1) la richesse de la littérature en matière d'additifs provient essentiellement du forum Cream Soap, dont l'administratrice est Bekka, qui éprouve une vraie passion pour ce produit et en a effectué de très nombreuses expérimentations dont elle fait un partage généreux sur son forum.
2) la littérature sur le savon liquide est fortement influencée par Catherine Failor dont l'obsession première est l'obtention d'un savon transparent. Or il apparaît que l'adjonction d'additifs peut venir troubler cet aspect translucide si chèrement obtenu.
Ce qui n'est pas le cas du savon-crème qui de par nature est...opaque, tout comme le savon en barre. Ce qui permet une facilité plus grande en matière d'expérimentation.


L'incorporation des additifs répond à plusieurs objectifs :
- préserver l'aspect limpide du savon liquide
- rendre le savon plus hydratant pour la peau ou le cheveu
- utiliser les additifs pour leurs propriétés propres comme agent exfoliant, agent traitant


a) Les solvants pour un savon transparent
Catherine Failor les appellent des "sequestering agent" qui permettent de "séquestrer" les acides gras libres. Ce sont :
- le sucre
- l'alcool (éthanol ou isopropyl alcool),
- la glycérine.

Lorsque le savon liquide est un peu trouble à cause des acides gras libres, on ajoute ces solvants en petite quantité afin de l’éclaircir.
Je reprends les explications de C. Failor sur leur mode d’action : ils dissolvent les « cristaux » de savon, les maintiennent en suspension et permettent ainsi à la lumière de se propager, comme dans une substance transparente. Ils permettent donc d’abaisser le point de trouble (point de nuage, en anglais « cloud point » = température à laquelle certaines particules de savon cessent d’être solubles à l’eau et commencent à précipiter, donnant une apparence trouble).

Ces solvants peuvent être incorporés en raison de 5% du savon dilué, seuls ou combinés.

Ue mention particulière pour la glycérine. Elle est en plus un humectant et un émollient en raison de sa nature hygroscopique (qui absorbe l'humidité ambiante).


b') Des additifs pour rendre le savon moins asséchant
Ces additifs peuvent être incorporés à plusieurs stades :
- à la solution d'ydroxyde
- dans les huiles
- à la trace lors de la saponification
- au stade final de la dilution de la pâte à savon
Le dernier choix est le plus souvent pris car il préserve la qualité des additifs de l'effet destructif du KOH et de la saponification.


paragraphe en cours de rédaction...

#11 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 02 juin 2008 - 01:44

L’utilisation d’un calculateur (1/2)

Quand nous nous lançons dans la fabrication d’un savon, nous pouvons nous contenter de copier une recette toute faite...et encore. Car si une huile vient à manquer ou si nous voulons changer les quantités, que devons-nous faire ?
Très vite, l’utilisation d’un calculateur s’avère nécessaire dès que l’envie nous prend de concevoir nos propres formules afin de déterminer les quantités d’hydroxydes, de liquide, de fragrances, de conservateurs… Certes, nous pouvons les calculer manuellement ou élaborer un calculateur sur tableur (Excel…), mais pourquoi nous compliquer la vie quand Internet nous offre une multitude de calculateurs prêts à l’emploi.


I) Recensement des calculateurs sur Internet
J’ai répertorié les suivants :

A) Calculateur pour un hydroxyde (NaOH ou KOH) utilisé seul

En ligne, tous en anglais
Le fameux calculateur MMS Sage, bien connu des savonnières
Rainbow Meadow
Soap Calc (permet une combinaison de 9 huiles)
Soap Calc (permet une combinaison de 18 huiles)
Cranberry Lane
Soap Crafter
Summer Bee Meadow : attention, ce calculateur opère la méthode de surdosage des hydroxydes Catherine Failor, c’est-à-dire qu’il augmente automatiquement les quantités d’hydroxydes de 10%, par rapport aux autres calculateurs
Bramble Berry
Suds N’ Scent


Hors ligne : en français
Calculateur de Bluetansy : je préfère vous diriger vers la page idoine de son blog qui devrait donner le lien mis à jour des changements de site d’hébergement
Calculateur de Michel Martel
Calculateur de Aurélie

Remarque :
Certains calculateurs ne donnent que la quantité de NaOH. Il vous suffit alors d’effectuer le calcul suivant :
Quantité de KOH = quantité de NaOH * 1,403



B') Calculateurs qui permettent l’utilisation de deux hydroxydes (NaOH, KOH) seuls ou simultanément : en anglais

Calculateur de Snowdrift Farm

Les 2 calculateurs de Skin Esscentuals :
Calculateur sous tableur à télécharger
Calculateur en ligne


Le calculateur sous Excel de Sherry Baker
que vous pouvez télécharger dans la section Files du forum précité Yahoo Cream Soapmaking de Bekka.
Comme beaucoup d'entre vous rencontrent des problèmes d'inscription et d'accès au forum Yahoo Cream Soap, j'ai mis en téléchargement ce calculateur sur le site d'hébergement Savefile.com, dont les liens sont donnés ici. J'y ai donné quelques traductions en français de noms d'huiles.



Vous pouvez vous étonner que les différents calculateurs ne donnent pas la même quantité d’hydroxyde pour la même recette. Ceci tient dans le mode de calcul des calculateurs : ces différences (peu importantes en principe) proviennent des valeurs de SAP retenues qui peuvent s’avérer différentes selon les calculateurs.
Pour comprendre ce point, revenons sur le mode de calcul des calculateurs.




II) Des explications sur le mode de fonctionnement des calculateurs
Les calculateurs ne sont qu’une calculatrice simple qui utilise les 4 opérations arithmétiques de base : l’addition, la soustraction, la multiplication et la division ! Ils permettent d’automatiser ces calculs fastidieux à la place de l’utilisateur.
Rentrons dans le détail du calcul de l’hydroxyde pour une recette donnée.

La formule de calcul d’un hydroxyde donné (NaOH ou KOH) est :
Quantité d’hydroxyde nécessaire = (quantité d’huile 1 * SAP de l’huile 1) + (quantité d’huile 2 * SAP de l’huile 2) + (quantité d’huile 3 * SAP de l’huile 3) + …


A) A propos de la SAP des huiles
SAP (SAP Value - Saponification value - Valeur de saponification ou indice de saponificition) : la quantité, en milligrammes, d’hydroxyde de potassium (KOH) requis pour saponifier un gramme d’huile.

Plusieurs enseignements sont à connaître à propos de la SAP :


a) Pour la même huile : une SAP pour le NaOH et une SAP pour le KOH
Pour la même huile, il y a une SAP pour la soude (NaOH) et une SAP pour le potassium (KOH).
Les sites donnent facilement le SAP pour le NaOH mais pas pour le KOH et...parfois le contraire. Il suffit alors d’effectuer les calculs suivants :
SAP (KOH) = SAP (NaOH) * 1,403
SAP (NaOH) = SAP (KOH) * 0,712


b') la SAP n’est qu’une valeur moyenne
Ce qu’il faut retenir est que la SAP n’est pas constante : comme la composition de la même huile varie (légèrement) selon le terroir, la température, les semences utilisées, l’année de récolte…, sa SAP varie dans les mêmes conditions. Sans compter que la qualité de l’hydroxyde utilisé a également une influence dans le processus de saponification.
Sur la demande de leurs clients savonniers, les fournisseurs d’huiles font des tests pour déterminer cette SAP qui va varier dans une fourchette de valeurs ; par simplification, ils vont en calculer une valeur moyenne publiée par les sites. Exemple : les SAP données par Wikipedia se situent toutes dans une fourchette donnée de valeurs.

Ceci explique :
- pourquoi la SAP d'une même huile peut varier selon les fournisseurs, donc selon les sites
- pourquoi les résultats donnés par les calculateurs peuvent être différents.
Mais en principe, l’écart entre les différents SAP pour la même huile devrait être peu importante.

Ce qui faut donc retenir est que la valeur de SAP d'une huile donnée n’est somme toute, qu’une valeur moyenne. Ce n’est pas la peine de vous prendre la tête quand vous trouvez plusieurs valeurs de SAP du genre 198 et 193 pour la même huile ! Certaines recettes ne citent pas d’huiles précises mais mentionnent « soft oils » par exemple. Et dans certaine mesure, elles…n’ont pas forcément tort.
Attention, je ne veux pas dire qu’un calculateur n’est pas nécessaire ! Car :
- il vous donne un ordre de grandeur de la quantité d’hydroxyde à utiliser
- la SAP peut être très différente d’une huile à une autre : la SAP (KOH) est de 0,325 pour l’huile de coco et de 0,092 pour la cire de jojoba, la quantité de KOH nécessaire pour saponifier l’huile de coco est 3,5 fois plus importante que pour le jojoba !

Pourquoi une telle variation de SAP d'une huile à une autre ? L'explication est donnée ci-après.


c) La SAP dépend de la structure en acides gras qui composent les huiles
Je reprends les explications données par Walton Feed.
Je vous ai parlé plus haut de la composition des huiles en acides gras qui possèdent des chaînes carbonées plus ou moins longues (de 4 à 28 atomes de carbone). Les acides gras à chaîne carbonée longue (= avec un nombre important d'atomes de carbone) nécessitent moins d’hydroxyde pour être saponifiés. Plus une valeur SAP est élevée, plus l’acide gras en question est à chaîne courte. Comme la plupart des huiles sont composées d’acides gras de chaînes carbonées C18, les valeurs SAP tournent dans les environs de 136 -140.

Pour illustrer mes propos, reprenons l’exemple précité de l’huile de coco et de l’huile de jojoba.
Composition de l’huile de jojoba en nombre d'atomes de Carbone et %
C16:0 1.2%
C18:1 10.1%
C20:0 71.3%
C22:1 13.6%
C24:1 1.3%

Pourcentage des acides gras de l’huile de coco
Acide caprylique C8 8.86%
Acide caprique C10 6.17%
Acide laurique C12 48.83%
Acide myristique C14 19.97%
Acide palmitique C16 7.84%
Acide stéarique C18 3.06%
Acide oléique C18:1 0.76%
Acide linolénique C18:2 4.44%
Acide arachidiqueC20 0,05%

La cire de jojoba est composée à 71% de chaîne de carbone longue (C20) et nécessite effectivement moins d’hydroxyde (SAP = 0,092) que l’huile de coco constituée à 49% de chaîne carbonée courte C12 (SAP = 0,325).


Comme la composition en acides gras d’une huile n’est pas constante, son indice SAP varie légèrement selon le lot d’huile utilisée. Et nous voilà revenus aux explications données ci-dessus : b') la SAP n'est qu'une valeur moyenne.


d) Quelques listes de SAP
Vous pouvez trouver les SAP sur des listes plus ou moins exhautives données par les sites suivants :

En anglais
Soap Calc
Catania Spagnia
Soap Kitchen
Miller Soap
Essential 7
Elaine C White

En français
Derma Nova
Lys blanc de Venus
Codina




B') A propos des unités de mesure utilisées par les calculateurs
Disons-le clairement : l'unité de mesure (grams, kg, ounces, lb) est sans importance. Faites un test : vous entrez les quantités des huiles, la première fois en grammes, la seconde fois en ounces, vous verrez que le résultat donnent les mêmes résultats d'hydroxyde et de liquide.
Il suffit de rester dans la même unité de mesure du début jusqu'à la fin. Donc, si vous avez oublié de cocher grams au lieu de oz, mais que vous avez inscrit des quantités en grammes, il suffit de lire le résultat en grams, même s'il est mentionné en oz !



C) Au cas où l'on veut utiliser une solution d'hydroxyde au lieu de la soude (ou de la potasse) en granulés
Certaines savonnières préfèrent utiliser une solution de soude toute prête (souvent à 30%) vendue dans le commerce. Elles se trouvent alors désemparées car la plupart des calculateurs n'indiquent que la quantité d'hydroxyde en granulés (ou en billes).

Il suffit d'effectuer le calcul suivant :
- solution d'hydroxyde à 20% = quantité d'hydroxyde en granulés / 0,2
- solution d'hydroxyde à 30% = quantité d'hydroxyde en granulés / 0,3
- solution d'hydroxyde à 40% = quantité d'hydroxyde en granulés / 0,4
etc...

Un exemple pratique : vous obtenez une quantité de NaOH de 1,34 g avec le calculateur
--> solution de NaOH à 30% = 1,34 / 0,3 = 4,47 g
--> solution de NaOH à 40% = 1,34 / 0,4 = 3,35 g



D) Une précision supplémentaire concernant le résultat final des calculateurs (quelqu'ils soient)
Question : quand on a une recette dont on est sûr de la quantité d'hydroxyde (vérifiée avec un calculateur),
si on veut réduire uniformément la quantité des huiles par 2, par 3 (ou au contraire l'augmenter par 2, par 3, etc.), faut-il repasser par le calculateur pour avoir les nouvelles quantités de lessive (conseil que je lis souvent sur les forums) ?

Réponse : non.
Il suffit de diviser (ou de multiplier) par 2, par 3, etc. la quantité d'hydroxydes de la recette initiale (= de faire une règle de trois).
C'est ce que se contente de faire la fonction Resize Recipe du calculateur MMS Sage, à la fin de la page 2 (page des résultats).


Voici l'explication (que vous pouvez zapper) :
La propriété distributive de la multiplication permet la factorisation du coefficient de réduction ou d'augmentation des huiles.
Cette explication est également valable pour l'interchangeabilité des unités de mesure utilisées (grams ou oz...).

Ex: dans la recette initiale
A = quantité de soude = Q1(huile1) * SAP1 + Q2(huile2) * SAP2

Je veux diviser les quantités Q1 et Q2 des huiles par 2 :
Soit B = la quantité de soude de la nouvelle recette = Q1(huile1)/2 * SAP1 + Q2(huile2)/2 * SAP2
La mise en facteur du coefficient 1/2 nous donne :
B = 1/2 [Q1(huile1) * SAP1 + Q2(huile2) * SAP2]
B = 1/2 A


#12 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 02 juin 2008 - 09:08

L’utilisation d’un calculateur (2/2)

Nous allons voir comment utiliser certains calculateurs.
J'ai choisi 3 calculateurs particuliers :
- pour l'utilisation d'un seul hydroxyde (KOH) : MMS Sage, bien connu des savonnières
- pour l'utilisation d'une combinaison des 2 hydroxydes (KOH et NaOH) : Snowdrift Farm, simple d'utilisation et le calculateur hors ligne de Sherry Baker, version modifiée très complète


III) Mode d'emploi pratique de 3 calculateurs


A) Calculateur pour un hydroxyde (KOH) utilisé seul : MMS Sage
Je ne vais pas trop m'étendre sur le fonctionnement de ce calculateur MMS Sage car pratiquement toutes les savonnières l'utilisent pour la fabrication des savons en barre.

Juste 2 rappels :

1) Dans la partie "Solid Form Lye"
Cocher : Potassium Hydroxide (KOH)

2) Fonction Resize Recipe
Cette fonction du calculateur, pourtant bien pratique, est souvent méconnue. Comment l'utiliser ?
Vous allez entrer les quantités en pourcentage (sans le signe %) à la première page puis cliquer sur le bouton "Calculate lye".
Une fois que le résultat est donné à la page 2, à la fin de la page, vous allez utiliser la fonction Resize Recipe : dans la partie "Resized Batch", vous indiquez la quantité totale des huiles que vous voulez saponifier et vous cliquez sur le bouton "Resize Recipe".
Le calculateur va vous donner les quantités à mettre pour chaque huile ainsi que la quantité d'hydroxyde à utiliser.



B') Calculateur pour une combinaison d'hydroxydes (NaOH et KOH) : Snowdrift Farm
Je recopie ici une partie des explications que j'ai déjà données sur ce calculateur de Snowdrift Farm, dans mon post Concevoir puis fabriquer le savon-crème.
Il est très simple à utiliser.

1) Enter % Sodium hydroxide (NaOH)
Une fois le pourcentage de NaOH entré, le pourcentage de KOH se calcule automatiquement : 100% - % NaOH
Ces pourcentages reflètent le ratio NaOH : KOH.
Pour épaissir le savon liquide, Snowdrift Farm préconise un % de NaOH de 1 à 10%.


2) Enter lye discount
Entrez le taux de surgraissage.


3) Enter units
Aucune importance : cf les explications vers la fin du message précédent : B') A propos des unités de mesure utilisées par les calculateurs .
Si vos quantités sont des grams, le volume de liquide devra être lue en ml.
Si vos quantités sont des oz, le volume de liquide devra être lue en fluid oz.


4) Is this a cream soap ?
Répondez No.


5) Résultat (donné) pour le volume de liquide à utiliser
Pour le savon liquide, seul est retenu le volume à la ligne "Batch water"
(est donc ignoré la ligne "Cream soap water")

Comment cette quantité a-t-elle été calculée ?
- batch water = total des huiles (en poids) * 0,36, résultat en ml ou fluid oz


Ce mode de calcul appelle 2 remarques :
a) comme le calculateur Sage, Snowdrift Farm passe allègrement d'une unité de poids (grs ou oz) à une unité de volume (ml ou fluid oz).
Ceci est vrai quand il s'agit de l'eau avec une densité de 1 --> 1ml d'eau pèse 1g.
Mais si on remplace l'eau par d'autres fluides dont la densité est plus forte, l'équation est erronée, mathématiquement parlant.

b') le calculateur de Snowdrift donne une quantité de liquide plus importante que 2 autres calculateurs : Sherry Baker et Skin Esscentuals.
Sherry Baker et Skin Esscentuals font leur calcul à partir du poids des hydroxydes et non des huiles comme Snowdrift :
- Sherry Baker : poids des lessives * 4 à 8
- Skin Esscentuals : poids des lessives * 6. Et en plus on divise cette quantité par 2, la moitié pour diluer les hydroxydes, l'autre moitié pour diluer la pâte finale.




Alors quelle quantité de liquide doit-on utiliser ?
Je dirais qu'au début, vous pouvez prendre n'importe quelle quantité de liquide donnée par un calculateur quelconque. Vous l'affinerez par la suite, avec vos expériences. En effet selon le mode de cuisson, l'évaporation d'eau sera plus ou moins grande, la quantité de liquide à utiliser pour la dissolution des hydroxydes sera plus ou moins importante.
De toute façon, vous pouvez toujours rectifier au stade final : si la pâte est molle et souple avec assez d'eau restant après la cuisson, vous aurez peu de liquide à ajouter. Dans le cas contraire, vous incorporez (petit à petit) du liquide jusqu'à l'obtention de la texture désirée.

Si vous utilisez un double boiler bien hermétique qui minimise l'évaporation d'eau, vous pourrez diminuer fortement la quantité de fluide. Personnellement, j'ai constaté que ma pâte cuite au micro-ondes (sans aucune couverture du plat) a subi une forte évaporation d'eau et est devenue très sèche, j'ai dû ajouter beaucoup de liquide pour la diluer en stade finale.



6) Résultat (donné) en quantité de glycérine, à ajouter aux huiles (ou à la trace légère)
Comme on a répondu "No" à la question "Is this a cream soap ?", aucune quantité n'est indiquée à cette ligne.
Mais rien ne nous empêche d'ajouter aux huiles une quantité de glycérine car c'est un excellent hydratant et émollient qui permet d'atténuer l'effet éventuellement asséchant du savon liquide.

Sherry Baker préconise une quantité de glycérine à incorporer dans les huiles = total des huiles * 30% (voir mode d'emploi ci-dessous de ce calculateur).



C) Calculateur pour une combinaison d'hydroxydes (NaOH et KOH) : calculateur hors ligne de Sherry Baker
J'ai mis la version originale et une version modifiée de ce calculateur hors ligne en téléchargement. Les liens sont donnés ici.


1) Les modifications apportées sont les suivantes (cliquez sur les images pour les agrandir et voir les annotations) :

a) La feuille de calcul est protégée pour éviter toute modification malencontreuse et involontaire. Comme la protection est faite sans mot de passe (pour les connaisseurs d'Excel), pour la déprotéger, il suffit d'utiliser la fonction Outils / Protection / Oter la protection de la feuille de calcul.
Les données (quantités d'huiles, SAP des nouvelles huiles, ratio NaOH : KOH, taux de surgraissage) sont à être entrées dans les cellules jaunes.

b') Ajout de 4 nouvelles huiles, la source des SAP est donnée à droite de la page.
Le tableau est conçu de telle manière que vous pouvez ajouter vous-mêmes toute nouvelle huile, il suffit de connaître son SAP.

Image IPB


c) Possibilité d'entrer un taux de surgraissage (superfat).
Exemple : vous entrez le chiffre 5 --> le taux s'affiche automatique en pourcentage : 5%

d) Possibilité d'entrer un ratio de NaOh : KOH
Exemple 1:5
Vous entrez 1 à la ligne NaOH et 5 à la ligne KOH.

Image IPB


2) Comment utiliser le calculateur de Sherry Baker ?

Rien n'est plus parlant que des images.
(Cliquer sur les vignettes pour les agrandir)


Où entrer :
- les quantités d'huile
- un ratio NaOH : KOH
- un taux de surgraissage
Où trouver les quantités d'hydroxyde à prendre
Image IPB

Où trouver les quantités :
- de liquide de dilution des hydroxydes
- de glycérine à ajouter aux huiles
- de liquide de dilution de la pâte à savon (chiffres indicatifs)
Image IPB

#13 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 03 juin 2008 - 12:44

Les différentes méthodes de fabrication du savon liquide

La fabrication du savon liquide comporte 2 étapes :
- préparation de la pâte de savon à partir d'un mélange d'huiles et d'hydroxydes. Trois précédés y sont possibles.
- dilution de cette pâte de savon pour obtenir le produit final. Cette étape est la même quelque soit la méthode utilisée précédemment.

La 1ère étape "préparation de la pâte" peut être effectuée de 3 manières possibles :
1) la méthode à froid
2) la méthode à chaud par cuisson sans alcool
3) la méthode à chaud par cuisson à l'alcool



La 3ème méthode : cuisson de la pâte à l'alcool
Catherine Failor la décrit dans son livre "Making natural Liquid Soap" sous le nom "The alcohol/lye method". Ce procédé dérive de la méthode de fabrication du savon solide transparent qu'elle a développée dans son premier livre "Making transparent soap".
D'après C. Failor, les avantages de ce procédé (avec alcool) par rapport à la 2ème méthode de cuisson (sans alcool) sont :
- elle est plus "facile" (sic !) car l'alcool, un solvant, permet une parfaite dilution de la pâte de savon qui, devenue ainsi beaucoup moins compacte, ne nécessite plus d'être brassée constamment. C. Failor la qualifie d'ailleurs de "no-stirring method".
- elle est plus rapide (2 heures de cuisson au lieu de 3)
- elle produit un savon liquide plus transparent (qui est l'obsession de C. Failor !). Car l'alcool permet d’abaisser le point de trouble (point de nuage, en anglais « cloud point » = température à laquelle certaines particules de savon cessent d’être solubles à l’eau et commencent à précipiter, donnant une apparence trouble).

Mais je ne développera pas la 3ème méthode pour les raisons suivantes :
- C. Failor est la seule à la décrire.
- sur le forum Liquid Soap, les rares participants qui l'ont adoptée...l'ont vite abandonnée
- et pour cause : non, ce n'est pas une méthode "facile", elle est tout simplement très fastidieuse ! Rien que lire les procédures nécessaires suffit à m'ôter toute envie de fabriquer le savon liquide...



La méthode à froid
Malgré certains avantages, cette méthode est beaucoup moins utilisée que la 2ème méthode à chaud. Peut-être parce que la séparation des phases est inhérente à ce procédé, d'où une perte plus ou moins importante de matière ?
Un forum lui est dédié : CP Liquid soap, à vrai dire peu animé, dont le webmaster est Stuart, propriétaire de Sungold Soap.
Bien que je ne l'aie jamais utilisée, je vais quand même lui consacrer un petit paragraphe.



La méthode à chaud sans alcool
C'est la méthode la plus populaire, celle qui apparemment a fait ses preuves et qui est décrite sur les forums et les sites des savonniers. Ce procédé est communément utilisé par les savonniers professionnels des forums Liquid Soap et Cream Soap.
C'est la méthode que j'ai adoptée et que je vais développer plus particulièrement.
Par la suite, quand je parle de "Méthode à chaud", il s'agira de la méthode à chaud sans alcool.

#14 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 04 juin 2008 - 08:50

La méthode à froid

Comme indiqué précédemment, cette méthode est peu documentée. Elle apparaît être peu utilisée par les savonniers.
Je ne l'ai pas adoptée moi-même. Je vais néanmoins vous donner des explications sur ce procédé.
J'ai traduit les instructions que j'ai trouvées sur 2 forums : CP Liquid soap (Cold process Liquid soap) et Craftserver


I) Instructions données sur le forum CP Liquid Soap
Le forum CP (Cold process) Liquid Soap est créé et administré par Stuart, propriétaire de Sungold Soap, fervent défenseur de cette méthode à froid, à l'air ambiant, qu'il surnomme "Ambient cold process".

Un mot sur la gestion de ce forum : il est inutile d'aller chercher les instructions sur le forum...car Stuart supprime régulièrement tous les messages et les quelques photos qu'il a publiées ! Du coup, vous n'y trouverez qu'une page maximum de bla-bla sans grand intérêt.
Pour obtenir les instructions, il faut mettre un message en ligne adressé directement à cpliquidsoap (= pseudo de Stuart) qui va vous détailler les étapes successives...au compte-goutte (et qu'il s'empresse de supprimer peu de temps après).
Il a poussé le vice jusqu'à désactiver son e-mail pour que les questions ne puissent être posées que sur le forum lui-même. Personnellement, je pense qu'il a choisi la mauvaise méthode pour promouvoir son forum et sa méthode. C'est dommage car le procédé présente des avantages certains.
Les informations que je vais vous donner proviennent de ma documentation personnelle que j'ai sauvegardée pendant de ma longue recherche de renseignements sur la fabrication du savon liquide.



Traduction libre des instructions données par Stuart
(Vous trouvez en note de fin de page, les instructions intégrales en anglais du "Ambient CPLS soapmaking guidance")

La méthode à froid du savon liquide est similaire à la méthode à froid de la fabrication du savon en barre.

Etape 1 : préparation de la pâte
Préparer une solution d’hydroxydes avec :
- un surgraissage de 3 à 4%.
- une quantité d’eau : poids de KOH * 2,9.
Il faut une température ambiante au-dessus de 70°F (21°C), température optimale 80°F (32°C).
S’assurer que toutes les huiles et beurres soient bien fondues. S’il le faut, réchauffer les beurres solides avant de les mélanger au KOH.

Brasser le mélange KOH – huiles avec un mixer à pied, de façon périodique. Nul besoin de le faire de façon continue.
Dans un délai variable de 15 à 300mn (= 5 heures), on doit obtenir une pâte avec une texture de mayonnaise. Laisser la reposer à chaleur tiède toute la nuit.
Puis la laisser en cure pendant une semaine avant de passer à la prochaine étape : la dilution.


Etape 2 : dilution
La quantité d’eau utilisée pour la dilution : 200% maximum du poids total des huiles.
La dilution va prendre un certain temps.
On remue le mélange de temps à autre, tous les jours. Cela aide à accélérer la dilution.


Etape 3 : séparation
On doit voir que le mélange se sépare en 2 couches :
- une couche du dessus composée d’une "crème" blanche, qu’on va enlever
- le reste en dessous de couleur ambre : le savon qu’on va garder

Morceaux de savon de couleur ambre, surnageant la couche crémeuse Image IPB
Gros morceau de savon séparé de la "crème" Image IPB



Une méthode efficace est de “pomper” le savon : mettre le mélange à reposer dans un large flacon avec pompe (voir photo jointe). Une fois que la séparation s’est effectuée, pomper la couche en dessous pour la séparer de la partie crème du dessus.

Séparation : montée de la "crème" vers le dessus du flacon à pompe Image IPB Savon final dans le flacon à pompe Image IPB



Astuces
Si le savon liquide est trouble, on peut adopter les astuces suivantes :
1) ajouter de l’eau :
- soit lors de la préparation de la pâte
- soit lors de la dilution de la pâte. Une quantité d’eau égale au double du poids des huiles devrait être suffisant.
2) Augmenter le temps de cure pour que la séparation soit complète.

Ne jamais chauffer le mélange car cela peut empêcher la séparation.
Parfois, le résultat final est un savon trouble (non translucide), mais c’est inhabituel.


Remarque :
Vous avez probablement constaté que les instructions ci-dessus sont plutôt succintes et avares en détails qui pourtant seraient d'un grand secours aux débutants.
Les informations données sur le forum Craftserver sont heureusement plus détaillées
.




I) Instructions données sur le forum Craftserver
Vous trouverez les instructions en anglais données par Lindsay Goodwin, une savonnière professionnelle propriétaire de Body Language soap dans ce fil de discussion du forum Craftserver.

Traduction libre des instructions données par Lindsay Goodwill

Mise en garde
Je n’ai jamais utilisé la méthode à chaud. J’ai lu des douzaines de fois le livre de C. Failor « Natural Liquid Soapmaking » mais je n’ai jamais essayé ses méthodes.
Je ne connais que la méthode à froid. Le processus est certes plus long, mais exige moins de manipulations. C’est une obligation dans mon cas en raison de la présence de mes petits garçons.
Ce tutorial n’est fondé que sur mes expériences propres. Je surgraisse à 1-2%, ce qui me permet de ne pas avoir recours à la neutralisation.
Le résultat final est un savon clair, mais pas translucide. J'en suis satisfaite.

Etape 1
Choisissez votre recette. J’ai fait plein d’expérimentations amusantes. Pour cette étape, le livre de C. Failor m’a été utile par ses explications sur les propriétés des huiles.

Etape 2
VERIFIEZ VOTRE RECETTE AVEC UN CALCULATEUR.
Personnellement, j’utilise MMS Sage, mais n’importe quel calculateur fera l’affaire. D’après mes souvenirs, les recettes données par Failor sont légèrement surdosées en potasse et nécessitent l’étape supplémentaire de la neutralisation.

Etape 3
Mélangez la potasse avec de l’eau et réservez-la.
Chauffez les huiles solides pour les faire fondre puis mélangez-les aux huiles liquides pour faire baisser leur température.

Etape 4
Vous pouvez immédiatement ajouter la solution de potasse aux huiles car le KOH ne monte pas aussi haut en température que le NaOH.

Etape 5
Maintenant, brassez le mélange potasse-huiles avec un mixer à pied à n’en plus finir !
Attention, la trace sera plus longue à arriver qu’avec le savon en barre. J’ai l’habitude de mixer pendant 1 minute ou 2 puis je fais une pause de 10-15 mn avant de reprendre l’opération plusieurs fois de suite.
Même quand vous obtenez la texture de pâte épaisse, continuez à mixer. Car après la pause, vous trouverez peut-être que le mélange s’est de nouveau séparé. Vous allez atteindre le stade où vous ne pourrez plus mixer, tellement la pâte est dure. Mélangez alors à la main jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de déphasage.
Chaque recette réagit de façon différente. Personnellement, j’ai eu un batch de 100% olive qui s’est continuellement séparé pendant…4 heures !

Etape 6
Une fois que le mélange ne se sépare plus, couvrez la pâte et laissez-la reposer en un lieu sûr.
Avec la méthode à chaud, la cuisson accélère la saponification qui est complète à la fin du processus. Avec la méthode à froid, on laisse au temps d’effectuer la saponification qui va s’opérer toute seule d’elle-même.
Je laisse la pâte en cure pendant 1 à 2 semaines, 1 semaine seulement si je suis impatiente, 2 à 3 semaines quand il m’arrive de l’oublier.

Etape 7
Après cette période de cure, je dilue la pâte avec de l’eau distillée bouillante qui permet d’accélérer la dilution. Malgré cela, ce processus peut prendre plusieurs jours jusqu’à une semaine (je vous ai dit que la méthode à froid est un loong procédé).
J’ajoute l’eau en plusieurs fois, remue le mélange puis donne quelques coups de mixer.
Puis de nouveau, je le laisse en cure.

Etape 8
J’ai eu plusieurs batches qui présentent une couche crémeuse sur la partie supérieure, d’autres pas du tout. J’ai des difficultés à bien séparer le savon en dessous de cette partie crémeuse. La prochaine fois, je vais essayer de le « pomper ».
Une fois, j’ai un savon fini qui se sépare de nouveau. Je l’ai mis de côté pendant plusieurs mois sans rien faire, eh bien, j’ai retrouvé un savon clair non déphasé.


A la fin de son exposé, Lindsay Goodwin ajoute :
Il y a un forum Yahoo dédié à la méthode à froid. Mais son propriétaire, eh bien, n’a jamais été d’une grande aide. Il ne donnait pas d’instructions, ou se retirait quand il devrait donner des conseils. Aussi, j’ai quitté ce forum.




III) Quelques autres expériences de cette méthode à froid (en français)

Je vous renvoie à des témoignages trouvés sur les blogs :
Technique : savon liquide de Nadyne
Pas-à-pas savon liquide facile de Thomaelle
Savon liquide ma méthode de Caroline, une participante régulière du forum québécois Faits maison de Mary

Attention, au cas où vous voulez adopter la recette donnée par Nadyne (et utilisée par Thomaelle) : elle comporte trop de liquide qu'il faut fortement diminuer. Ce qui explique pourquoi la trace a été si longue à venir (et dans le cas deThomaelle, pas de trace du tout !) et pourquoi leur savon est si liquide.
A ce propos, vous pouvez vous reporter à ma discussion avec Mahan qui a également adopté cette méthode pour son premier savon liquide :
Début de la discussion
Suite de la discussion




IV) Les avantages et inconvénients de la méthode à froid

A) Avantages de la méthode à froid
Cette méthode présente des avantages certains :

1) elle a une étape de moins : la cuisson. Cette étape peut-être en elle-même fastidieuse et longue de plusieurs heures (c'est pourquoi, j'ai adopté cet appareil béni des dieux : le micro-ondes :P ).

2) la suppression de cette étape permet d'être moins présent dans la cuisine et de se consacrer à d'autres tâches. Les mamans de petits enfants l'affectionnent particulièrement car elles ont rarement plusieurs heures seules sans avoir leurs gamins tournoyant dans les pattes, afin de se consacrer entièrement et en pleine sécurité à la fabrication du savon !
  • Comme l'a écrit Lindsay Goodwin : "Le processus est certes plus long, mais exige moins de manipulations. C’est une obligation dans mon cas en raison de la présence de mes petits garçons".
  • Voir également témoignage de Mahan

3) elle est donc particulièrement recommandée aux débutants car plus facile et exigeant moins de manipulations.


B') Inconvénients de la méthode à froid
La suppression de l'étape de cuisson entraîne les inconvénients suivants :

1) le processus entier est plus long : la saponification n'a pas pu être accélérée par la chaleur de la longue cuisson. Il faut donc laisser un long temps de cure à la pâte pour que la saponification se fasse et soit complète.
Remarque : pendant cette période de cure, continuez à brasser le mélange de temps en temps pour mettre les molécules d'acides gras en étroit contact avec la potasse. Cela permet d'accélérer la saponification (jusqu'au stade final de gel : la pâte devient translucide.

2) il semblerait que la séparation soit inhérente à cette méthode. Ce qui fait une perte de matière, d'autant plus douloureuse que la fabrication du savon liquide est longue et fastidieuse.
Remarque : ne jetez pas la couche crémeuse. Vous pouvez la recycler en savon de ménage pour la vaisselle par exemple.
Ne l'utilisez surtout pas pour le corps car elle est particulièrement grasse et se rince très très mal, d'après un témoignage que j'ai lu (témoignage supprimé par Stuart !) sur le forum CP Liquid soap.







-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ambient CPLS soapmaking guidance
Stuart from Sungold Soap

This is CPLS made from scratch using KOH.
It is similar to CP bar soap in the process.

Here is step #1:
Ambient CPLS Base Step 1.
For these directions, you should have some cp bar soap experience. CPLS (Cold Process Liquid Soap) is very similar to CPBS (Cold Process Bar Soap). These directions are for a simple CPLS
base. Once you have a succesful batch, then moving on to individual customizations and/or variations is an option (adding EO's...etc).

The alkali used for this will be Potassium Hydroxide. Go ahead a put your soap together in the soap pot like you would for CPBS except lower your alkali discount to 3-4% and calculate your water at 290% of the weight of the alkali. If you want to use ambient temps., make sure you're in a warm
room well above 70F. As in CPBS, double check your oil blend for re-solidfying fats. You may have to apply a bit of heat to the oil blend if your melted fats went in too cold or in too small a percentage
(especially near 70F room temp.). If your room temp. is closer to 80F, you are in good shape.

Try to have alkali solution at room temp. Also, give the solution enough time to adjust to room temp. after mixing it (usually 10-20 hours).
The house is warmest in the afternoon. This is a good time to saponfify.
It is coolest at night and in the morning, this is a good time to make your alkali solution.

Solid fats should be added to your oil blend right before you are ready to saponify.
Use hand blender periodically. There is no need to nurse it.
Come back and check on it every once in a while and stir it up.

15-300 minutes later, you should have your mayonaise. Keep it warm overnight like cpbs. Then let it cure like cpbs. After at least a week, you should be ready for the next step: Dilution.


step #2 : Dilution
The next step is dilution. Take 200%, or less, of your total oil weight and use that as a guide for the volume of dilution water you will add.
Go ahead and add your dilution water at the end of the week. You will have to try to work the water into the paste around once a day. Just give it a daily stir...otherwise it make take a lot longer to become a solution.
Keep giving it a stir every once in a while to help break up the paste...it will dissolve faster this way.

step #3 : Separation
You should notice two layers. The layer on top is a white cream color. Your goal is to remove this cream layer.
Separate the cream layer (white froth) from the cold process liquid soap.
One way to do this is by pumping out the cpls. Place solution in a large enough pump bottle, which could be similar to the pump bottle picture on this group's main page (or any pump bottle), and after full separation occurs in the pump bottle, pump out the cpls out from under the cream layer.


Tips
If you CPLS is cloudy, you can try using extra water in your dilution or in the formulation itself.
As another precaution to ensure proper separation, increase your dilution water somewhat. Doubling the oil weight to calculate your dilution water should provide more that enough.

Also, extra time for the cream to separate out can also help.

Otherwise, heat in one form or another may have been introduced which would could obstruct full separation.
But sometimes batches can be cloudy, but that is unusual.


#15 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 04 juin 2008 - 05:51

La méthode à chaud (1/3)

Il s'agit de la méthode à chaud avec cuisson sans alcool. Cette méthode est la plus largement diffusée, probablement pour les raisons suivantes :
- par rapport à la méthode à chaud avec cuisson à l'alcool : sa mise en oeuvre est plus simple
- par rapport à la méthode à froid : elle semble minimiser le risque de séparation et assure une plus grande transparence au savon liquide.
C'est le procédé que j'ai adopté.

Comme les opérations sont similaires à la fabrication du savon-crème, je vais reprendre une grande partie de mes explications données dans le dossier Concevoir puis fabriquer son savon-crème.
Je pars du principe que vous avez toutes déjà une bonne expérience en fabrication de savon solide en barre avant d'aborder le savon liquide ; aussi je vais être succinte à propos de certaines opérations similaires dans ces deux fabrications.


La fabrication du savon liquide se décompose en 2 étapes principales :
I) la préparation de la pâte de savon
II) la dilution de la pâte de savon



I) La préparation de la pâte de savon
Elle comprend 2 opérations :
A) mélange hydroxydes-huiles et brassage
B') cuisson, opération spécifique à la méthode à chaud


A) Mélange hydroxydes-huiles et brassage jusqu'à obtention de la trace épaisse

Cette opération s'effectue de la même façon que la fabrication des savons en barre :
- on prépare la solution d'hydroxydes
- on mélange aux huiles et beurres, préalablement fondus
- on agite ce mélange avec un mixer électrique.

Il faut persévérer car le mélange a tendance à se séparer.
Cette opération peut durer longtemps, aussi il faut se ménager des temps de pause pour ses bras et pour son mixer.

Pour suivre l'évolution des différentes transformations du mélange, vous pouvez regarder :
- le diaporama de April McCart, une habituée du forum Cream Soap (et également du forum Liquid soapers)
- la vidéo de Synthia D. Rogers qui a donné un cours sur le savon liquide sur le forum Cream Soap le 2 février 2008 (Vous pouvez toujours consulter les interventions des participantes lors de ce cours dans les archives du forum Cream Soap)

Utilisation du mixer jusqu'à la trace très épaisse (aspect de purée de pomme de terre)


Image IPB Image IPB Image IPB Image IPB Image IPB

Remarque : les différentes stades d'évolution montrées par les images ci-dessus ne sont pas toujours observées par les savonnières, elles dépendent des huiles utilisées. Ce qui est important, c'est le stade gel final (aspect translucide à la fin de la cuisson).


Quand la trace est arrivée, on ajoute les additifs (dont éventuellement la glycérine).
Puis on continue à brasser jusqu'à atteindre la trace très épaisse (aspect purée de pommes de terre), tellement épaisse que l'utilisation du mixer devient difficile.

Une fois cet état de la pâte obtenu, on va procéder à la cuisson.
Bien sûr, on peut commencer la cuisson plus tôt si l'on veut. Le fait d'attendre au préalable une trace très épaisse vise à raccourcir le temps de cuisson ultérieur.



Astuce lors de cette opération :
- pour accélérer la trace, on peut augmenter la température du mélange en le chaufant doucement au bain-marie.

Personnellement, j'ai trop la flemme de sortir beaucoup de vaisselle. J'ai toujours brassé mes mélanges à froid, et la trace finit toujours par arriver.

#16 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 04 juin 2008 - 07:33

La méthode à chaud (2/3)

Une fois la trace épaisse atteinte, nous allons aborder l'opération suivante, spécifique à la méthode à chaud : la cuisson de la pâte.

L'objectif de cette cuisson est d'obtenir la saponification complète de la pâte, qui se traduit par l'apparence de vaseline translucide *, équivalente au stade gel du savon en barre.
D'après Catherine Failor, cette gélification signifie que le savon est en train de se "neutraliser". Attention, neutraliser ici ne signifie pas d'atteindre un pH de 7, ce qui est impossible pour un savon. Cela ne signifie tout simplement qu'il n'y a plus d'excès d'alcali (hydroxydes) et que le pH ne doit plus dépasser la barre de 10.

D'après moi, c'est cette saponification complète qui expliquerait que le savon liquide issu de la méthode à chaud demeure plus stable que celui de la méthode à froid. En effet, ce dernier semble encourir un risque plus grand de séparation, d'après les témoignages lus aussi bien sur le forum Cream Soap que sur les forums Liquid Soap. Sans compter que la séparation est inhérente à la méthode Ambient cold process décrit par Stuart, administrateur du forum Cold process Liquid Soap.



I) La préparation de la pâte de savon (suite)

B') La cuisson de la pâte

1) Quelle température pour la cuisson ?
Sachant que :
- la température aide à accélérer le processus de saponification
- ne se pose plus le problème de sensibilité des ingrédients car de toute façon, les hydroxydes en détruisent une bonne partie
- dans la fabrication du traditionnel savon de Marseille, la pâte à savon est cuite jusqu'à 130°C (266°F) pendant plusieurs jours
- les préconisations des différents auteurs de savon-crème fait maison varient de 70°C (160°F) à 132°C (270°F)

je me suis longtemps posé cette question "A quelle température cuit-on la pâte à savon ?"...jusqu'à ce que je fasse l'expérience d'une température élevée...à mes dépens !
Effectivement, dépassés les 80°-90°C (176°-193°F), on a intérêt à surveiller sa pâte car, à l'instar du lait qui chauffe, elle gonfle et déborde ! Merci pour le gâchis et le nettoyage du matériel.

Personnellement, par paresse, j'ai adopté une température de 80°C (176°F) pour pouvoir "oublier" ma pâte au four sans causer de dégât.


2) Les méthodes de cuisson
J'en ai dénombré :
- au bain-marie (Catherine Failor, avec un double boiler)
- avec une mijoteuse (crockpot), méthode pratiquée par Mary du forum Faits maison dans son Truc #11 **
- au four : méthode qui apparaît comme celle la plus communément adoptée par les forumeurs de Cream Soap
- au micro-ondes : méthode non conventionnelle que personnellement j'ai découverte avec le savon liquide et que depuis j'ai adoptée avec bonheur car elle raccourcit le temps de cuisson


3) Le matériel à utiliser
selon les méthodes :
- double boiler à couvercle hermétique, qui peut aller au four
- un crockpot (mijoteuse peu utilisée en France)
- 2 casseroles l'une dans l'autre, en bain-marie
- un grand plat pouvant aller au four et au micro-ondes

De l'inox de préférence, jamais d'aluminium.
Même l'émail peut être sensible à l'action corrosive des hydroxydes. C'est ainsi qu'une participante du forum Liquid Soap a dû renoncer à utiliser pour la cuisine, son crockpot dont l'émail s'est définitivement imprégné des couleurs de ses savons en cuisson.
Pour le plat au four et micro-ondes, pas de plastique même bien dur et épais (j'ai ainsi fait fondre une bassine). Il est conseillé d'utiliser un plat transparent (pyrex) pour permettre la surveillance de la pâte et en prévenir tout débordement.


4) La procédure de cuisson

- Personnellement, je trouve la méthode au bain-marie de Catherine Failor...peu souple et casse-pied : trop de précautions à adopter, beaucoup de vaisselle à nettoyer, une surveillance constante du risque de débordement.

- C'est pourquoi la méthode au four est le plus souvent adoptée.
C'est également celle que j'ai utilisé tout en limitant la température à 80°C (176°F) pour ne pas avoir à surveiller la pâte. La contrepartie d'une telle température basse est que c'est...loooong ! Pour mes premiers savons liquides, l'opération pouvait durer plus de 6 heures. Pas très économique quand même...

- Mary, quant à elle, adopte avec bonheur depuis des années la cuisson au crockpot (mijoteuse) qu'elle a longuement développée dans son Truc #11 ** sur le forum Faits maison.
Mais le crockpot est peu utilisé en France, donc hors de prix. Surtout s'il est uniquement réservé à la fabrication du savon liquide.

- Depuis, j'ai trouvé le moyen de réduire ce temps de cuisson : l'utilisation du micro-ondes*' *** . J'y mets le plat en pyrex qui contient ma pâte (depuis le début de la fabrication), je tourne le bouton Marche sur 1 ou 2 minute(s), en fonction Mijoteuse, je laisse la pâte se refroidir un peu, puis je réactionne le micro-ondes. Ainsi de suite, de nombreuses fois. Jusqu'à obtention d'une consistance de vaseline translucide *.
Ma pâte dans le micro-ondes atteint cet état au bout d'une 1/2 heure, au lieu des 3 heures régulièrement indiquées par les participants des forums Liquid Soap et Cream Soap (qui optent pour le four à température élevée, entre 100° à 130°C (212° à 266°F).

Un point à signaler : aucun savonnier n'effectue la cuisson de la pâte au micro-ondes. En plus, sur les forums, il est écrit que seule une cuisson traditionnelle est recommandée et que le micro-ondes crée un savon instable. Que nenni ! mes derniers savons élaborés avec ce matériel moderne et bien pratique n'ont pas bougé d'un iota.


Cuisson au micro-ondes Image IPB Image IPB


Evolution "morphologique" de la pâte pendant la cuisson :
1) Elle commence à "se détendre" pour prendre un aspect de miel lisse Image IPB

2) puis recommence à s'épaissir Image IPB Image IPB

3) Petit à petit, la pâte va devenir translucide Image IPB

On observe cette translucidité d'abord sur les bords. Puis peu à peu, elle gagne toute la pâte entière
Image IPB Image IPB

Remarque : les différentes stades d'évolution montrées par les images ci-dessus ne sont pas toujours observées par les savonnières, elles dépendent des huiles utilisées. Ce qui est important, c'est le stade gel final (aspect translucide à la fin de la cuisson).

Je recommande d'atteindre ce stade de gel avant d'effectuer la dilution. Cet aspect de vaseline signifie que la saponification est complète et cela diminue fortement le risque de séparation ultérieure lors de la dilution.



Précautions à prendre lors de la cuisson

1) Il faut penser à mélanger la pâte de temps à autre. Selon les forumeuses de Cream Soap, tous les 1/4 ou 1/2 heure.
Pour elles, l'objectif est d'éviter la séparation des éléments, crainte permanente avec la manipulation du KOH.


J'avoue que je ne suis pas ces instructions à la lettre. Je suis tellement paresseuse que j'ai souvent oublié ma pâte au micro-ondes...Alors penser à la mixer régulièrement me demande un pas supplémentaire que j'ai tendance à...ne pas franchir...Mais ne suivez pas mon exemple.
En tout cas, ces "oublis" de ma part m'ont permis de vérifier qu'il n'y a pas eu de séparation. C'est là que réside l'intérêt d'obtenir une trace très épaisse : la saponification est très avancée, ce qui réduit considérablement le risque de désaponification.


Je pense que ces conseils de mélanger de façon régulière la pâte viseraient plutôt à prévenir le risque de débordement' *** du savon, surtout que les forumeuses utilisent une température élevée.

En la matière, la cuisson au micro-onde présente un avantage importante par rapport à la cuisson traditionnelle :
- la pâte est chauffée de façon plus uniforme (pas de fond plus brûlant)
- le temps de cuisson ne dure que 1 minute ou 2, donc suffisamment court pour qu'on puisse, sans trop s'ennuyer, rester devant le micro-ondes afin de surveiller la pâte et mettre immédiatement le bouton Marche sur la position Arrêt dès qu'on voit que la pâte gonfle...

En plus, par rapport aux autres méthodes de cuisson, une économie appréciable de vaisselle à laver : le même plat en pyrex est utilisé dès le début du processus (mélange d'huiles et d'hydroxydes) jusqu'à la fin de la cure.



2) Catherine Failor et les savonniers des forums Liquid Soap et Cream Soap conseillent de tester régulièrement le pH de la pâte à savon, notamment avec le Phénolphtaléine, un indicateur de pH qui vire au rose pourpre quand le pH est au-dessus de 10.
Procédure de test : prélever un peu de pâte, la mettre sur une serviette en papier, y mettre une goutte de Phénolphtaléine.
Si la couleur de la pâte est rose, le savon n'est pas encore "neutralisé", donc il faut continuer la cuisson.
Si la couleur reste incolore, signe que la pâte est "neutralisée", on peut arrêter la cuisson pour passer à l'étape suivante : la dilution de la pâte à savon.


Personnellement, j'avoue ne pas effectuer ces tests pourtant faciles et fiables car :
- je n'ai pas envie d'acheter cette fameuse phénolphtéine (il paraît qu'on peut s'en procurer dans les boutiques d'aquariophile) et j'ai la flemme... de sortir mon pH-mètre...
- en contrepartie, je pousse la cuisson au maximum, jusqu'à gélification * de la pâte, qui signifie que la saponification est complète.
Par contre, je teste souvent mes savons au stade final (avant et en fin de cure) avec un pH-mètre soigneusement calibré. Jusqu'à maintenant, ils ont tous un pH en-dessous de 10.
- j'ai également remarqué que mes savons surgraissés (jusqu'à 6%) présentent toujours un pH inférieur à 10.




5) A la fin de la cuisson
Maintenant que la pâte de savon a atteint le stade gel (aspect de vaseline translucide), on peut passer à l'étape suivante : la dilution de la pâte.

Vous avez alors plusieurs choix :
- vous pouvez immédiatement diluer la pâte à savon
- vous pouvez attendre : vous laissez le tout dans le four éteint mais encore chaud, jusqu'au lendemain au minimum (toujours le souci d'assurer la saponification au maximum avec la chaleur, afin d'éviter tout excès d'alcali), avant de passer à l'étape de dilution
- vous pouvez également laisser le savon faire une période de cure plus ou moins longue, d'une à plusieurs semaines. Pendant laquelle, la pâte va continuer sa saponification résiduelle.

Mary sur le forum Faits maison conseille cette cure.
Les savonniers professionnels de Liquid Soap adoptent souvent cette méthode : ils laissent leur pâte en cure et ne diluent qu'au fur et à mesure de leurs ventes. Ils attendent d'obtenir la commande des clients avant d'en prélever ce dont ils ont besoin afin d'effectuer la dilution puis y ajouter les HE, fragrances et couleurs selon la demande.


Expériences personnelles : la plupart du temps, j'adopte une période de cure de plusieurs semaines (avant dilution). Mais il m'est arrivé que pressée (je n'avais plus de shampoing), j'ai immédiatement effectué la dilution à la fin de la cuisson...et je n'ai pas observé de différence : mon savon n'a pas séparé et je ne l'ai pas trouvé plus asséchant que d'habitude (il est surgraissé).


________________________________________________________________________________


* Parfois, certains ingrédients empêchent la pâte d'avoir cette apparence translucide.
La preuve : voici l'évolution de ma pâte de savon 100% lard, qui a gardé sa couleur blanc laiteux jusqu'à la fin :

Image IPBImage IPB


** Truc #11 **
Comme certains d'entre vous n'accèdent pas au forum Faits maison, je recopie ci-dessous le mode d'emploi donné par Mary. Je vous recommande de vous inscrire à son forum car ce fil de discussion donne beaucoup de bons conseils.
"Il y a quelques années quand j'ai commencé à faire du savon liquide, je trouvais fastidieux de faire la technique de Catherine Failor dans le livre Making liquid soaps. Une montagne d'outils comme les bols les chaudrons, etc..
Je me suis creusée les méninges pour faire "simple" et ne pas à avoir à surveiller trop trop mon savon, car c'est long la cuisson si évidemment on suit la méthode de cuisson longue.En plus, c'est un peu salissant pour la cuisinière! Vous me connaissez avec le torchon....
J'avais trouvé!! Mon petit crockpot (mijoteuse) qui est trop petit pour faire des repas pour 5 et qui ne servait plus!!

Voici ma méthode :
Je mets mon crockpot à "High" et laisse chauffer au moins 15 minutes
Je prépare ma potasse dans un bol et laisse de côté le temps de peser mes huiles.
Je pèse mes huiles et je mets le tout dans le crockpot et je laisse fondre doucement (ici j'ai mis karité, coco, avocat, ricin) Pendant ce temps vous faites la pâtisseries pour la semaine, laver les plancher et vitres, faire la lessive etc et ce en 15 minutes!!Ha!
Quand c'est fondu, je mets ma potasse dedans et là, c'est le temps de mixer jusqu'à l'obtention de pomme de terre pilée lisse. Dans le fond jusqu'à temps que les huiles ne se séparent plus. (Mon crockpot est toujours à "High")

Quand c'est fait, je mets mon crockpot à low, je mets le couvert et je laisse "mijoter" jusqu'au soir en mélangeant de temps en temps. (environ 8h de cuisson)
Avant de me coucher je ferme le tout et le lendemain matin mon savon est translucide et prêt à être diluer!
Mon crockpot ne sert qu'à ça et je peux faire 1 kilo de pâte à la fois"



' *** Risque de débordement de la pâte de savon, lors de la cuisson
En fait, pourquoi la pâte chauffée gonfle et déborde-t-elle ? Je cite l'explication donnée pour le lait mais qui s'applique en partie à notre cas :
La pâte est un mélange instable d'eau et de graisses. Alors vous pensez, une fois la casserole posée sur le feu, c'est la panique. La graisse vient s'accumuler au-dessus et forme ainsi une couche épaisse et hermétique. Reste l'eau qui est en contact avec le fond brûlant de la casserole. A ce niveau et lorsque la température sera suffisante, des bulles d'air vont se former et tenter une remontée vers la surface. Mais le chemin est bloqué. Alors elles vont devoir attendre d'être en nombre suffisant pour pousser tout ce petit monde vers la sortie. Et là, c'est la catastrophe !
Donc, pour arrêter un débordement en cours, il suffit de faire baisser la température (en sortant le plat du four ou du feu) et de touiller, donc de crever la couche épaisse qui fait barrage aux bulles d'air.


*' *** Réflexion concernant l'utilisation du micro-ondes
Je n'ai jamais compris la réticence que beaucoup ont vis-à-vis du micro-ondes. Aucune étude sérieuse n'a démontré la nocivité de ses ondes, surtout qu'on l'utilise que de façon ponctuelle et sur des temps très courts.
En tout cas beaucoup plus ponctuelle et beaucoup moins intensive que celle du téléphone portable qu'on n'hésite pourtant pas à mettre à l'oreille, donc tout proche de son cerveau !

#17 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 06 juin 2008 - 10:26

La méthode à chaud (3/3)

II) La dilution de la pâte de savon

On arrive à l'étape finale, la plus gratifiante.

Selon les huiles utilisées, la pâte le lendemain peut revêtir plusieurs apparences :
- toute sèche
- ou très épaisse
- comme du lait caillé flottant sur un peu de liquide épais.
Il ne faut pas se leurrer sur cette apparence. Avec le temps, la pâte va "s'assouplir" (relax and yield) ; il faut surtout éviter d'ajouter trop de liquide, dans sa hâte de la rendre moins sèche et épaisse.



1) Quand peut-on diluer la pâte à savon ?
Plusieurs réponses possibles :
- on peut commencer immédiatement la dilution à la fin de la cuisson
- Mais l'avis général est...d'attendre, au moins 24h.
- Certains préconisent même de laisser la pâte se reposer pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, le récipient bien couvert d'un film plastique. Ce premier temps de cure permet à la pâte :
# de devenir plus souple pour la dilution (et éviter l'incorporation de trop de liquide)
# à son pH de descendre
# à la saponification résiduelle de s'opérer et minimiser le risque de déphasage

Certains savonniers ne diluent pas tout de suite leur pâte car elle prend moins de place et se conserve également mieux que le savon dilué. Ils ne diluent qu'au fur et à mesure de leurs besoins.
Personnellement, quand je ne suis pas pressée, je laisse ma pâte en cure plusieurs semaines.


2) Quels matériels utiliser ?
De préférence...l'huile de coude : cuillère à manche longue, fouet manuel.
Peut être utilisé le mixer à pied (stick blender). Le mixer a l'inconvénienr de créer de la mousse, mais si vous laissez le savon se reposer, elle disparaîtra avec le temps.


3) Quel fluide ?
Se reporter au paragraphe sur les additifs lors de la dilution de la pâte.
Personnellement, j'ai fait avec de l'eau distillée, du jus d'aloé (qui en plus de sa propriété hydratante, permet de faire baisser le pH), du vinaigre diluée (il faut aimer l'odeur...).


4) Quelle quantité de liquide ?
La plainte récurrente des savonniers est que le savon final est trop...liquide ! Il y a des méthodes pour essayer de le rendre épais de nouveau, mais le résultat est souvent aléatoire.
Les témoignages recueillis et mon expérience personnelle confirment la vérité suivante : il faut tout de suite, à la dilution, obtenir le savon liquide avec la viscosité désirée, donc ne pas incorporer trop de liquide. Il est toujours plus facile d'ajouter de l'eau que d'en enlever.

Chaque calculateur donne une fourchette différente de quantité d'eau de dilution, calculée de plusieurs méthodes, à partir : soit du poids total d'huiles, soit du poids des hydroxydes, soit des deux, soit du poids de la pâte de savon...
Personnellement, j'adopte la dernière solution : je pèse la pâte à savon à diluer et je commence à faire une première dilution avec le même poids de liquide ; poids de liquide = poids de pâte. Puis j'en ajoute petit à petit, selon les besoins.
La particularité du savon liquide est que la même recette peut donner des résultats différents. C'est ainsi que j'ai eu la mauvaise surprise de me trouver avec un savon trop liquide après dilution de la même recette, pourtant avec la même quantité d'eau (= 1,5 fois le poids de pâte), alors que la consistance m'a satisfaite la première fois ! Depuis, je commence toujours par incorporer moins de liquide (= seulement 1 fois le poids de la pâte) et en ajouter au fur et à mesure.

La règle d'or à suivre à cette étape : incorporer très précautionnement les fluides, toujours en petites quantités à la fois. En plus, il peut avoir des surprises car le savon liquide change de consistance avec la cure, il vaut mieux attendre avant de mettre trop de liquide.



5) Procédures de dilution à suivre
Plusieurs méthodes également :

a) Méthode lente qui demande de la patience
C'est celle que j'ai adoptée et qui est régulièrement citée sur le forum Liquid Soap.
- Ajouter du liquide (très chaud, il accélère la dilution), mélanger puis laisser reposer afin que la pâte (qui est souvent bien épaisse) ait le temps de se dissoudre dans le liquide.
- Puis réincorporer (peu à chaque fois) du liquide, chaud de préférence (je mets un coup de micro-ondes), remélanger. Ainsi plusieurs fois de suite. Jusqu'à l'obtention de la consistance désirée.

L'opération de dilution peut prendre 1 à une semaine. Il vaut mieux mettre peu de liquide à la fois que trop d'eau d'un coup, les morceaux finiront par fondre si vous leur laissez le temps de le faire. En effet, je répète : il est toujours plus facile d'ajouter de l'eau que d'en enlever.

Attention également au fait, que plus on incorpore de fluide, plus grand est le risque de séparation.

Evolution de la consistance

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b') Méhodes plus rapides
Je reprends les méthodes décrites par Stéphanie sur le forum Noblessence :
Hier, j'ai donné un cours de savon liquide, et j'y expliquais que la dilution du savon est la partie où on doit sortir nos muscles de bras ! En fait, avec le temps, j'ai trouvé des petites méthodes qui facilitent ce travail :
- Je fais bouillir mon eau, ensuite je la verse sur la pâte savonneuse et je laisse à feu doux environ 15 minutes. Ensuite, je ferme le rond, je mets un couvercle sur la casserole et bonne nuit ! Je vais me coucher et le lendemain matin, hop ! Un petit coup de mixeur et le tour est joué !
- Aussi, Maurice a trouvé une autre méthode : il fait bouillir l'eau, l'ajoute à la pâte savonneuse et ensuite, il écrase le tout avec un pile-patate. Il pile pendant environ 5-10 minutes, pendant que la casserole est à feu doux, et ensuite, il passe le mixeur dans le savon, qui se liquéfie doucement.


Ces méthodes rapides ont l'inconvénient de générer beaucoup de mousse épaisse qu'il faut écrémer. Cette mousse peut-être recyclée en des boules de savon solide.
A mon avis, cette mousse est générée par l'utilisation du mixer. Il suffirait de laisser reposer ce savon mousseux quelques jours, la mousse disparaîtra d'elle-même.


c) Utilisation du carbonate de potassium K2CO3
La dilution est une opération longue et fastidieuse. Pour la rendre plus facile et raccoucir sa durée, certains savonniers ajoutent du carbonate de potassium K2CO3 :
- soit dans la solution d'hydroxydes (étape 1 : préparation de la pâte)
- soit dans le liquide de dissolution (étape 2 : dissolution de la pâte) : cf blog de Thomaelle
Steve Mushynsky, propriétaire de Summer Bee Meadow explique l'action du carbonate de potassium : le K2CO3 est un alkali qui saponifie les huiles (très faiblement, à un degré beaucoup moindre que le KOH) ; lors de cette opération, des petites bulles de dioxyde de carbone (CO2= gaz carbonique) sont libérées et rendent la pâte de savon moins compacte, facilitant sa dilution.

Personnellement, je préfère prendre mon temps pour opérer la dilution car le carbonate de potassium est quand même un alkali qui se rajoute au KOH, augmentant ainsi son pH. Or j'essaie par tous les moyens de rendre mon savon liquide le moins asséchant possible.



6) Neutralisation du pH
Comme je pratique un bon surgraissage, je n'ai pas besoin de "neutraliser" le savon.
C. Failor, quant à elle, surdose la potasse. Son savon est donc trop basique --> elle procède toujours à sa neutralisation (= faire descendre le pH) en ajoutant certains ingrédients :
- borax (qui permettrait d'épaissir le savon, méthode que personnellement je n'ai pas trouvé efficace)
- acide borique
- acide citrique (qui est en plus un chélatant = qui "piège" le calcaire)
Je vous renvoie à mes explications sur IV) Quels sont les moyens pour faire baisser le pH du savon ?


Attention : l'utilisation de l'acide citrique est délicate car elle peut faire trop descendre le pH et causer la désaponification, donc la séparation !


7) Incorporation d'additifs
A ce stade, on peut y incorporer d'autres additifs :
- des ingrédients pour rendre le savon plus émollient et doux : panthéol, protéines de soie, allantoïne, squalane...
- des ingrédients à visée spécifique (traitant, exfoliant) : argile, billes de jojoba...
- des ingrédients pour rendre le savon plus agréable à utiliser : HE , fragrances, couleurs.

Certains savonniers professionnels de Liquid Soap préfèrent ajouter ces ingrédients après la cure finale, selon les demandes spécifiques des clients.
Personnellement, je ne mets aucun additif supplémentaire. J'ai surtout joué sur la formulation : choix des huiles et surgraissage.



8') La cure
Après la dilution, on laisse reposer le savon liquide pendant un temps assez long (plusieurs semaines à plusieurs mois). Catherine Failor utilise le terme "sequester" pour désigner ce deuxième temps de cure.
Cette période permet :
- à l'odeur chimique du savon de s'évaporer
- d'observer l'évolution de la texture du savon
En effet, pendant la cure, le savon liquide peut encore changer de texture et s'épaissir. On peut alors incorporer un peu de liquide et mixer le mélange.
- au savon de devenir plus doux avec la descente de pH

En fin de cure, si ce n'est pas encore fait, on ajoute éventuellement au savon liquide : des fragrances, colorants et conservateurs.
Puis on le conditionne dans son emballage définitif (packaging) : en tube malibu, en flacon pompe, en flacon "airless".



III) La fabrication de gels, méthode C. Failor (à l'alcool)
C. Failor est la seule à décrire cette méthode dans son livre Making natural Liquid soap. Je ne l'ai pas testée et je n'ai lu aucun témoignage sur ce procédé.
Je vous la décris à titre de curiosité.

Etape 1 : préparation de la pâte
avec la méthode à chaud, cuisson sans alcool. Ne pas utiliser la méthode à l'alcool (alcohol / lye method) car l'excès d'alcool empêchera l'épaississement du gel.

Etape 2 : adjonction de solvant et de neutralisateur
Après une cuisson au bain-marie de 3 heures, mettre le pot de pâte directement sur la plaque, à feu moyen.
Pour chaque pound (454 g) de pâte de savon, ajouter 1 à 1,5 oz (28 à 43 g) d'alcool et 4 oz (113 g) de glycérine. A batch de 6 pounds (2,7 kg) de pâte nécessitera 6 à 9 oz (170 à 255 g) d'alcool et 24 oz (680 g)de glycérine.
Si la pâte doit être neutralisée, ajouter également la solution de neutralisateur (borax, acide borique ou acide citrique) à raison de 4 cuillerées à café pour les 6 pounds (2,7 kg) de pâte.

Etape 3 : cuisson du mélange et incorporation d'eau
Brasser le mélange pâte-alcool-glycérine-neutralisateur et le mettre à cuire jusqu'à dissolution complète de la pâte.
(Si l'alcool s'évapore trop vite, la pâte ne pourra pas fondre complètement ; ajouter alors un peu d'alcool supplémentaire).
Une fois la pâte entièrement fondue, ajouter de l'eau distillée à raison de 6 oz (170 g) d'eau pour chaque pound (454g) de pâte, donc 36 oz (1 kg) d'eau pour les 6 pounds de pâte.
Peser le pot de savon et le remettre à cuire sur le feu tout en brassant. Pendant la cuisson, la solution s'épaissira et pendant son brassage, à sa surface se formera une écume qui deviendra crémeux vers la fin.

Etape 4 : test de la viscosité
Repeser le pot de savon : il devrait avoir perdu 12 à 16 oz (340 à 353 g) d'eau et d'alcool.
Sous la couche l'écume, on observe une croûte fine à la surface et la solution en-dessous doit être visqueuse et élastique.
Enlever le pot de savon du feu et en prélever un échantillon qu'on laisse refroidir sur le fond d'un verre retourné, recouvert d'un film plastique.
L'échantillon doit avoir une texture de gel. S'il reste trop liquide, remettre le savon sur le feu pour que s'évapore 2 à 3 oz (57 à 85 g) supplémentaires d'eau.

Etape 5 : ajout de colorants et de fragrances
Prolonger la cuisson jusqu'à la viscosité désirée.
Enlever l'écume du dessus qui peut-être diluée et servir de savon liquide.
On obtient du gel en-dessous de cette écume, on peut lui ajouter des colorants et des fragrances. On le conditionne immédiatement car si laissé à l'air libre, une couche dure se formera à sa surface, qui ne se dissoudra pas au gel.
L'ajout d'un peu de borax préviendra la séparation du gel : y ajouter 0,5 oz (14 g) d'une solution à 33% de borax (1/3 borax + 2/3 d'eau).

#18 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 07 juin 2008 - 01:17

Les trucs et astuces pour améliorer le savon liquide final

Vous n'avez pas ménagé votre temps et vos efforts. Mais après toutes ces manipulations fastidieuses, le produit final n'est pas tout à fait ce que vous avez escompté.
Voici les astuces glanées lors de mes lectures afin de corriger les défauts de ce savon liquide.


I) Mon savon s'est déphasé
Le savon présente 2 couches, dont une couche crémeuse à la surface.
° Il est à noter que la séparation est inhérente à la méthode à froid qui comporte une opération supplémentaire à la dilution, par rapport à la méthode à chaud : l'enlèvement de la couche du dessus par "pompage" du savon en-dessous.
° Le déphasage est dû à un excès d'acides gras non saponifiés :
- ce phénomène est d'autant plus fréquent que le taux surgraissage est élevé
- la pâte n'a pas été cuite assez longtemps (dans la méthode à chaud), d'où une saponification incomplète et la présence d'acides gras libres. C'est la cause principale de l'existence de couches dans le savon fait avec la méthode à froid.

Vous pouvez tenter les solutions suivantes qui, pour la plupart d'entre elles, visent à diminuer l'excès d'acides gras.
Elles peuvent donc également être employées pour rendre sa clarté à un savon opaque. En effet, même s'il n'y a pas eu séparation, l'excès d'acides gras rend le savon trouble, ce qui pourrait faire le désespoir des savonniers qui tiennent à un produit parfaitement translucide.

A) Une cuisson plus longue de la pâte
Si vous n'avez pas dilué toute votre pâte, remettez le reste sur le feu pour une cuisson plus longue.

B') Une cure plus longue
Laissez votre savon reposer pendant quelques semaines à quelques mois. Ce temps de cure supplémentaire permet à la saponification résiduelle de s'effectuer et de diminuer l'excès d'acides gras. D'après les témoignages recueillis sur les forums, les savonniers retrouvent souvent avec surprise leur savon de nouveau unifié et transparent.

C) Ajout de solvants comme agents de séquestration
Ces solvants, déjà cités dans le paragraphe sur les additifs sont : la glycérine, l'alcool et le sucre.
Ils permettent la dissolution d'une partie d'acides gras en excès.

D) Utilisation d'émulsifiant
L'émulsifiant dont l'efficacité est reconnue en cas de séparation du savon liquide est : le Polysorbate.

E) Ajout de KOH, méthode particulière à C. Failor
Nous connaissons tous l'obsession de C. Failor pour un savon transparent.
En cas de séparation ou de savon trouble, elle préconise d'ajouter du KOH pour permettre la saponification de l'excès d'acides gras.

C'est une méthode fastidieuse :
- faire une solution d'hydroxyde de potassium : 1 part de KOH pour 3 parts d'eau. Exemple : 2 oz (=56 g) de KOH pour 6 oz (= 170 g) d'eau ;
- ajouter 1 à 2 oz (= 28 à 56 g) de cette solution au savon. Si vous voulez en mettre dans la pâte non encore diluée, il faut la "détendre" préalablement avec de l'alcool afin que la solution de KOH puisse de dissoudre dans la pâte ;
- faire cuire ce mélange pendant 20 à 30 minutes, dans une casserole hermétiquement couverte d'une feuille de plastique, elle-même maintenue au contenant par des tendeurs (sandow) afin de limiter au maximum l'évaporation du liquide ;
- au bout de ce temps de cuisson, prélever un échantillon et tester le pH. S'il est trop basique (au-dessus de 10), continuer la cuisson ;
- quand le pH descend en-dessous de 10 et que le savon devient clair, arrêter la cuisson
- si le savon reste trouble, recommencer l'opération



II) Mon savon est trop liquide
Si par malheur, vous avez utilisé une quantité de liquide de dilution très importante, votre savon final est...trop liquide.
Il existe des moyens pour l'épaissir, mais d'après les témoignages lus sur différents forums, ce n'est pas gagné d'avance : le résultat peut-être aléatoire... --> la méthode la plus efficace demeure de ne pas incorporer trop de liquide à la dilution.
Je cite les méthodes que j'ai pu répertorier lors de différentes lectures et d'après mes expériences :

A) Méthodes que j'ai déjà essayées

1) ajouter du sel (sel de cuisine) à température ambiante (allez-y tout doucement car trop de sel, le savon redevient liquide...). C'est assez délicat à faire.

° Copaiba sur le forum Aromat explique :
Pour épaissir les savons, on peut employer du sel (du sel marin, du sel NaCl, quoi !). Le sel "capte" l'eau et rapproche les chaînes lauriques du savon qui se "frottent" plus l'une contre l'autre (parce qu'il y a moins d'eau entre elles) et épaississent le tout.
Système simple, pas cher du tout et naturel (compter 2-4% de sel). Le problème est que c'est instable (comme l'a vu Isabelle), pour des raisons subtiles de solubilisation-désolubilisation du sel.
Ce que j'essaierais :
1- chauffer le tout à ~30-35°C et laisser refroidir à t° ambiante histoire de voir si ça n'améliore pas les choses;
2- si le problème persiste, diviser le savon en deux lots :
A- ajouter, en mélangeant sans faire de mousse (à la cuiller) 20% d'eau.
B- ajouter 1% de sel (si possible préalablement dilué dans un fond d'eau) et mélanger idem.
Regarder ce que ça donne :
- si A épaissit, continuer à diluer doucement jusqu'à ce que ça soit bon (et faire de même avec le ' B) ;
- si c'est B, ajouter doucement du sel jusqu'à ce que ça recommence à se reliquéfier (ben oui, il y a une quantité donnée de sel qui donne une viscosité maximale); on est alors juste trop haut en sel, et on redilue avec les maladresses de A.


° Mary du forum Faits maison a développé son astuce dans Truc # 9 * : l'incorporation du sel doit se faire à température ambiante.


2) ajouter des gommes végétales préalablement dissoutes dans un peu d'eau tiède : gomme d'adragante, de guar, de xanthane, arabique.
Steve Mushynsky, propriétaire de Summer Bee Meadow déconseille l'utilisation de carraghénane qui réagirait mal au pH élevé du savon.
En plus de ces gommes traditionnelles, Mlk a mentionné un autre produit : l'alginate de sodium (gélifiant issu des algues laminaires) qu'on peut acheter chez G. Detout (pot de 200g à 8,80 €). Cet ingrédient est par exemple, utilisé par Logona dans sa crème colorante au henné probablement pour la rendre plus facile d'application.

En quelle quantité ces ingrédients (sel, gommes) doivent-ils être ajoutés ?
Difficile à déterminer d'avance car cela dépend de la texture initiale de votre savon et de la consistance finale que vous souhaitez. Le seul conseil que je peux donner, c'est d'y aller très très doucement, en plusieurs fois s'il le faut.

L'ajout de sel a épaissi le savon mais n'a pas donné la viscosité désirée. J'ai donc ajouté de la gomme d'adragante pour obtenir cette consistance proche d'une lotion épaisse, tout en étant suffisamment liquide pour être conditionné en flacon.
Il est à noter que mon savon, riche en insaponifiables, est opaque et ne peut pas prendre la texture de gel qu'affectionne C. Failor
.

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3) Laisser le savon en cure non couvert, à l'air ambiant : l'eau s'évaporera doucement et le savon liquide s'épaissira. Mais c'est looong...

B') Méthodes citées sur les forums (que je n'ai pas essayées)
- utiliser l'acide borique : diluer 0,2 à 0,3 oz (5,5 à 8,5 g) d'acide borique dans 1 oz (28 g) d'eau distillée.
En incorporer une partie dans le savon, bien mixer. Comme l'épaississement n'est pas immédiat, laisser le savon se reposer 3 à 4 heures avant d'évaluer la texture obtenue.
Recommencer avec le reste de la solution d'acide borique jusqu'à l'obtention de la consistance souhaitée.

- mettre du lactate de sodium : il faut l'ajouter petit à petit car cela prend très vite.

- mettre de la cellulose : la diluer préalablement dans un peu d'eau FROIDE avant d'incorporer le tout dans le savon, d'après la recommandation d'un participant (Bill) du forum Homemade Cosmetics
Mise à jour le 11/06/08 : April McCart vient de donner un témoignage sur l'utilisation de cet épaississant qui lui a permis d'obtenir un gel épais à souhait et transparent, malgré un surgraissage de 5%. Cf La merveilleuse recette de gel de April McCart.

- mettre du Crothix, méthode recommandée par David Fisher de Candlle and Soap.
Mais Bekka du forum Cream Soap émet des réserves : le crothix formerait des grumeaux et rendrait la mousse moins abondante.


C) Autres solutions
- Catherine Failor et David Fisher de Candlle and Soap écrivent que le borax permet d'épaissir le savon liquide.
Franchement, Mahan et moi nous trouvons que ce n'est pas probant.
- Une autre méthode préconisée par C. Failor et Skin Esscentuals : faire réduire à petit feu le savon dilué (l'eau s'évapore), tout en remuant pour qu'il n'attache pas le fond du récipient, ce qui donnerait une couleur marron peu esthétique.
C'est effectivement très efficace, mais je trouve que le savon a une odeur peu agréable après cette cuisson forcée (rancissement accéléré à cause de la température élevée ?). Donc, j'ai abandonné cette méthode.


D) En désespoir de cause : conditionnement en flacon-mousseur
Les savonniers professionnels indiquent cette astuce sur le forum Cream Soap : ils conditionnent leur savon trop liquide en flacon-mousseur qui produit une belle mousse onctueuse et masque le manque de viscosité.

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III) Mon savon est trop compact
Diluer la pâte avec plus de liquide (eau distillée, jus d'aloès,hydrosols, extraits divers), qu'on peut chauffer préalablement. Puis bien brasser et laisser reposer. Répéter l'opération si besoin est jusqu'à ce que les grumeaux de pâte fondent et jusqu'à la viscosité souhaitée.
N'incorporer le liquide que peu à peu, par petite quantité à la fois. Afin de ne pas rendre le savon trop liquide avec une quantité trop grande de fluide.




IV) Mon savon liquide est trop asséchant
En principe, le choix des huiles (évitez le 100% huile de coco) et le surgraissage auraient dû éviter ou au moins, atténuer cet aspect du savon liquide.
Cf section La formulation du savon liquide : un choix constant entre l'esthétique et la douceur à l'usage
Mais si malgré le surgraissage, vous trouvez que votre savon demeure trop asséchant, les solutions suivantes peuvent corriger ce défaut :


A) Faire descendre le pH
Comme tout savon, le savon liquide a un pH élevé (basique) qui perturbe la peau humaine à pH relativement acide, entre 5.2 et 7.

Pour faire descendre le pH du savon, plusieurs solutions possibles :
° pour la pâte, si elle n'a pas été totalement diluée :
- prolonger le temps de cuisson de la pâte restante
- ajouter de l'huile de ricin dans la pâte pendant la cuisson. Elle a la particularité de saponifier plus vite que toute autre huile.

° pour le savon déjà diluée
- ajout de neutralisateur (borax, acide borique, acide citrique)
- allonger le temps de cure du savon final
Reportez-vous aux explications données dans la section IV Quels sont les moyens pour faire baisser le pH du savon ?.


B') Incorporer des additifs
humectants et/ou émollients comme la glycérine, le Panthénol, les protéines de soie...
Cf section C) Le choix des additifs

Il est à noter que :
- le gel d'aloé peut faire diminuer légèrement le pH
- le suttocide (conservateur bien adapté au milieur basique) élève légèrement le pH
- l'Ophtiphen, un nouveau conservateur également adapté à un pH basique, par contre n'affecte pas le pH du savon et lui apporte en plus quelque émollience
- certains argiles ont tendance à élever le pH. Le Glacial Ice Clay, par contre, n'a pas d'impact sur le pH


________________________________________________________________________________

Truc # 9 *
Comme vous n'avez pas toujours accès au forum Faits maison, je recopie le mode d'emploi donné par Mary :

"Plusieurs d'entre nous avons essayé le sel pour épaissir, avec plus ou moins de succès, nos savons liquide, la mousse de bain trop liquide.

Après avoir essayé des millions de trucs j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai trouvé. C'était trop simple, vraiment trop simple!!!! Vous voulez savoir?....

Eh bien voila, moi en tout les cas ça m'a réussi à tout les coups!! Il faut essayer d'épaissir le mélange LORSQU'iL EST FROID. Pas chaud, pas tiède, pas tiède-froid, mais complèment refroidi. J'avais raté mon gel de douche pour le Swap et il était beaucoup trop liquide. Ce gel de douche est d'une composition spéciale (il n'y a pas 2 surfactants comme d'habitude) contenant un gélifiant et autres choses donc je ne savais pas quoi faire pour le ratrapper. Oh j'ai bien sur des épaissisants mais je voulais réussir sans cette aide. Mon mélange bien froid et une spatule, je verse le sel petit à petit en brassant. MAGIQUE! Ca épaissit! prise de folie, j'ai essayé avec du savon liquide fait avec de la potasse, Bingo! Ca fonctionne En plus le mélange reste bien clair. Impossible de vous donner les quantités de sel car je ne sait pas comment clair est votre mélange, alors il faut y aller petit à petit en brassant. Que du sel ! imaginez..."


#19 L'utilisateur est hors-ligne   diane Icône

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Posté 08 juin 2008 - 07:28

Le pH des savons (1/2)
Je reprends les explications déjà données dans le post sur le savon-crème.

J'aborde maintenant une des grandes préoccupations des savonnières : le pH de leur savon si amoureusement élaboré.


I) Comment mesure-t-on le pH ?

1) Les différents outils de mesure du pH
http://wwwedu.ge.ch/...mesurer_pH.html

On peut estimer le pH avec le papier pH
Le papier pH est une méthode fréquemment employée en raison de sa simplicité d'utilisation et de son coût abordable. Il se présente sous la forme de bandelettes de papier imprégnées de réactifs qui changent de couleur selon le pH de la solution. Ses inconvénients majeurs sont son inexactitude de mesure due à l'étendue de la zone de virage, et la subjectivité d'appréciation des couleurs par l'utilisateur. De plus, les couleurs diffèrent suivant la marque du papier et ses constituants.

On peut estimer le pH avec les indicateurs colorés
Les indicateurs colorés, appelés aussi indicateurs acido-basiques, sont des substances qui présentent une coloration différente selon le pH de la solution à laquelle ils sont ajoutés.
La plupart du temps, il donne deux couleurs distinctes et, dans une zone de une à deux unités de pH nommée zone de virage, des teintes correspondant au mélange de ces deux couleurs.
Un indicateur coloré souvent employé par les savonniers outre-atlantique est le phénolphtaléine. Nous avons parlé de son utilisation pour tester la « neutralisation » de la pâte de savon lors de sa cuisson.

On peut mesurer le pH avec un pH-mètre
La lecture est directe après étalonnage de l'appareil : on plonge la sonde de mesure dans des solutions étalons de pH connus, 2 points de mesure : souvent 7 et 4 ou 7 et 10. L'étalonnage avec les solutions 7 et 10 est recommandé pour le savon, en raison de sa propriété alkaline.



2) Pour la mesure du pH du savon, quelle fiabilité ces outils présentent-ils ?

a) La fiabilité du papier pH de grade courante est remise en cause
Je résume ci-dessous le témoignage de Ann Perius-Parker, propriétaire du site Soap impressions :
Pendant plus de 20 ans, en tant que savonnière professionnelle, elle mesurait régulièrement le pH de ses savons avec des bandelettes de pH trouvées dans le commerce et se trouvait satisfaite avec un résultat presque neutre de 7,5. Jusqu’au jour où elle a pu avoir accès à un pH-mètre de laboratoire qui lui indique une fourchette de 9,5 à 10,5 pour ses savons ! Depuis elle n’a de cesse de renouveler l’expérience : utiliser d’autres pH-mètres étalonnés avec précaution, augmenter le surgraissage jusqu’à 15%. Invariablement ses mesures sur plus de 200 savons donnent un chiffre proche de 10. Chiffre par ailleurs conforté par les nombreuses littératures en la matière.

Après de nombreux tests (dont le résultat très édifiant est résumé dans un tableau publié ici, elle a obtenu l’explication d’un tel écart (de 2 à 3 unités !) entre son ancien papier pH et le pH-mètre, auprès de Hydrion, un grand fabricant de papier pH.

L’erreur vient de la réaction de certains réactifs utilisés pour le papier pH, non adaptés à la nature de surfactant qu’est le savon, qui fausse le virage de couleurs. Seules les bandelettes en plastique utilisées en laboratoire (laboratory grade plastic test strips) se sont avérées fiables pour mesurer le pH du savon en donnant des résultats similaires au pH-mètre

On peut se procurer ces bandelettes sur son site :
http://www.soapimpressions.com/ph.html


B') Le pH-mètre est plus fiable mais exige des manipulations plus contraignantes
Effectivement, il faut que le pH-mètre soit correctement étalonné avec 2 solutions à pH différents (7 et 10 pour la mesure du savon). De préférence à chaque utilisation !
Son étalonnage devient donc vite fastidieux, ce qui amène les savonniers professionnels (des forums Cream Soap et Liquid Soap) à adopter le test par phénolphtaléine.

c) Le test par le phénolphtaléine : un test simple et fiable
Le but ici n’est pas de mesurer le pH exact du savon, mais de s’assurer que le pH ne dépasse pas le seuil de 10 qui signifie un excès d’alcali. Ces professionnels veulent éviter à leurs clients tout risque de brûlure qui pourrait de leur coûter cher en cas de réclamation et de procès.

En effet, l’utilisation d’une base forte (soude ou/et potasse) induit un pH basique, avec un risque d’excès d’alcali qui se traduit par une brûlure de l'épiderme.




II) Le pH des savons est forcément basique

1) Le pH moyen des savons se situe entre 9 et 10, donc basique
Ces valeurs basiques valent aussi bien pour les savons faits maison que les savons du commerce.
La preuve : le site Walton Feed a fait une étude sur le pH de quelques savons de grande marque.

The pH of a few major brands of hand soap :
Camay 9.5
Dial 9.5
Dove 7.0 (1)
Irish Spring 9.5
Ivory 9.5
Lever 2000 9.0
Palmolive 10.0
Zest 10.0

(1) Walton Feed expliquerait qu'il s'agit d'un savon de refonte...


2) Le pH basique du savon perturbe l’épiderme humain
La peau humaine a un pH relativement acide, entre 5.2 et 7. Le savon est basique. Lors de la toilette, il perturbe donc l'acidité de l'épiderme.

Même si après savonnage, les glandes sébacées reprennent une activité normale en quelques minutes et le pH initial de la peau est rétabli, le savon contribue à fragiliser les peaux sensibles et ne convient pas à la toilette du visage.



3) Ce pH basique explique pourquoi le savon fait maison pique les yeux
Le pH idéal de l’œil se situe autour de 7.4. Si l’œil se trouve en contact avec un pH trop acide ou trop basique, cela créera une irritation de la surface oculaire, donc une sensation d’inconfort et un larmoiement des yeux.

Ceci est donc valable aussi bien pour :
- le jus de citron dont le pH est de 2
- que le savon à pH basique (entre 8 à 10). Et comme on verra plus tard, il est impossible de faire baisser le pH des savons maison à 7, le savon piquera toujours les yeux.

Mais me dites-vous : pourquoi les shampoings du commerce ne piquent-ils pas les yeux ?
Tout simplement, parce que ceux qui ne piquent pas les yeux ne sont pas des savons issus de la saponification des huiles en contact avec les hydroxydes. Ils sont des syndets (SYNtetics DETergents) * à pH neutre de 7, donc un pH physiologique qui ne pique pas les yeux.


Aussi, les savonnières n’auraient de cesse de vouloir faire baisser ce pH basique.
D'autant plus que le pH a un facteur exponentiel de 10 : un pH de 9 est 10 fois plus alcalin qu'un pH de 8, et un pH de 10 est 1.000 fois plus alcalin qu'un pH de 7 (10 * 10 * 10 = 1.000).




III) Peut-on atteindre le pH neutre de 7 pour le savon ?
La réponse est claire et nette : NON.
Car un pH trop bas « casse » la saponification.

Certaines forumeuses des Petites Magies sont arrivées à cette conclusion après des tentatives ratées pour faire baisser le pH du savon solide avec du vinaigre, du citron ou de l’acide citrique.
Elles ont ainsi obtenu le même malheureux résultat que moi : leur savon en barre s'est séparé, tout comme mon savon liquide avec un pH en-dessous de 8,6.

Par ailleurs, les forumeurs de Liquid Soap savent que s’ils tiennent à un savon liquide parfaitement transparent, ils ne doivent pas trop « neutraliser» en faisant baisser le pH au delà de 9,2 ou 9,3. En dessous de ce seuil, la désaponification commence et libère des acides gras qui viennent troubler la transparence du savon liquide.

J’ai souvent lu sur les forums ou les blogs des savonnières toutes fières d’atteindre un pH en-dessous de 8 pour leurs savons, ce que même les marques de savon réputées n’ont jamais pu obtenir.
Eh oui, tout simplement, elles ont obtenu des mesures erronées avec du papier pH non fiable (cf témoignage ci-dessus de Ann Perius-Parker. Quand j'écris "non fiable", il s'agit uniquement dans le cadre de la mesure du pH du savon, et non d'autres produits.



Néanmoins, on peut quand même faire baisser le pH du savon jusqu’à une certaine limite.


----------------------------------------------------------------------------------------------------------

* Quelques explications sur les Syndets :
Dans le commerce, il y a 2 catégories de tensio-actifs (produits nettoyants), je cite Copaiba, pharmacien de formation et créateur de la société de cosmétiques du même nom :
« On distingue les :
- savons qui résultent de la saponification (= réaction chimique qui conduit à un savon) des huiles végétales (olive pour le savon de Marseille, laurier pour le savon d'Alep) avec une base forte (soude caustique, soude potassique, d'origine synthétique ou végétale - cendre de végétaux).
- syndets (SYNtetics DETergents) apparus dans les années 40 pour permettre aux Marines de se laver avec l'eau de mer, et sans cesse améliorés depuis ; la base est quasi toujours une huile végétale (comme le coprah, parce qu'elle n'est pas chère), transformée (éthoxylation, sulfonation, ...) par hémi-synthèse.

Les savons sont plus "naturels" mais très basiques (pH~10), les syndets sont plus doux (pH~7) et plus biodégradables pour certains d'entre eux, mais chimiques (quoique prétendent certains producteurs essayant de les faire passer pour "naturels" ...).
Un bon gel douche a un pH de 5.0-5.5, et un bon shampoing 4.5-5.0.

Il est exact qu'un savon "surgras" est moins desséchant ... mais ça ne change rien au fait que le pH de la peau (5.0-5.5) se voit confronté au pH du savon (10). C'est une des raisons de l'utilisation des syndets : faire des "savons" neutres ou acides. »


Cela voudrait-il dire que les syndets soient plus doux pour notre peau ?
Pas forcément car il y a syndet et syndet : qui ne connaît pas les très décriés Sodium Laureth Sulfate (SLES) et Sodium Lauryl Sulfate (SLS), pourtant présents dans plus de 95% des produits nettoyants du commerce ?
Toujours en citant Copaiba sur le forum Aro-Mat :

« Ben woui ... le sodium lauryl sulfate est un ingrédient reconnu comme "naturel" par Cosmébio (alias Ecovert).
Pourquoi "naturel" ? Parce qu'il est fabriqué à partir de l'acide laurique (C12) tiré d'une huile végétale quelconque (souvent la palme, parce pas chère), sur lequel on greffe une fonction sulfurique, qu'on neutralise par de la soude pour avoir un sodium sulfate.
Si on veut, c'est naturel ... un peu comme le mazout qui n'est qu'une huile essentielle de fougères fermentées (ça, c'est le pétrole).

Pour la peau, c'est un peu plus doux que le sodium laureth sulfate (SLES), mais bien moins biodégradable ... Dans les années 70, on a commencé à s'inquiéter de voir les ruisseaux mousser (au grand dam des grenouilles ), et on a inventé le laureth sulfate qui est bien moins polluant ... Il est bien plus biodégradable que le SLS, mais la chimie qui a été nécessaire à sa fabrication est considérée comme le grand satan par les "naturels".

Laureth sulfate qui est hélas un tellement bon détergent qu'il "lave" trop bien le ciment intercellulaire, et donne ces "gratouilles" typiques d'après la douche.
Le SLES attaque le "ciment intercellulaire" (c'est le nom exact) responsable de la cohésion de la peau ; les cellules se disjoignent et laissent des espaces moins imperméables, qui, 3 semaines après l'utilisation de SLES, existent encore
D'où perte d'eau accélérée et peau sèche dans un sens (sortie), et pénétration des toxines et autres dans notre peau (entrée) ... et d'où mon gagne-pain parce que 99% des soins lavants étant fabriqués à base de SLES, les peaux sont abîmées, sèches, irritées ..

Donc, pour moi, ni l'un ni l'autre, SLS et SLES ne sont recommandables ... Je préfère, de loin, des trucs comme les C12-C14 olefin sulfonate, le sodium lauroyl sarcosinate, l'ammonium lauryl sulfate (ALS) ... ou alors, les sucro-esters (sucrose cocoate, cetearylglycoside, sucrose laurate) ou les glycero-esters (polyglyceryl palmitate, glyceryl stearate, ...) qui moussent moins, cependant »


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Le pH des savons (2/2)


IV) Quels sont les moyens pour faire baisser le pH du savon ?

Il faut toujours garder en tête : le risque de séparation dès que le pH des savons liquides et savon-crème descend en-dessous d’un certain seuil de pH. C’est donc une opération délicate, il faut y aller par petites touches, et si possible avec l’aide d’un pH-mètre, car comme le dit Copaiba : "Mais ajuster le pH "à pouf", pas facile"


A) Quel est ce seuil fatidique ?
Je ne l'ai pas trouvé dans toute la littérature que j'ai lue. Souvent, les savonniers acceptent un pH entre 9 et 10.
De mes expériences personnelles, la désaponification arrive en-dessous d'un pH de 8,6.



B') Les méthodes utilisées pour faire baisser le pH
Il y a 2 méthodes :
- méthode à effet immédiat : l'adjonction de produits à pH moins élevé que celui du savon lui-même
- méthode à effet plus lent et plus long : le temps


1) Adjonction de produits
3 produits sont utilisés en savonnerie artisanale pour faire baisser le pH : le borax, l’acide borique et l’acide citrique. Chacun a ses avantages et ses inconvénients.

Steve Mushynsky, propriétaire du site savonnier Summer Bee Meadow a effectué de nombreuses expériences avec les 3 produits et en a donné le résultat sur le le forum Liquid Soap.
Je vais synthétiser ses observations et celles d’autres savonniers dont Bekka, Sherry Baker et Catherine Failor.

a) Le borax (ou borate de sodium) : Na2B4O7•10H2O
Le borax est un produit de choix utilisé par les savonniers. Il cumule plusieurs avantages :
- il adoucit l'eau trop dure (calcaire)
- il renforce le pouvoir lavant du savon
- il accentue la production de mousse
- on lui prête un rôle de conservateur (quid ?)
- il agit comme émulsifiant et épaississant, ce qui est appréciable pour un savon potassique qui a souvent tendance à être...trop liquide...Il donne un produit final plus onctueux
- il permet de diminuer le pH basique du savon

Dans cette action de neutralisation de pH, le borax possède une propriété précieuse que n'a pas l'acide citrique ou qu'a l'acide borique mais à un degré bien moindre : l'effet tampon (buffering effect).
Cet effet se traduit par le fait que la diminution du pH s'amoindrit au fur et à mesure qu'on ajoute le borax, et ne dépasse plus après un certain seuil (9,3 d'après Steve Mushynsky). Ceci évite donc la cassure de la saponification, surtout en l'absence d'outil de mesure efficient comme un bon pH-mètre.
Cet effet tampon s'explique par la nature du borax qui n'est pas un acide, mais un alcali relativement doux dont le pH 9,2 permet de faire baisser le pH plus élevé du savon (9,5 à 10).

L'utilisation de borax est souvent controversée :
- d'une part pour des risques d'allergie. Ce risque est néanmoins minimisé par le fait que borax n'est incorporé qu'en de très petites quantités et que le savon est un produit vite rincé et donc ne reste pas longtemps en contact avec la peau.
- et d'autre part, je cite Stéphanie de Noblessence, car "avalé, il cause des troubles intestinaux et dans des expériences de laboratoire, le borax cause des dommages aux reins chez les rats à qui on en force l'ingestion (pauvres rats...). Mais qui avale des litres de borax ?"


b') L'acide borique : H3BO3 ou B(OH)3
L'acide borique est un acide faible (pH 5,5 à 6). Par son pH moins élevé que celui du savon (pH 9,5 à 10), son adjonction permet de diminuer celui du savon.
Il permet de le faire baisser à un seuil inférieur à celui du borax. Il a lui aussi un effet-tampon, mais moins important que celui du borax. Je cite Steve Mushynsky : l'acide borique permet de faire baisser le pH à 8,8 d'un savon liquide à 100% l'huile de coco, mais il faut savoir que dès un pH de 9,3, ce savon commence à perdre sa transparence, preuve que la désaponification commence et des acides gras sont libérés.
Donc, ajuster le pH avec l'acide borique est assez délicat sans pH-mètre.


c) L'acide citrique : C6H8O7
L'acide citrique est un acide plus fort que l'acide borique, avec un pH de 2,9. Facilement trouvable en rayon alimentaire à un coût faible, il est régulièrement en cosmétiques pour faire baisser les pH des crèmes et lotions. Il peut donc être utilisé pour "neutraliser" le pH du savon et permet de le descendre encore plus que l'acide borique. Avec souvent...des résultats catastrophiques...
En effet, l'acide borique n'a aucun effet-tampon et on peut se trouver très vite à un pH trop bas qui immanquablement déstabilise la relation chimique entre huiles et hydroxyde.
Sherry Baker et Bekka (administratrice du forum Cream Soap qui pourtant l'adoptent, conseillent de procéder par de très petites quantités à la fois. Steve Mushynsky préconise l'emploi d'un pH-mètre pour la réalisation de l'opération.

L'acide citrique a par ailleurs une autre propriété intéressante que Sherry Baker exploite volontiers : le rôle déjà évoquée de chélateur en précipitant des ions métalliques.


Comment utiliser ces 3 produits ?
1) Ils se présentent sous forme de poudre. Ne jamais les mélanger directement au savon. Il faut les diluer auparavant.
Catherine Failor préconise pour :
- le borax, une solution à 33% (1/3 borax, 2/3 liquide)
- l'acide borique et l'acide citrique, une solution à 20% (20% acide, 80% liquide)

2) Ne jamais ajouter la solution d'un seul coup. L'incorporer prudemment par petites quantités au savon, en le touillant. Vérifier le pH avant de recommencer l'opération, plusieurs fois éventuellement.
L'expérience seule vous dira quand il faut s'arrêter.
Personnellement, j'ai déjà eu 2 séparations à vouloir trop faire descendre le pH --> un conseil : diviser le savon en plusieurs lots et effectuer l'opération que sur un lot à la fois, pour ne pas gaspiller le batch entier en cas de désaponification.


Bien que le vinaigre ne soit pas cité, je pense qu'il peut être également utilisé. Avec le même inconvénient que l'acide citrique, en pire, car son pH est parfois encore plus bas (= 2). En tout cas, j'ai déjà utilisé avec bonheur (et malheur) du vinaigre dans mon liquide de dilution de la pâte pour le savon liquide.



2) Le temps
On voit souvent répéter que la cure rend le savon plus doux et fait baisser le pH.

Oui, le temps fait baisser le pH, mais …très très lentement.
Walton Feed écrit que son premier batch de savon solide trop lourdement dosé en soude a vu son pH baisser de 12 à 10,5…au bout de 3 ans.
Mes savons liquides n’ont accusé aucune baisse de pH après 3 mois. Et comme ils ont été rapidement utilisés, je n’ai pas pu pousser l’expérience sur une durée plus longue.




V) Le pH des différents savons fait-maison

1) le pH du savon solide (en barre)
peut-être descendu en-dessous de 9. Sans besoin de neutralisation.
Comme il y a moins de risque de désaponification avec le NaOH, on peut sans crainte pousser le surgraissage assez loin. Sur le forum Les Plaisirs, j'ai vu des recettes jusqu'à 20% de taux de surgraissage, sans que la savonnière constate de séparation (après, qu'un tel taux entraîne d'autres risques, c'est un autre débat).

J'ai également lu sur des forums, le conseil d'ajouter de l'acide borique et de l'acide citrique dans la solution de soude, ou à la trace, en vue de diminuer le pH. Melinda Coss a ainsi mis à la trace du vinaigre de cidre et de la moutarde dans une recette de savon (page 57, livre "Délicieux savons").
Effectivement, cela donnera un savon plus doux. Pourquoi ?
Tout simplement, comme la saponification n'est pas encore complète (même à la trace), ces acides vont neutraliser une partie de la soude qui ne peut plus être utilisée pour la saponification des huiles. Cela aboutit donc à un surgraissage plus important que prévu, donc un savon plus doux.
A mon avis, il est à la fois plus judicieux et plus simple de pratiquer immédiatement ce taux de surgraissage supérieur, en diminuant dès le départ la quantité de soude utilisée; cela évitera d'avoir à ajouter un acide à la trace afin de neutraliser cette différence en quantité de soude...

Donc avec le savon en barre, le surgraissage règle le problème de pH. Et avec le savon solide, on peut pousser le taux de surgraissage assez loin, sans problème de désaponification, en raison de la nature du NaOH.



Une curiosité : on a vu que le savon Dove parvient à avoir un pH de 7. J'ai cru comprendre que Walton Feed explique qu'on pourrait y arriver en faisant de la refonte de son savon et y ajouter de l'acide borique. Je n'ai jamais fait cette expérience (de toute façon, je fais peu de refonte et uniquement pour rattraper des batchs ratés).
Ce serait intéressant que certaines d'entre vous fassent des essais...à leurs risques et périls puis...nous en donnent les résultats.


2) le pH du savon liquide
En raison du risque de séparation avec l'utilisation du KOH, le surgraissage doit être manié avec prudence.
Pour obtenir un savon liquide transparent, il est même déconseillé de surgraisser et Catherine Failor opère même un surdosage de potassium afin de neutraliser tout acide gras qui viendrait troubler l'aspect du savon.
L'alcali en utilisation plus importante, et éventuellement encore présent dans le savon finale explique un pH plus élevé pour le savon liquide et le savon-crème (entre 9,5 et 10). On est donc amené à "neutraliser" le pH par l'adjonction de produits précités.

Personnellement, mon savon-crème accuse un pH de 9,8 et ce pH n'a pas descendu après presque 1 mois de cure. Or mes savons liquides oscillent entre 9,2 et 8,6...Comme c'est mon premier savon-crème, je n'ai aucune autre comparaison en la matière.




En conclusion :
- il faut se faire à l'idée que le savon issu de saponification des huiles est forcément basique.
- on peut y ajouter tout additif émollient et hydratant, le savon restera tout de même asséchant pour la peau, ce qui explique l'impression de "tiraillement" ressenti après son utilisation.
Personnellement, je ne l'utilise que pour le corps et l'évite pour le visage pourtant pas particulièrement sensible.

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